Dakar-Echo

Quand ça vole bas

Quand ça vole bas

Les médias et les réseaux sociaux sont en ces temps un moyen de pression et d’intimidation. Ils sont utilisés pour s’attaquer à des citoyens. Des insultes ou la diffusion de contenus audiovisuels qui attaquent la dignité, l’honnêteté et portent atteinte à… leur vie.

Les réseaux sociaux, un espace de discussion et d’échange, ne sont pas toujours bien utilisés. Pis, en ces temps ils semblent passer pour un espace de non droit, ils servent à des invectives, de moyen de pression qui prive certains de parole, par peur d’être insulté.

L’affaire Penda Ba et Amy Collé Dieng, très médiatisé en 2017, avait suscité une indignation. Depuis, la situation va de mal en pis. Elle a même atteint son paroxysme. Assane Diouf, s’est illustré en la matière.

Depuis les Etats-Unis, où il séjournait, il proférait des insultes et des insanités à des autorités politiques, religieuses voire coutumières.

D’autres cas en ont suivis. Les Institutions du pays ne sont pas en reste. A l’Assemblée nationale, notamment ces dernières législatures, des parlementaires ont, à plusieurs occasions, eu ce genre de comportement, suscitant la nostalgie des débats entre opposition d’alors conduite par des libéraux et la mouvance présidentielle sous la houlette des socialistes, avec l’ancien président Abdou Diouf.

Surtout les prises de parole des deux présidents de groupes parlementaires «rivaux», en l’occurrence Abdourahim Agne (alors membre du Parti socialiste – PS) et Ousmane Ngom (alors militant du Parti démocratique sénégalais – PDS).

A titre d’exemple, Moustapha Cissé Lô et le député Farba Ngom s’y sont livrés à des piques et répliques incommodes à un élu du peuple. Ils ne sont pas les seuls. Le député de Bokk Gis Gis, Cheikh Abdou Mbacké, s’y met en cas d’accrochage avec ses collègues appartenant à la mouvance présidentielle, Bennoo Bokk Yaakaar.

Présents dans la vie de tous les jours, et devenant comme la règle, les insultes dans la société traduisent une valeur en déclin, un nivellement par le bas. Si ce ne sont pas des données à caractères personnels qui sont étalées sur la place publique, ce sont des propos discourtois. Les médias traditionnels ne sont pas en reste. Des convives qui font le tour des organes, se laissent aller parfois dans des polémiques qui conduisent à des propos déplacés.

L’affaire dite Sweet Beauty, mettant en cause le député Ousmane Sonko et la masseuse Adji Sarr, en est un exemple. A part les propos parfois impudiques qui sont imputés à la plaignante, ce sont des rivalités entre les souteneurs des deux camps, à travers des débats orduriers et de caniveaux, qui aboutissent à des accrochages.

Les dérives verbales sont aussi notées dans des séries télévisées bien suivies par des Sénégalais. Alors que jadis les propos déplacés étaient coupés ou absents des scénarios, maintenant, les invectives ne sont pas censurées. En dehors des sketchs et séries, toujours dans les médias, la parole publique est diffusée à certaines occasions sans filtre, et à certains moments il ne s’agit pas du direct.

L’histoire du député de Bennoo Bokk Yaakaar, Aliou Dembourou Sow, demandant un recours aux manchettes, en est une illustration qui avait indigné plus d’un. Sur un plateau de télévisions, à la veille des élections locales et territoriales du 23 janvier dernier, se prononçant sur les candidatures à la Ville de Dakar, le promoteur Gaston Mbengue avait tenu, envers un candidat, des propos décriés par beaucoup de Sénégalais, car menaçant la cohésion nationale. Ce qui avait suscité une réaction de condamnation du régulateur audiovisuel.

Les prêcheurs et autres religieux ne sont pas en reste. Après des propos désobligeant à l’endroit de la communauté chrétienne, il y a quelques jours, un prédicateur avait fait une déclaration discriminatoire à l’endroit à la communauté wolof.

Le mal est d’autant plus profond qu’à côté, il y a des personnes tapies derrière leurs écrans et qui diffusent des vidéos obscènes. Avec les réseaux sociaux, le mal est beaucoup plus ressenti. Mais, depuis des années, des citoyens ont envahi les médias surtout les radios, faisant des émissions interactives une occasion pour s’attaquer à des adversaires.

Fatou NDIAYE

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