Dakar-Echo

Poursuivi pour enrichissement illicite devant la CREI: Karim Wade vers la libération

KarimWadeL’affaire Karim Wade, qui commence à s’enliser devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), va prendre une tournure extraordinaire, dans les prochains jours.

Le fils de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, sera bientôt libéré. L’info est de taille. Et, elle émane d’un milieu assez autorisé…

Après plus de deux ans d’enquête de la section recherches de la gendarmerie et de la Commission d’instruction (Ci) de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), l’on s’achemine lentement, mais sûrement, vers une libération de l’ancien ministre des Transports Aériens, Karim Wade. En prison depuis le 17 avril 2013, le fils de l’ancien président, Abdoulaye Wade va, selon nos interlocuteurs, sortir de prison.

«La formule, la procédure, les modalités et les conditionnalités… sont à l’étude», ajoutent-ils. De la défenestration de Mimi Touré de la Primature, après le déclenchement des poursuites contre Wade fils, au limogeage spectaculaire du procureur spécial, Aliou Ndao, en pleine audience, en passant par les souhaits de Touba et le rapprochement de Me Alioune Badara Cissé, membre du pole d’avocats de défense de Karim Wade, avec le Chef de l’Etat, Macky Sall, beaucoup de jalons allant dans ce sens sont déjà posés.

«L’affaire est en train de se jouer entre recherche d’artifice juridique consensuel, pression de hautes sphères de décision du pays, manoeuvres aux relents politiques, volonté d’apaisement et application pure et simple du droit», expliquent nos informateurs qui estiment que ce serait une très bonne transition pour tourner la page politico-économique qui pollue le quotidien des populations (Affaires Arcelor Mittal – Petro Tim).

Les sondes sont lancées. Quand pensera les populations? Quelle sera la réaction de l’opinion? En tout cas, le patron du journal Le Quotidien, a donné son avis sur la question. Et c’est pour défendre la possibilité de la libération de l’ancien ministre d’Etat, Karim Wade en ces termes: «Bien sûr que non!

Dans tout système judiciaire pénal qui se voudrait protecteur des droits de la personne humaine, le principe de la détention provisoire de personnes poursuivies devrait être l’exception et à l’opposé, le bénéfice de la liberté provisoire devrait être la règle.

La détention provisoire a surtout été instituée principalement pour des raisons de sûreté (…) Le noble souci du législateur est d’éviter la mise en détention arbitraire d’une personne.

Quels dommages continue- t-on de causer à des personnes détenues pendant de longues années et qui au terme de la procédure judiciaire se retrouvent innocentées? (…)

En conséquence, il serait parfaitement compréhensible qu’un détenu comme Karim Wade par exemple puisse bénéficier d’une liberté provisoire, après quelque deux ans de détention provisoire, le temps que son procès devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) soit bouclé.

Tout porterait à croire que ce procès a encore de beaux jours devant lui. Les causes des lenteurs dans le déroulement de ce procès ne sont pas toujours imputables à Karim Wade et à son système de défense.

Au nom des principes de la présomption d’innocence, de la sauvegarde des droits élémentaires de la personne humaine et des dysfonctionnements constatés dans la distribution de la justice, Karim Wade devrait pouvoir bénéficier de la liberté provisoire.

Une telle mesure ne préjugerait en rien du verdict qui sera prononcé par la juridiction de jugement. Ainsi, si au terme du procès, aucune charge n’était retenue contre lui, le bénéfice de la liberté provisoire aurait plus ou moins permis de limiter les dégâts».

Dans cette même veine, Me El Hadji Diouf, avocat de l’Etat dans ce procès, a déclaré dans les colonnes de Direct-info ce qui suit: «Je comprends bien mon ami et frère Karim Wade qui doit se battre pour se libérer.

Je n’ai jamais souhaité à Karim Wade de passer une seule nuit en prison. J’aime beaucoup Karim. Je veux le voir sortir de prison. Mais la loi est dure. Il n’a qu’à se battre avec les armes conventionnelles».

Le commentaire est libre…

Abdoul Aziz SECK avec Walf Grand Place

la CREI décide le report du procès de Tahibou Ndiaye
Le procès de l’ex-directeur du cadastre Tahibou Ndiaye a été renvoyé au 9 mars. La décision a été prise ce mardi 16 décembre par la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), après 2 jours d’audiences. Sa fortune est évaluée à 4 milliards FCFA (6 millions d’euros). Comme pour le procès Karim Wade, ces premières audiences sont consacrées à des batailles de procédure.

Les avocats de la défense demandent l’annulation de toute la procédure, notamment parce que l’instruction a dépassé le délai impératif de six mois, comme le prévoit la loi. « Tout ce qui a été fait au-delà de ce délai est nul et non avenu », expliquent-ils à la barre, y compris l’arrêt de renvoi. Des exceptions jugées irrecevables par l’accusation, qui répond que le délai n’est qu’indicatif.

Dans la salle, c’est le silence. Le box des accusés est vide puisque, contrairement à Karim Wade, Tahibou Ndiaye comparaît libre. La salle d’audience est quasiment vide elle aussi, l’ambiance moins électrique.

Montrer que Karim Wade n’est pas le seul visé

Pourtant, selon un avocat de l’Etat, c’est un dossier important. L’ancien patron du cadastre, est soupçonné de s’être enrichi, d’avoir enrichi des membres de sa famille et surtout d’avoir organisé la dilapidation du foncier à Dakar, en attribuant des parcelles à des hommes politiques ou des hommes d’affaires proches du pouvoir de l’époque.

« Tout cela est faux », rétorque l’un des défenseurs du fonctionnaire, la preuve c’est qu’on ne lui attribue que quelques immeubles dont la valeur est surestimée.

D’ailleurs pour les avocats de la défense, cette affaire n’existe que pour montrer que Karim Wade n’est pas le seul à être visé par la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Le procès du fils de l’ancien président, lui, doit reprendre quant à lui le lundi 22 décembre.

 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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