Dakar-Echo

Plus de 1000 personnes arrêtées sur fond de protestations

Plus de 1000 personnes arrêtées sur fond de protestations

Une organisation tunisienne des droits humains a annoncé, jeudi, l’arrestation de plus de 1 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, sur fond des protestations qui ont secoué la Tunisie ces derniers jours.

C’est ce qui ressort de l’intervention du vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH/non gouvernementale) Bassem Trifi, lors d’une conférence tenue au siège du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) au centre de la capitale Tunis.

« Les autorités tunisiennes ont arrêté plus d’un millier de Tunisiens, dont au moins la moitié sont des enfants mineurs (de moins de 18 ans), sur fond des récentes protestations », a-t-il déclaré.

Et d’expliquer, « les forces de l’ordre ont procédé à des arrestations arbitraires de manifestants dont la plupart ont été traités de manière humiliante. Les enfants interpellés ont également été tabassés ».

Trifi a fait savoir que la LTDH se chargera de défendre les personnes arrêtées et formera un comité de soutien pour leurs familles, tout en fustigeant « le traitement des jeunes qui aspirent à la liberté et à la dignité, par la politique du gros bâton ».

De son côté, le président du SNJT, Mohamed Yassine Jelassi, a condamné « l’usage excessif de la force » par les forces de l’ordre lors des récentes protestations sociales.

« Les agressions brutales des forces de l’ordre n’ont pas seulement touché les protestataires dans les rues, mais encore les activistes sur les réseaux sociaux qui ont exprimé leurs points de vue au sujet des manifestations », a souligné Jelassi.

Depuis jeudi, plusieurs gouvernorats tunisiens ont été le théâtre de mouvements de protestation nocturnes, émaillés d’affrontements avec les forces de l’ordre, et qui coïncidaient avec l’entrée en vigueur d’un couvre-feu nocturne pour endiguer la propagation du coronavirus.

Lundi, le ministère de l’Intérieur avait annoncé l’arrestation de 632 personnes ayant participé aux «émeutes» dans la capitale et autres régions du pays, au cours des derniers jours.

Alors que le ministre tunisien de la Défense, Brahim Bartagi avait déclaré, mercredi, que son département dispose d’informations selon lesquelles des terroristes ont profité des actes de vandalisme survenus ces derniers jours, dans différentes régions du pays, pour mener des actions terroristes.

Le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, avait appelé mardi, lors d’une allocution télévisée, toutes les parties populaires, civiles et partisanes de son pays à « ne pas se laisser entraîner dans les campagnes de mobilisation et d’incitation à la violence, à ne pas répandre les rumeurs et déstabiliser les institutions de l’Etat ».

*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail

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