Dakar-Echo

Moussa Touré : « Sénégal aurait dû baisser le prix du carburant d’au moins 100 FCFA le litre »

moussa_toureAnnoncer la suppression de la TVA sur l’eau et l’électricité n’est que pure tromperie, selon l’ancien ministre de l’Economie, des Finances, du Plan et du Commerce sous le régime socialiste.

Moussa Touré, qui était l’invité de l’émission Opinion, sur Walf TV, hier, rappelle que «jusqu’à 40 mètres cubes de consommation d’eau, on ne paie pas la TVA». Idem pour l’électricité où cette taxe ne s’applique qu’au-delà de 250Kw/h.

La suppression de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur l’eau et l’électricité que l’Etat cherche à vendre aux ménages pour les soulager est une tromperie. C’est la conviction de l’ancien ministre de l’Economie, des Finances, du Plan et du Commerce sous le régime socialiste, Moussa Touré.

Invité de l’émission Opinion sur Walf TV, hier, M. Touré, qui qualifie l’idée «d’escroquerie, d’amateurisme ou d’incompétence», rappelle que «jusqu’à 40 mètres cubes de consommation d’eau, on ne paie pas la TVA».

Or, la plupart des ménages n’atteignent pas ce quota. Ainsi, l’ancien président de la Commission de l’UEMOA, la mesure ne concernerait que les gens aisés.

Idem pour l’électricité où, dit-il, jusqu’à «250Kw/h, on ne paie pas de TVA». «Tout le monde pensera que c’est pour alléger le prix de l’électricité et de l’eau pour le petit peuple. Mais c’est faux», indique Moussa Touré.

De même, il pense que la suppression de la TVA sur le matériel lié à la production du riz local, annoncé en grande pompe par le chef de l’Etat, lors de sa récente tournée économique dans la vallée du fleuve Sénégal, pour arriver à «zéro kilogramme de riz importé en 2017», ne règle pas le problème.

Selon lui, si on veut promouvoir le riz local, on ne doit pas créer des conditions économiques néfastes. «Il faut que notre riz soit performant. Et pour cela, il faut travailler sur toute la chaîne, depuis l’aménagement des terres jusqu’à l’encadrement des producteurs, la production, l’entreposage, le transport et la commercialisation.

C’est là qu’on peut faire des gains de coûts et rendre notre riz plus compétitif en prix et en qualité», préconise-t-il. Donc, dit-il, la suppression de la TVA sur le matériel lié à la production de ce riz local annoncé par le président Sall, est selon lui une «fausse route».

Et ne permettra pas, selon lui, d’atteindre l’objectif. «2017, c’est demain, c’est dans deux ans. Et en ce moment, nous ne sommes même pas à un tiers de notre consommation en riz qui est de 1,1 million de tonnes. Pour moi, ce n’est pas réalisable.

Ce ne sera possible que vers les horizons 2025 au plus tôt, si tous les investissements nécessaires sont faits, qu’on pourra atteindre cet objectif. Il faut projeter des choses réalisables», soutient l’ancien ministre.

Une baisse du prix des carburants est possible

Très en verve contre les actes posés par le régime de Macky SALL, le président du mouvement Citoyen pour l’éthique et la transparence (Cet-Jarign Sama Rew) pense qu’une baisse du prix des carburants est bien possible au Sénégal, comme cela a été constaté en France il y a quelques jours, dans le sillage de la dégringolade du prix du pétrole.

En effet, selon Moussa Touré, depuis quelque temps, le prix du baril de pétrole, qui a frôlé 125 dollars, est aujourd’hui, descendu à moins de 85 dollars. Il a ainsi perdu un tiers de son montant et l’Etat continue de capter le fruit de cette baisse qui devrait profiter au consommateur final.

«Au Sénégal, on aurait dû baisser le prix du super comme celui du gasoil au moins de 100 francs CFA. Ce qui ferait au moins une économie de 30 mille francs Cfa par mois pour les automobilistes», dit-il.

Non sans souligner que tant que ces problèmes du coût de l’énergie ne seront pas réglés, le PSE n’aboutira à rien. «Ce sont ces choses-là qu’il faut régler plutôt que de faire du social», conseille M. Touré.

Commentant le budget 2015 de l’Etat, en hausse de 5 % sur cette année, il dénonce la hausse du budget du Conseil économique social et environnemental qui a plus que doublé, passant de 4 à 9 milliards de francs Cfa. Pour l’ancien ministre des Finances, «il ne faut pas prendre les Sénégalais pour des canards sauvages».

Car, dit-il, les Sénégalais ont refusé le SENAT depuis 2012. «Au lieu de respecter cela de manière démocratique et responsable, on veut contourner cela pour faire des conseillers économiques, sociaux et environnementaux des sénateurs bis», s’insurge M. Touré.

Ce, dit-il, en leur conférant les mêmes salaires, les mêmes avantages et les mêmes privilèges que les députés. Le Sénat étant «refusé et décrié par tout le monde», l’ancien ministre demande au régime de ne pas provoquer gratuitement le peuple pour seulement caser quelques affidés.

Seyni DIOP

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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