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Multiplicité des plateformes et stratégies mises de 2012 à nos jours: Macky Sall snobe l’opposition

Multiplicité des plateformes et stratégies mises de 2012 à nos jours: Macky Sall snobe l’opposition

Le leader du mouvement politique “Senegaal bou bess“, Mame Adama Gueye multiplie les rencontres avec les candidats déclarés à la présidentielle du 24 février 2019 de l’opposition pour créer un cadre à même de sécuriser ces joutes.

Cependant, malgré la multiplicité des cadres de ce genre, depuis la deuxième alternance, le régime en place ne semble pas fléchir. Pis, Macky Sall ne semble pas accorder de l’importance aux revendications de son opposition. Sans piper mot, il continue de tracer sa route vers… un second ou deuxième mandat.

Après avoir désisté de la course pour la magistrature suprême du 24 février prochain, le leader du mouvement politique “Senegaal Bou Bess“, Mame Adama Gueye poursuit de plus bel les rencontres initiées avec les candidats déclarées de l’opposition pour la présidentielle.

Les entretiens avec les opposants au pouvoir en place entrent dans le cadre d’échanges entre acteurs pour réfléchir sur «les voies et moyens opérationnels de sécuriser le processus électoral», confie l’initiateur de la plateforme. Dans la même dynamique, le Front démocratique et social de résistance nationale (Frn) s’est élargi, avec de nouvelles adhésions.

Les candidats, Moustapha Guirassy du parti Sénégal uni pour le développement (Sud) et Boubacar Camara de Jengu ont intégré ledit front de l’opposition, qui réunit de nombreux partis. L’on se rappelle que ledit front a été mis en place au moment de l’ouverture du dialogue politique sur le processus électoral, boycotté par une bonne frange de l’opposition.

Il s’agissait du Pds, Act, And Jeff-Pads, Bokk Gis Gis, Pastef, Rnd, Fn, Mcr, Mps-Sellal, Prds, Taxaw Tem, Tekki, Ulp, Yoonu Askan Wi. Le front s’était fixé comme objectif de barrer la route au système de parrainage, de lutter contre les violations de la Constitution, mais aussi de réclamer la libération de tous les citoyens arrêtés.

STRATEGIES APRES STRATEGIES

Un retour en arrière permet de noter la création d’autres cadres de protestation et de sécurisation du processus électoral de l’opposition. En effet, à la veille de l’élection législative de 2017, pas moins de 3 plateformes de l’opposition avaient été mises en place. Autour de la coalition Manko Taxawu Senegaal, le patron de Rewmi, Idrissa Seck et compagnie avaient mis sur pied le Front pour la régularité et la transparence des élections (Frte).

Dans le même sillage, le Pds et ses alliés avaient lancé l’Initiative pour des élections démocratiques au Sénégal. Il en est de même du coté du leader du Ldr/Yessal, Modou Diagne Fada et autres Abdoulaye Baldé de l’Ucs, ou encore d’Aïssata Tall Sall de “Oser l’avenir“, qui avaient crée le Cadre de l’opposition pour la régularité.

A ne pas oublier la création du front contre le référendum du 20 mars, occasionné par la décision du chef de l’Etat, Macky Sall de suivre l’avis ou la décision du Conseil constitutionnel pour ne pas s’appliquer le quinquennat. Tous ces cadres et autres plateformes ont déroulé une panoplie de stratégies allant des conférences de presse aux manifestations dans les rues, en passant par le boycott des rencontres initiées par le régime en place, ou encore les recours au niveau des juridictions nationales, comme internationales.

CIRCULEZ, IL N’Y A RIEN A SIGNALER

Au moment où l’opposition multiplie ses stratégies pour barrer la route aux initiatives politiques du régime, le président Macky Sall n’a jamais flanché et continue de dérouler librement ses projets. En atteste l’organisation du référendum le 20 mars 2016, avec une victoire éclatante du «Oui».

A cela s’ajoute la tenue des législatives dernières, en dépit du refus catégorique de l’opposition de permettre à certains électeurs, qui n’étaient pas encore en possession de leur carte d’électeur biométrique, de procéder au vote avec simplement les récépissés, conformément à l’avis par le Conseil constitutionnel saisi dans l’urgence par le président Macky Sall.

Ou encore son opposition de laisser la possibilité aux votants de choisir juste 5 bulletins de vote, sur les 47 listes, comme convenu entre les acteurs sur invite de la Cena.

A ne pas oublier que l’opposition avait récusé le ministre de l’Intérieur d’alors, Abdoulaye Daouda Diallo pour l’organisation des législatives. La suite est connue. Cette revendication reste d’actualité car elle réclame toujours une personnalité neutre à la place d’Aly Ngouille Ndiaye pour l’organisation de la présidentielle du 24 février 2019.

Il en est de même pour la mise à la disposition du fichier électoral à l’opposition car estimant qu’il y a une rupture d’égalité dans la campagne de collecte de parrains, et que le régime serait en possession dudit document.

Sur ces deux derniers points, le chef de l’Etat, Macky Sall semble faire la sourde oreille car rien ne présage d’un réaménagement ministériel pour confier l’organisation des élections à une personnalité indépendante, et aussi l’article 11 du Code électoral est brandit par le régime pour montrer l’impossibilité de mettre entre les mains de candidats à la candidature de la présidentielle le fichier électoral à quelques mois du scrutin.

Jean Michel DIatta

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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