Dakar-Echo

Passage du PM à l’Assemblée Nationale: l’opposition privée de parole

dionneQuatorze. C’est le nombre de questions que les députés vont poser au Premier ministre. Le Groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar 10, Groupe libéral 3 et les Non inscrits 1.

Ainsi en a décidé la majorité parlementaire. Une décision «nulle et non avenue qui ne repose sur rien», selon l’opposition.

Pour la première fois le Premier ministre Mahammed Dionne sera devant les députés le 12 mars prochain. Mais ce passage, une première, risque d’être une farce de mauvais goût. Et pour cause, les députés de l’opposition et l’écrasante majorité du pouvoir seront pratiquement privés de parole.

En effet, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale qui a décidé d’organiser les débats, a fixé le nombre de questions à poser au Premier ministre à 14 et les a reparties ainsi qu’il suit: Groupe Benno Bokk Yaakaar 10, Groupe libéral 3 et les Non inscrits 1. Quatorze députés seulement sur 150 prendront la parole.

Une décision arbitraire, selon le député de l’opposition Thierno Bocoum. «Cette décision de fixer le nombre de questions que les députés doivent poser au Premier ministre ne repose sur aucune base légale.

Elle est donc nulle et non avenue», dénonce le député de Rewmi. «En décidant de limiter le nombre de questions à poser au Premier ministre, la conférence des présidents à outrepasser ses prérogatives et a violé la loi.

Elle pose, en même temps, un acte liberticide qui confine l’écrasante majorité des députés (136/150) dans un rôle de spectateurs et de ‘décors parlementaire’ au service d’une propagande gouvernementale», ajoute Thierno Bocoum qui souligne que le débat législatif est libre.

«Conformément à l’article 68, la conférence des présidents doit seulement fixer la durée de la discussion en séance plénière et la répartition du temps de parole entre les groupes et les non-inscrits» explique-t-il, ajoutant que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale fixe de manière claire les modalités d’organisation des débats par la conférence des présidents.

Par conséquent, il estime que la conférence des présidents devait se limiter à répartir le temps de parole après avoir indiqué la durée de la discussion en séance plénière.

Et toujours selon le camarade d’Idrissa Seck, il revient aux groupes et aux non-inscrits de dresser les listes des orateurs en tenant compte du temps à eux dévolu et de les déposer sur le bureau de l’Assemblée nationale un quart d’heure avant la séance plénière (art 68 al 5).

«Ils pourront, à cet effet, poser autant de questions que leur autorise leur temps de parole», conclut Thierno Bocoum.

Charles Gaiky DIENE

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
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