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Non, il n’est pas prouvé que le Bluetooth ou les AirPods génèrent des cancers

Non, il n’est pas prouvé que le Bluetooth ou les AirPods génèrent des cancers

Une pétition de 250 scientifiques, publiée en 2015 et récemment déterrée, alertait l’OMS sur les risques cancérogènes des ondes électromagnétiques. Sans citer une seule fois la technologie ou les écouteurs sans-fil en particulier. Explications.

Il a suffi de quelques extrapolations pour créer une angoisse autour des écouteurs sans-fil connectés en Bluetooth et plus précisément des AirPods, les oreillettes commercialisées par Apple.

Publié le 7 mars dernier sur le site Medium, un article interroge ainsi : « Are AirPods and Other Bluetooth Headphones Safe ? » (« Les AirPods et les écouteurs Bluetooth sont-ils sans risque ? ».

Les casques et écouteurs sans-fil font appel à la technologie de communication Bluetooth, dans sa 4e ou 5 version, qui est basée sur l’envoi et la réception d’ondes radio UHF.

En les insérant dans son conduit auditif ou sur ses oreilles, l’utilisateur mettrait son corps en contact direct et rapproché avec ces ondes radio. Au risque de développer tumeurs au cerveau et tumeurs même bénignes du nerf acoustique.

Un agent «cancérogène possible»
Pour étayer son propos, l’auteur, Markham Heid fait reposer son analyse sur une pétition de 2015 signée par 250 scientifiques et adressé à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Dans son court texte, ce collectif de médecins et chercheurs s’inquiète des conséquences sur notre santé de l’exposition aux rayonnements non-ionisants en particulier aux ondes de radiofréquences.

Pour rappel, les champs électromagnétiques de radiofréquences, qui propagent les signaux de nos téléphones portables comme des appareils sans-fil mais aussi le wifi, sont classés par l’OMS depuis 2011 comme « potentiellement cancérogènes pour l’Homme » (classification 2B).

Ces scientifiques demandent donc une meilleure protection de la population et le financement d’études supplémentaires indépendantes, tout en encourageant les fabricants « à développer une technologie plus sûre ».

Pas d’étude claire sur le Bluetooth
A aucun moment, ne sont mentionnés le terme Bluetooth ou les appareils connectés grâce à cette technologie (brevetée il y a plus de 20 ans par l’équipementier suédois Ericsson), même dans la version mise à jour en janvier dernier.

« Il n’y a tout simplement pas d’étude d’impact sur le Bluetooth et ses ondes de radiofréquences. Le risque de cancer n’est pas prouvé scientifiquement », rappelle Anne Sasco, médecin épidémiologiste du cancer et surtout… signataire et coordinatrice pour l’Europe de la pétition de 2015.

« Faire des études significatives sur plusieurs pays coûte au moins une vingtaine de millions d’euros. Il n’y a pas de données disponibles mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas des risques, c’est une technique éprouvée de l’industrie », prévient cette scientifique militante.

«Le Bluetooth est un signal à très faible puissance»
« Le protocole Bluetooth utilise les mêmes bandes de fréquences en 2,4 GHz que le wifi mais en moins puissant », précise de son côté Gilles Brégant, le directeur général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR).

Pour rééquilibrer le débat et rassurer, il assure que « les études sur le wi-fi qui font consensus montrent jusqu’à présent l’absence de dangerosité car c’est un signal à très faible puissance ».

Cet embryon de polémique vient rappeler la difficile équation à résoudre entre le déploiement éclair des technologies et la mesure de leurs impacts sanitaires à long terme.

En attendant d’y voir plus clair, la disparition quasi complète des prises mini-Jack sur les smartphones accélère les ventes des écouteurs et casques sans-fil. Ce marché a augmenté de 66,4 %, selon les données du cabinet IDC, lors du dernier trimestre de 2018 qui correspond aux ventes de fin d’année.

Damien Licata Caruso

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