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Oignon local: les clients déplorent la hausse des prix

Oignon local: les clients déplorent la hausse des prix

A cause des mesures prises par les autorités sénégalaises le 14 février dernier, consistant à geler les importations de l’oignon pour permettre aux producteurs nationaux d’écouler facilement leur produit, l’oignon local commence à inonder les marchés de la capitale sénégalaise.

Un tour au marché Castors et Tilène de Dakar où sont stockées des quantités suffisantes de ce produit nous renseigne beaucoup sur la situation. Toutefois cela n’empêche pas les consommateurs, qui s’attendaient à des prix plus abordables, à déplorer la cherté du produit.

Il est 12 heures au marché Tilène de Dakar. Le lieu grouille de monde malgré la grève décrétée par certains commerçants qui dénoncent une hausse sur les taxes. Un vent frais soulevant de la poussière qui souffle sur Dakar. Au moment où certaines femmes faufilent entre les étals à la recherche de poissons et légumes frais, d’autres qui ont déjà trouvé leur goût se livrent aux marchandages.

On constate que l’oignon local inonde le marché. Par terre, dans des sacs ou sur les étagères, on trouve ce produit en quantité suffisante. Pourtant cela ne se répercute pas du tout sur les prix. C’est du moins ce qu’ont témoigné les femmes rencontrées sur les lieux.

« Le prix de l’oignon est très cher ces temps-ci. On croyait que l’oignon local serait vendu moins cher mais malheureusement, à notre grande surprise c’est le contraire qui s’est produit. Il devait être abordable puisqu’on l’a récolté dans notre pays. Le kilogramme est vendu à 400 francs, c’est vraiment difficile pour nous les ménagères car nous utilisons l’oignon presque dans tous nos plats.

Je pense que ce n’est plus la peine d’interdire l’importation de l’oignon hollandais», se désole Adama Sy. Pour cette jeune dame qui a sur la main des sachets remplis de condiments, drapée d’un boubou rose, lunettes de soleil bien vissées, les autorités doivent prendre des mesures pour contraindre les producteurs à diminuer le prix de l’oignon.

Abondant dans le même sens, Aby Ndoye, vendeuse de petit déjeuner, trouvée devant un étal de légumes soutient :« Actuellement, les prix des denrées ont beaucoup flambés. Vous voyez, l’oignon est vendu entre 400 et 450 francs le Kg par les détaillants. C’est excessivement cher. D’habitude on le vendait à 200 francs le Kg », se plaint-elle.

Au marché castors de Dakar l’horloge affiche 14 heures. Les muezzins des mosquées environnantes appellent les fidèles musulmans à la prière du Tisibar. A cette période de la journée, les clients se font rares et les vendeurs en profitent pour faire la prière.

Interpellé sur la question, Moussa Fall, debout derrière une table remplie d’oignons explique : « Nous sommes obligés de vendre l’oignon à 400 francs le Kg parce qu’on l’achète à 300 ou 350 francs le kilogramme. Nous ne gagnons en retour que 50 francs comme bénéfice. Si cela ne dépendait que de nous, les prix seraient abordables ».
A quelques encablures, Mamadou Ba tient son écope. Ce jeune homme pointe un doigt accusateur vers les producteurs nationaux. Il indique que ces derniers ont fait exprès de hausser le prix de l’oignon car ils savent qu’il n’est plus possible d’importer actuellement ce produit.

«Si on a gelé l’importation d’oignon c’est pour permettre aux producteurs de vendre leurs productions et au même moment permettre aux consommateurs de d’acheter la marchandise à un coût moins cher. Malheureusement, les producteurs en ont profité pour augmenter les prix. Ce qui est regrettable !», a-t-il soutenu.

Ndeye Aminata CISSE

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