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Poutine s’emporte contre l’Occident

poutineIsolé sur la scène internationale par la crise ukrainienne, le président Vladimir Poutine s’est lancé jeudi dans une nouvelle diatribe contre les Occidentaux qui veulent «freiner» la Russie.

Lors de son discours annuel prononcé ce jeudi 4 décembre, le président russe Vladimir Poutine a estimé que les événements d’Ukraine illustraient la justesse de la politique de Moscou.

Populaire dans son pays mais critiqué comme jamais par les Occidentaux depuis son irruption en 1999 sur la scène politique russe, Vladimir Poutine a déroulé son credo pendant plus d’une heure devant un millier de parlementaires, ministres et chefs religieux réunis au Kremlin.

La Russie est «une nation saine», capable de défendre militairement «ses compatriotes» et victime des Occidentaux qui cherchent depuis toujours à la tirer vers le bas à chaque fois qu’elle devient «trop forte, indépendante», a-t-il déclaré.

Sanctions: «une réaction nerveuse»

Revenant une nouvelle fois sur la genèse de la crise en Ukraine, notamment sur l’annexion de la Crimée qui a entraîné la toute première série de sanctions des Européens et des Américains contre Moscou, le président a fustigé le «cynisme pur» des Occidentaux qui ne cherchaient, selon lui, qu’un prétexte pour chercher à le punir.

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«Les sanctions n’étaient pas qu’une réaction nerveuse des Etats-Unis ou de leurs alliés», a-t-il affirmé. «Même sans cela (la crise ukrainienne), ils auraient inventé autre chose pour freiner les opportunités croissantes de la Russie», a-t-il martelé.

«Cette manière de faire ne date pas d’hier. Cela fait des décennies, des siècles. En fait, à chaque fois que quelqu’un estime que la Russie est trop forte, indépendante, ces mécanismes (de freinage de la Russie) se mettent en place», a-t-il dit. Il a repris une rhétorique courante en Russie sur la «forteresse assiégée».

Comparaison avec «le Mont du Temple»

La péninsule de Crimée «a une énorme signification culturelle, sacrée pour la Russie, comme le Mont du Temple à Jérusalem pour ceux qui sont de confession musulmane ou juive», a encore expliqué M. Poutine, en référence au mont sur lequel se trouvait le Temple de Jérusalem détruit en 70 par Titus.

C’est en Crimée, «dans l’ancienne Chersonèse (future Sébastopol, NDLR), que le prince Vladimir a été baptisé avant de procéder au baptême de la Russie», a-t-il rappelé.

«C’est là que se trouvent les origines spirituelles de l’unité ancestrale de la nation russe et de l’État centralisé russe», a-t-il ajouté. «C’est sur cette terre que nos ancêtres ont compris qu’ils constituaient un seul peuple, une fois pour toutes». «Et c’est ainsi que nous considérerons dorénavant» la Crimée, a résumé le président russe.

Ne pas rompre avec l’UE et les USA et coopérer avec l’Afrique

Il a également critiqué les Etats-Unis, qui «cherchent à influencer, en coulisses ou directement, nos relations avec nos voisins». «Parfois, on ne sait pas à qui il vaut mieux parler, avec les gouvernements ou directement avec leurs protecteurs ou leurs sponsors américains», a-t-il ironisé.

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Pour autant, la Russie «n’envisage en aucun cas de rompre ses relations avec l’Europe, avec l’Amérique», a affirmé le chef de l’Etat, engagé depuis le début de la crise ukrainienne dans un bras de fer avec les Occidentaux.

Conscient que l’isolement international du pays pourrait être fatal à son économie, il a d’autre part annoncé vouloir «rétablir les liens traditionnels avec le continent sud-américain», mais aussi coopérer avec l’Afrique et les pays du Proche-Orient.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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