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Partage du gâteau présidentiel avec ses alliés de la présidentielle: le casse tête de Macky SALL

Partage du gâteau présidentiel avec ses alliés de la présidentielle: le casse tête de Macky SALL

Après la victoire dès le premier tour à la présidentielle du 24 février dernier, place à la rétribution des alliés de la mouvance présidentielle.

Un exercice qui parait réussi pour le président Macky Sall, lors de son premier mandat avec notamment la création d’institutions telles que le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), ou encore le Haut conseil du dialogue social (Hcds). Aujourd’hui que son camp s’est considérablement agrandi, Macky Sall semble être dans l’obligation de dénicher une nouvelle trouvaille pour appliquer son slogan «gagner ensemble, gouverner ensemble».

Le président candidat à sa propre succession, Macky Sall est sorti victorieux de la présidentielle du 24 février dernier. Dans la stratégie mise en place pour passer dès le premier tour, le chef de l’Etat, au-delà de la grande coalition qui l’a porté au pouvoir, à savoir Benno à Bokk Yaakaar (Bby), a élargi son camp en une grande mouvance présidentielle.

Coptant ainsi des alliés dans les rangs de l’opposition, et même des leaders qui avaient postulé pour concourir au suffrage universel de 2019. Par conséquent, après ladite victoire, les attentes d’un retour de l’ascenseur se font sentir de part et d’autre, même si de manière officielle, seuls ses camarades de parti, l’Alliance pour la République (Apr) haussent le ton pour réclamer une rétribution.

Au vu de la grande coalition, pour laquelle Bby à elle seule compte 11 sous-coalitions et plus d’une centaine de partis, sans oublier les nouveaux alliés, venus avant la présidentielle dernière, le concept «gagner ensemble, gouverner ensemble» du président Macky Sall sera mis à rude épreuve. En tout état de cause, lors de son premier mandat, le président Macky Sall a pu «caser» bon nombre de ses alliés en mettant en place des institutions à même d’absorber le trop plein de requérants de sa coalition.

En effet, dès son installation à la tête du pays, en 2012, le chef de l’Etat se voyait obliger de récompenser ses souteneurs. Par conséquent, sa première trouvaille fut de réformer en profondeur le Conseil économique et social (Ces). Il en a fait un Conseil économique, social et environnemental (Cese) par la Loi n° 2012-16 du 28 septembre 2012 portant révision de la Constitution.

Mieux, tout en élargissant ses responsabilités et sa représentativité pour qu’elle reflète davantage la réalité des couches socioprofessionnelles du pays, Macky Sall augmente ses membres à 120 à la place des 80 que comptait le Ces. Ce qui ne semblait pas suffire pour récompenser la grande partie des souteneurs.

Ainsi donc, arrive le Haut conseil du dialogue social régi par le décret 2014- 1299 du 13 octobre 2014 créant et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement. Il sera composé de 30 membres, dont 10 représentent le Gouvernement, 10 autres le Patronat et enfin les 10 restants pour les organisations syndicales de travailleurs. Eux tous sont nommés par décret pour une durée de trois ans.

Pour autant, cela ne le permettait pas de respecter le slogan «gagner ensemble, gouverner ensemble», car certains, à l’image du Secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Ousmane Tanor Dieng, n’étaient pas encore servis. Vient le moment alors d’instituer le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) par la loi organique n° 2016-24 du 14 juillet 2016, relative à l’organisation et au fonctionnement du Hcct afin d’y placer Ousmane Tanor Dieng par décret n° 2016-1641. Cette institution est composée de 80 conseillers élus au suffrage universel indirect et 70 désignés par le chef de l’Etat parmi les membres de la société civile, les organisations socioprofessionnelles et diverses catégories de la société.

Ainsi donc, même si les partisans du régime peuvent crier urbi-orbi que ces institutions citées ci-dessus sont d’une grande utilité pour le pays, au vu des missions qui leur sont assignées, il n’en demeure pas moins que toutes ont été confiées, soit à des militants du parti au pouvoir, soit à des alliés de Bby. Il en est aussi de la composition de ses membres, surtout ceux nommés par décret par le président Macky Sall.

Jean Michel DIATTA

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