Dakar-Echo

Paris: Moussa Sarr condamné à deux mois ferme pour apologie du terrorisme

salle_audienceUn jeune homme de 21 ans a été condamné ce mercredi par la chambre correctionnelle du tribunal de Paris à deux mois de prison ferme et 1200 euros d’amende pour avoir vanté les faits de son « cousin Coulibaly », le tueur de Montrouge et de la Porte de Vincennes.

C’est un procès comme il devrait s’en tenir beaucoup d’autres, dans les jours prochains. À la 23eme chambre du tribunal correctionnel de Paris, ce mercredi après-midi, on juge Moussa Sarr, soupçonné d’outrage, de détention de stupéfiants et d’apologie directe et publique d’un acte de terrorisme.

Cette dernière qualification, dans le contexte des actes terroristes perpétrés à Paris ces derniers jours, faisant 17 morts au total, est celle qui retient l’attention des juges.

« Coulibaly, c’est même pas mon cousin »

Ce samedi 10 janvier dans la nuit, la traque des trois djihadistes présumés vient à peine de se terminer. Dans le quartier des Halles (1er arr), au détour d’un passage, des cris alertent une patrouille de policiers. Moussa Sarr, visiblement éméché, est contrôlé par cinq fonctionnaires de police.

Il s’énerve, se débat et lance des insultes. Une fois menotté et emporté dans le fourgon, il lâche l’indicible : « Je vais vous flinguer, je connais des djihadistes et je vais venir avec une Kalash. Mon cousin Coulibaly, il n’en a pas tué assez, des chiens comme vous. Sur le Coran, demain je reviens avec un calibre », peut-on lire dans le procès verbal.

Dans la salle, la tension est palpable. Le public est clairsemé ce jour-là, mais on l’entend pousser des soupirs d’indignation. L’accusé, 21 ans, est né au Sénégal et vit en France depuis 10 ans. Sans emploi, il est suivi par la mission locale de Colombes (Hauts-de-Seine). Cheveux tressés ramenés en arrière et épais blouson noir sur les épaules, il reste impassible. Avec constance, il nie avoir tenu de tels propos : « Coulibaly, c’est même pas mon cousin. J’aurais pas pu dire ça ! »

« Un chapeau trop grand pour lui »

Reste que quatre fonctionnaires ont porté plainte. « Les policiers sont à cran en ce moment, ils ne pouvaient qu’être heurtés par de tels propos. Dans ce contexte, Monsieur Sarr, savait bien que ses paroles seraient lourdes de conséquences », précise leur avocat à la cour.

Le contexte – sensible et explosif – voilà ce que craint le défenseur de Moussa, dont le casier judiciaire est vierge. « Mon client porte un chapeau, un sombrero, qui n’est pas à sa taille.

Dans une telle atmosphère d’inquiétude, on peut comprendre que le contrôle ait dérapé », résume-t-il. Plus tard, l’avocat confie à Metronews : « On ne peut pas parler d’une apologie publique, puisque les propos ont été tenus dans le fourgon des policiers. Pour cette raison, j’ai plaidé la relaxe ».

Mais face à lui, la procureure tient à une « peine exemplaire ». Si l’apologie de terrorisme est passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d’amende, elle en demande huit mois ferme.

Le tribunal tranche pour un an d’emprisonnement dont dix avec sursis, et 1200 euros d’amende. Dans le Nord, quelques jours après les attentats, un homme de 34 ans a écopé de quatre ans ferme, pour ce même délit.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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