Dakar-Echo

Perruques, mèches, cheveux naturels, pourquoi les africaines en raffolent ?

Perruques, mèches, cheveux naturels, pourquoi les africaines en raffolent ?

De nos jours, c’est devenu banal de croiser une noire avec une tête de blonde, de rousse, de brune …à Paris, Dakar, Bruxelles, Lagos, Abidjan, Kinshasa ou Lomé.

Nous sommes tous étonnés de voir le nombre incalculable de femme noires qui porte des perruques, des mèches ou des cheveux naturels sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, si ce n’est pour faire comme …les femmes blanches.

Cet effet de mode, venant comme d’habitude des Etats Unis est largement adopté en Afrique toutes situations sociales confondues.

Anthropologiquement, culturellement et socialement la femme africaine a évolué, pour certains intellectuels, elles ne ressemblent plus à rien ou si, une espèce d’hybride acculturée en perte de repères et d’identité et on trouve de moins en moins de femmes africaines avec des cheveux naturels.

L’esclavage est aussi passé par là comme nous le rappelle Juliette Sméralda, dans son livre, Peau noire, cheveu crépu. L’histoire d’une aliénation (Jasor, publié en 2005).

Pour avoir le coeur net à cette frénésie féminine pour les cheveux naturels, perruques, mèches…Dakarecho a arpenté les rues   de Dakar et du Château d’Eau à Paris. Une compilation de réactions d’hommes et de femmes.

En dehors du coût relativement élevé pour les cheveux naturels, les salons de coiffure à Chateau d’Eau ne désemplissent pas, du matin jusqu’au soir, les guetteurs aux aguets dans toutes les sorties de métro s’en donnent à coeur joie.

Yao, préfère une femme avec des « cheveux crépus car dit il, quand les cheveux crépus sont bien entretenus avec des coupes adaptées, c’est beaucoup mieux. Il trouve cela très beau ». Il enchaine en disant que « les femmes noires commencent le défrisage très tôt avec des poses de tissage et il devient difficile pour elles de faire un retour en arrière au naturel d’où la pose de cheveux ». 

Pour Amadou Koné, « presque toutes les noires que je connais à Paris, en mettent, c’est parce qu’elles veulent avoir les cheveux raides des femmes blanches, il y a toujours ce satané complexe tout comme celles qui se blanchissent la peau . J’en vois même qui mettent maintenant de faux cheveux…blonds » dit il avec le sourire en s’adressant à une femme noire avec des cheveux blonds qui passait par là.

Pourquoi usent elles autant de toutes ces artifices ? Pour plaire, être belles, sexy….

Khady y va de son explication et est en porte à faux avec Amadou, car dit elle, « les cheveux lisses sont plus faciles à gérer que les cheveux crépus qui en sont très difficiles à entretenir car très fragiles.

Ce qui explique qu’elles (les femmes noires) mettent des perruques et autres cheveux naturels. « Il y a aussi le fait que nos cheveux sont hyper fragiles et à la fois dures à brosser donc faire des brushing ou les lisser tous les jours pour être présentables au boulot est un calvaire et passer des heures à se brosser on fini par perdre nos cheveux et on devient chauve. » « Les filles ont parfois des tresses, parfois des tissages, parfois des perruques, en fait elles changent de coiffures passant des tresses aux cheveux naturels, selon leur goût, la mode et le type de cérémonie où elles vont aller.

Pour Edouard (un rasta ivoirien) « La beauté africaine, ses critères, ses codes n’ont rien à voir avec la beauté occidentale donc on a même pas à les mettre en opposition! rien n’est plus moche qu’une africaine lissée et blanchie… ce que sont devenus des africaines aujourd’hui n’est qu’une pâle copie de leur « maitresse blanche… » Il faut savoir que le défrisage à une époque était une punition des esclavagistes sur les noirs quand ils se rebellaient…on leur plonger la tête dans un seau de soude… « La femme africaine a su se coiffer de tous les temps justement et même très bien se coiffer à contrario d’aujourd’hui ou elle veut ressembler à une blanche mais elle ne sera jamais blanche…Dieu merci il y a un retour aux sources celles qu’on appelle les « nappys' » qui sont fières de leurs cheveux crépus et qui reviennent au naturel…rastafari »

Quand on demande à Khady pourquoi les africaines mettent des perruques mauves, blondes, rouges, noires…, elle répond que « c’est pour plaire aux hommes, mais dans la réalité, elles ne sont pas satisfaites de leurs cheveux au regard des critères de beauté internationale, elle veulent toutes ressembler aux noires américaines ou comme les Rihanna, Nicki Minaj ou Beyonce… »

Fabou va plus loin, pour lui, il faut lire Malcom X et Frantz Fanon dans (Peau noire, masques blancs (1952) pour bien comprendre. « Le problème est bien plus large! En fait on parle de critères esthétiques imposés pour être accepté dans une société ou un monde. C’est le cas des afros-antillais et des afros-américains ont été obligés de se déguiser pour pouvoir faire face au racisme blanc! La dépigmentation et le lissage du cheveux a surtout pris forme là bas… Cela a commencé dans les années 1900…Frantz Fanon et d’autres hommes noirs ont très bien expliqué le problème de l’autophobie de la femme noire…se blanchir la peau et se défriser pour paraitre acceptable est une aliénation, il faut que nos soeurs se réveillent  »  

Toujours selon Khady, nos soeurs ne sont pas dans le déni.

Aussi « certaines perruques peuvent être moches et d’autres sont tellement bien faites que tu as du mal à reconnaitre le vrai du faux.

Quand tu vois une personne mettre une perruque un jour puis une semaine après tu la revois avec les cheveux naturels et quelques temps encore avec des tresses etc tu ne peux pas dire que cette personne est dans le déni mais juste qu’elle s’amuse à changer de tête mais tout cela à un coût, cela va de 170 euros minimum, à presque 800 €, entre l’achat des mèches naturelles (1 paquet à 70€ par ex e, sachant qu’il faut au moins 4 à 5 paquets),  puis la pose du tissage (50€ env.)…

Et si elles demandaient aux hommes ce qu’ils pensent de tous ces cheveux multicolores censés leur faire plaisir?

Saliou NDIAYE – Dakarecho.com

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

Articles similaires

1 Commentaire

  1. sergetchouchian@gmail.com'
    serge
    15 juillet 2018 à 16 h 02 min

    On ne sait même plus à quoi elles ressemblent les femmes africaines à force singer les blanches. Quand ke vois une noire avec des cheveux blonds qui touchent ses fesses j’ai envie de l’arracher. C’est ridicule ce mimétisme. restez vous mêmes

Laisser un commentaire