Dakar-Echo

Pour « Y’en a marre », la lutte continue

Pour « Y’en a marre », la lutte continue

yenamarreIls s’en sont sortis ragaillardis. Loin de se décourager, les leaders du mouvement Y’en a marre ont réitéré vendredi dans leur QG des Parcelles assainies, banlieue dakaroise, leur détermination dans l’éveil de conscience des jeunes Africains.

« Loin d’être intimidés, nous réaffirmons notre engagement auprès de la jeunesse africaine pour un changement de mentalité devant déboucher à une émancipation », a dit le coordonnateur du mouvement Fadel Baro.

Accusés d’incitation à la révolte et arrêtés dimanche dernier par les autorités congolaises, Fadel Barro, « Fou malade » et Aliou Sané, ont tenu d’emblée à clarifier les choses : « Y en a marre était parti en RDC pour aider les jeunes de ce pays à construire une citoyenneté africaine sans violence ».

Tee-shirt blanc, bonnet rouge, barbe ébouriffée, Fadel se veut encore plus clair : « Nous avons été approchés par des jeunes, des Congolais, qui ont voulu mettre en place un mouvement citoyen apolitique du nom de Filimbi, qui veut dire en langue swahili “coup de sifflet’’, car au lieu de brandir des armes, nous préférons les mots ».

A ceux qui les reprochent de rouler pour l’Occident, les « Y’en a marristes » ont rétorqué comme un cri de guerre : « Y’en a marre n’est pas une bande d’activistes à la solde de l’Occident. Notre culte est typiquement africain ».

D’ailleurs, leur voyage, précisent-ils, a été entièrement pris en charge par le mouvement Filimbi en collaboration avec l’USAID.

Sur leurs conditions de détention, le rappeur Fou malade a précisé qu’ils n’ont subi aucune « violence physique » ni « brimades », encore moins d’« intimidations ».

Le film d’une arrestation

Avec force détails, Fidel Barro s’est lancé dans l’explication de cette aventure en territoire congolais. « Quand nous sommes arrivés, le comité d’accueil composé des membres de Filimbi nous a logés dans un hôtel de Kinshasa.

Le soir, on a fait une petite réunion sur les activités qui allaient démarrer le lendemain, avec tous les partenaires comme la Lucha (lutte pour le changement) des organisations chrétiennes, des membres de l’USAID et d’autres organisations ».

Le coordonnateur du mouvement Y’en a marre de renseigner que, vers le soir, les organisateurs sont venus dans leur hôtel pour leur demander de le quitter pour des raisons de sécurité. « Ils nous ont proposé de venir chez eux pour être plus à l’aise », rapporte Fadel Barro.

« On ne savait pas qu’au moment où se tenait notre conférence, il y avait une autre conférence où l’on nous présentait comme quatre commandos venus de l’Afrique de l’Ouest pour déstabiliser le Congo », dit-il sourire aux lèvres.

Il poursuit le regard fixe, l’index pointé vers le public : « Le lendemain, on a décidé de partir à Massina, dans la banlieue de Kinshasa, pour une conférence de presse. Nous étions aux questions-réponses quand on est venu nous dire que la police était là. Des policiers nous ont embarqués dans des pick-up et nous ont amenés dans les locaux de l’Agence nationale des renseignements où nous avons été répartis selon nos nationalités ».

Désormais « persona non grata » en RDC

Poursuivant son récit, il explique que les policiers les ont amenés dans un appartement qui faisait office de cellule dans les locaux de l’Agence nationale des renseignements où il y avait des matelas. Les « Y’en a marristes » y passeront la nuit.

Le lendemain, c’est tard dans la soirée que le consul du Sénégal Ibrahima Timbo et un avocat sénégalais leur apporteront à manger en les rassurant que les autorités sénégalaises faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour obtenir leur libération. Fadel Barro informe que les policiers ont confisqué leurs téléphones et ont consulté leurs e-mails.

Le mardi 17 mars, c’était le début des enquêtes : « Ils nous ont auditionnés, nous ont demandé ce que représentait notre mouvement ». Le lendemain, ils ont été libérés. Le coordinateur du mouvement raconte leur départ : « Une caméra nous a suivis jusqu’à l’aéroport où nous avons pris l’avion sur le vol de Bruxelles avant de rejoindre Dakar à jeudi 16 heures ». Une expulsion assujettie d’une déclaration de persona non grata par les autorités congolaises

Partis du Sénégal et du Burkina Faso, à l’invitation de la société civile congolaise, les leaders des mouvements Y’en a marre et Balai citoyen ont été accusés par les autorités de vouloir déstabiliser le pays.

Amadou Ndiaye
contributeur Monde Afrique, Sénégal

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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