Dakar-Echo

Qui donc sème la violence, Monsieur le Président et candidat ?

Qui donc sème la violence, Monsieur le Président et candidat ?

« C’est très regrettable et c’est le résultat de l’appel à la violence prôné par certains responsables politiques, mais ils répondront de leurs actes devant les tribunaux et la loi s’appliquera dans toute sa rigueur… », a dit le président Sall qui s’est dévêtu hier de son costume de président de la République pour porter celui d’un chef de parti.

Une déclaration que l’on pourrait mettre sur le compte d’une de ses bévues comme avant-hier quand il a déclaré à des militants de la Casamance ce qui suit : « Si vous voulez que la Casamance intègre le Sénégal dans le cadre du développement, votez BBY».Une déclaration gravissime.

Et hier encore, il en a remis une louche en accusant formellement l’opposition dans les affrontements mortels de Tambacounda, en oubliant que c’est son cartel de partis qui sème partout la violence.

Son ministre Mame Mbaye Niang ayant déjà déclaré avoir recruté des gros bras. Il s’agit des tristement célèbres « marrons du feu » que des Sénégalais ont vu descendre d’un bus de la société Dakar – Dem -Dikk pour malmener de pauvres femmes. Le délit de ces braves femmes a été de vouloir manifester leur mécontentement devant le président de la République dont le cortège devait passer dans leur bled. Ce que ces fauteurs de bordel n’ont pas autorisé.

Et ce n’est pas tout! La diligence qui a été notée pour arrêter des jeunes Khalifistes accusés d’avoir lancé des pétards lors d’un meeting à SacréCœur3, n’a pas été notée pour mettre la main sur les auteurs du saccage du siège du candidat Ousmane Sonko de Pastef. Le procureur, maitre des poursuites, n’a même pas levé le plus petit doigt pour retrouver ces casseurs.

Les blessés des militants de Sonko à Saint Louis n’ont pas non plus ému le chef de Parti, Macky Sall. Les agresseurs vaquent toujours à leurs activités. Même scénario à Fatick, sa propre ville dont il a été le maire pendant des années et où il a vu le jour.

Fatick où tout le monde connait l’instigateur de l’agression sauvage des militants de Sonko dont certains sont gravement blessés et hospitalisés.

Les milices de l’APR réfractaires à l’ordre établi
De cette agression perpétrée encore par ses partisans dimanche dernier, le chef de parti et candidat à sa succession n’en a cure. Il ne porte plus sa casquette de président.

Et pourtant, tout concourait à annoncer les germes d’une violence inouïe voire préméditée. En effet, le coordonnateur communal du comité électoral Benno Bokk Yaakaar (BBY) de Fatick, le ministre des Sports, Matar Bâ, s’était dit, dimanche, certain que le candidat de la coalition « Sonko Président » ne « peut pas mobiliser » dans la commune de Fatick, une zone réputée comme étant la base politique du candidat de BBY, Macky Sall.

Matar Ba avait tenu ces propos un peu avant la venue, dimanche soir à Fatick, du leader de la coalition « Sonko président ». « Nous sommes dans un pays démocratique, il peut tenir son meeting là où il veut mais ce qui est sûr, ce n’est pas à Fatick qu’il peut mobiliser » avait dit le ministre des Sports et ancien ministre de cette ville tout en assimilant le choix du leader de « Sonko Président » de tenir un meeting au cœur de Fatick à « une provocation, mais aussi pour jouer une autre pièce théâtrale ».

La suite, on la connait. Des blessés graves. Et hier, la violence s’est encore poursuivie avec la mort d’un militant de la formation au pouvoir à Tambacounda.

Les coupables, l’enquêteur en chef Macky Sall les a désignés depuis Ziguinchor comme étant du côté de l’opposition. Toujours ces affreux, contrairement aux très disciplinés marrons du feu. Il faut qu’on cesse de porter des œillères.

Les violences enregistrées depuis le début de la campagne électorale, et même depuis la proclamation de la liste des candidats à la présidentielle par le Conseil constitutionnel, sont provoquées par des milices de l’APR dont certaines ont été vues à l’œuvre.

Des gros bras qui se sentent impunis, semant le bordel partout où ils passent. Les images d’un Cissé Lo armé d’un gourdin, l’injure à la bouche et jurant de faire sa fête au premier perturbateur qui osera prononcer sur son passage le nom de Sonko, ne sont pas une invention.

Les images circulent dans les réseaux sociaux et le candidat à sa succession a dû les voir. Tout le monde sait également que ceux qui sont réfractaires à l’ordre établi, ce sont bien les marrons du feu. Ce, contrairement aux militants du PUR dont la correction et la discipline sont saluées de tous.

Les forces de l’ordre vous diront qu’elles sont défiées en permanence par les milices de l’APR, contrairement aux autres gros bras des candidats de l’opposition qui, eux, obtempèrent à leurs ordres car craignant d’être arrêtés.

Aux dernières nouvelles, selon un des membres du staff du PUR qui s’exprimait à la radio Sud FM, des forces de sécurité de l’état ont désarmé la sécurité du Pur à Tambacounda. Désarmés et déshabillés, les responsables de la sécurité du candidat Issa Sall étaient alignés sur la route à la sortie de Kidira.

Puisse les mêmes forces de sécurité en faire autant pour les milices de l’APR ! Ne pas le faire, ce serait leur conférer un permis de tuer en effet.

Pour l’heure, assurément, les fauteurs de violences, ils sont du côté des supporters du président et candidat Macky Sall. Lesquels bénéficient d’une bien étonnante mansuétude de la part de nos procureurs de ce qu’il faut bien continuer à appeler République ! Ce même si tous les signes concourent à nous faire tomber dans une Sall monarchie…

Alassane S. GUEYE

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