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Près de 200 morts civils dans l’invasion de l’Ukraine, des combats à Kiev

Près de 200 morts civils dans l’invasion de l’Ukraine, des combats à Kiev

Kiev est samedi sous les tirs de missiles de Moscou et des combats se déroulent dans la ville, où le président ukrainien appelle les siens à prendre les armes contre l’invasion russe qui a fait selon l’Ukraine près de 200 morts civils.

Le président Volodymyr Zelensky a assuré que des armes occidentales sont en route pour soutenir les Ukrainiens et juré qu’il resterait dans la capitale.

Au troisième jour de l’invasion lancée par le président russe Vladimir Poutine, des combats opposant les forces russes et ukrainiennes ont lieu sur l’avenue de la Victoire, une des artères principales de Kiev, quelques heures après un dramatique appel à la mobilisation lancé par Volodymyr Zelensky.

Au moins 198 civils ukrainiens, dont trois enfants, ont été tués par l' »envahisseur », et 1.115 personnes blessées, selon le ministre ukrainien de la Santé, Viktor Liachko.

Des dizaines de militaires ont également perdu la vie, tandis que la Russie ne donne aucune information quant à son bilan. Kiev affirme infliger de lourdes pertes à l’armée russe.

La guerre durera
M. Zelensky a assuré qu' »armes et équipements de (ses) partenaires sont en route pour l’Ukraine », évoquant une « coalition antiguerre (qui) fonctionne » après une conversation avec son homologue français Emmanuel Macron. « La guerre est revenue en Europe » et elle « durera », a jugé ce dernier.

Le ministère néerlandais de la Défense a indiqué qu’il livrera dès que possible 200 missiles antiaériens Stinger à l’Ukraine. La République tchèque a annoncé de son côté faire don à l’Ukraine d’armes pour une valeur de 7,6 millions d’euros.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a souligné dans une vidéo que la nuit avait été « difficile » dans la capitale où se trouvent des « unités de sabotage » russes, mais pas encore d’unités régulières.

L’armée russe tente de rejoindre la capitale par le Nord et le Nord-Est, avec des troupes entrées en Ukraine depuis le Bélarus voisin. Selon l’Ukraine, de violents « combats » ont aussi lieu à 30 km au sud-ouest de la ville, où les Russes « essayent de faire débarquer des parachutistes », selon l’armée ukrainienne.

Dans le nord-ouest de la capitale, des tirs d’artillerie et de missiles résonnent sporadiquement, selon des journalistes de l’AFP sur place. Un haut immeuble résidentiel a été touché par un tir de missile, d’après les autorités ukrainiennes, qui n’ont pas donné de bilan dans l’immédiat.

L’armée ukrainienne a affirmé sur Facebook avoir détruit une colonne de cinq véhicules militaires, dont un char, sur l’avenue de la Victoire à Kiev. Dans la nuit, les autorités ont fait état d’une attaque russe contre une centrale électrique du quartier de Troieshchyna, au nord-est de Kiev.

Le ministère russe de la Défense n’a pour sa part évoqué aucune offensive sur Kiev, faisant état uniquement de tirs de missiles de croisière sur des infrastructures militaires, d’avancées dans l’Est, où l’armée appuie les séparatistes des territoires de Donetsk et Lougansk, et dans le sud ukrainien, où les forces russes sont entrées lundi depuis la péninsule de Crimée, annexée en 2014.

Le régulateur russe des médias a ordonné samedi aux médias nationaux de supprimer de leurs contenus toute référence à des civils tués par l’armée russe en Ukraine ainsi que les termes « d’invasion », « d’offensive » ou de « déclaration de guerre ».

Sur la route entre Kramatorsk et Dnipro, deux villes de l’est de l’Ukraine, des journalistes de l’AFP ont constaté la présence de très nombreux convois militaires ukrainiens. Des check-points militaires ont été instaurés aux entrées et sorties de chaque grande ville dans cette zone.

La sirène d’alerte anti-aérienne a aussi résonné à l’aube à Kharkiv, une grande ville de l’est proche de la frontière russe.

Veto russe à l’ONU
La Pologne affirme que 100.000 Ukrainiens sont arrivés dans le pays depuis l’attaque russe (officiel), et de nombreux autres ont été déplacés dans leur pays où on fuit vers d’autres voisins comme la Roumanie.

La Russie a elle bloqué au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution condamnant son action.

Vladimir Poutine paraît résolu à poursuivre son offensive, jusqu’à obtenir un changement de régime en Ukraine et à déloger du pouvoir à Kiev ceux qu’il qualifie de « drogués » et « néonazis ». IL a aussi appelé l’armée ukrainienne à un coup d’Etat militaire.

Selon Moscou, il s’agit d’une « opération militaire spéciale » pour le « maintien de la paix » afin de « démilitariser » et « dénazifier » un pays accusé d’un prétendu génocide des populations russophones de l’Est.

Après l’exode de nombreux résidents jeudi, Kiev, où vivent trois millions d’habitants habituellement, ressemble à une ville-fantôme, sous couvre-feu.

D’autres sont restés pour défendre la capitale. « Ils ont distribué les fusils, les ont chargés pour nous et nous voilà », dit Iouri Kortchemniï qui n’avait jamais tenu une arme de sa vie avant de rejoindre un bataillon de civils prêts à défendre Kiev pied à pied face à l’ennemi russe.

L’Otan, dont les dirigeants se sont retrouvés vendredi en visioconférence, a répété ces derniers jours qu’elle n’enverrait pas de troupes dans ce pays, mais les pays membres ont décidé de déploiement de troupes supplémentaires en Europe, notamment dans les pays de l’Est.

Sanctions contre Poutine
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a appelé les Occidentaux à « isoler complètement la Russie » et à « détruire son économie », notamment avec un embargo sur les hydrocarbures.

Le camp occidental se concentre sur le durcissement des sanctions contre la Russie après avoir restreint son accès aux marchés financiers et aux technologies.

Les Occidentaux, Washington en tête, ont franchi un nouveau palier vendredi en imposant –fait rare et symbolique– des sanctions à Vladimir Poutine lui-même et à son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

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