Dakar-Echo

Quand la France tente de rattraper la croissance Africaine

Hollande-Bercy-chefs-d-Etat-africainsIl y avait foule au Forum franco-africain, à Bercy. Entre deux avions, François Hollande réussira-t-il à resserrer les liens avec des pays en forte croissance, mais où la France a perdu son leadership?

La croissance africaine fait recette… en France. Avec pas moins d’une cinquantaine de ministres actuels ou anciens et 500 chefs d’entreprises, le Forum franco-africain pour une croissance partagée qui s’est tenu ce vendredi 6 février à Bercy a attiré son monde.

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Sans compter la présence de François Hollande, à l’agenda bousculé par la crise ukrainienne, et de 3 chefs d’Etat: Ali Bongo au Gabon, Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire et Macky Sall au Sénégal.

« L’Afrique c’est l’avenir.

C’est le continent qui a la plus forte croissance économique et la France se doit d’y être présente », a conclu François Hollande quelques minutes avant son raid diplomatique à Moscou. Une mobilisation qui tranche avec le recul historique de la présence économique française sur le continent.

De grandes intentions

Car malgré de grandes déclarations d’intention sur la forte relation entre l’ex-puissance coloniale et le continent noir, les parts de marché en Afrique subsaharienne sont passées de 10,1% à 4,5% entre 2000 et 2014 et ses investissements directs stagnent depuis 2010.

Le grand barnum de Bercy entend resserrer ces liens distendus, dans la continuité de la Conférence économique pour un nouveau partenariat entre la France et l’Afrique de décembre 2013.

Le chef de l’Etat français en a profité pour annoncer la création d’une « banque à l’exportation », destinée à faciliter la conclusion de « grands contrats » principalement avec l’Afrique.

Anglo-saxons offensifs

En janvier, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) s’est d’ailleurs inquiété dans son rapport 2015 du décrochage, notamment face aux pays émergents comme la Chine (16% de parts de marché) ou l’Inde, très présente dans le secteur automobile.

« L’Afrique attire moins la France, juge Edoh Kossi Amenounve, le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), commune à 8 pays d’Afrique de l’ouest. Notre capitalisation [13 milliards de dollars] a doublé en 3 ans grâce aux fonds émergents et anglo-saxons. Les Français sont moins agressifs et n’ont pas de stratégie de pénétration du marché africain. »

Croissance incomprise

Cette frilosité est d’autant plus surprenante que le partage d’une langue commune et la parité fixe entre l’euro le franc CFA devraient rassurer les investisseurs. 

Le PSE est en cours d’exécution
« Le PSE que nous avons présenté à Paris en février dernier devant la communauté des partenaires publics et privés est déjà en cours d’exécution, y compris en partenariat public-privé, à l’image de l’autoroute à péage que nous avons réalisée avec une entreprise française », a expliqué le chef de l’Etat.

A l’échelle continentale, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad) a également identifié 16 projets d’infrastructures régionaux bancables, dont certains sont en cours de réalisation, a encore révélé le président Sall.

C’est le cas de la route transsaharienne Alger-Lagos et de la connexion par fibre optique des pays de l’Afrique de l’Est qui offre des liaisons téléphoniques internationales à des tarifs locaux. Selon lui, d’autres projets sont en phase d’étude avancée, comme les deux projets, ferroviaire et routier, Dakar-Bamako-Ndjaména-Djibouti.

Dans tous ces projets nationaux ou continentaux, les entreprises françaises, fortes de leur expertise et de leur connaissance avérées de l’Afrique, ont largement leur place dans un marché africain en pleine mutation, a-t-il précisé.

Mais pour avancer ensemble dans un partenariat rénové, efficace et mutuellement bénéfique entre la France et l’Afrique, c’est maintenant qu’il faut agir avec des mécanismes d’accompagnement adaptés aux nouvelles réalités en Afrique, a encore dit le président Sall.

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Il a rappelé qu’au Sommet de l’Elysée, le président Hollande avait annoncé deux mesures importantes à cet effet : la mise en place d’un fonds d’appui de 20 milliards d’euros sous forme de prêts allégés et de dons en faveur du développement de l’Afrique, et l’affectation à l’Agence Française de Développement (AFD), d’une enveloppe d’un milliard d’euros pour soutenir l’innovation, les Tic et les infrastructures sur le Continent.

Ces mesures vont dans le bon sens pour promouvoir les échanges franco africains, par le commerce et l’investissement, et, finalement, favoriser une croissance partagée, a conclu le président de la République.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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