Dakar-Echo

Manque de communication, taux d’intérêts élevés, taxes élevées: la grosse arnaque des banques sénégalaises

Manque de communication, taux d’intérêts élevés, taxes élevées: la grosse arnaque des banques sénégalaises

La grogne contre des instituions financières au Sénégal prend de plus en plus de l’ampleur. Particulièrement sur la qualité des services. Les clients font face à un certain nombre de difficultés et ne savent plus pas à quel saint se vouer.

Le manque de communication, les taux d’emprunt élevés, le manque de visibilité et de traçabilité sur l’imposition sur les taxes ont entre autres déclenché la colère des clients qui se sont défoulés sur les réseaux sociaux ces derniers jours. L’Etat «laisse faire au moment où les banques s’enrichissent davantage sur le dos des citoyens».

Famara Cissé, président de l’association des clients et sociétaires des institutions financières (ACSIF) trouve que depuis des années les clients sont arnaqués et abusés par les banques. Ainsi, M. Cissé a déploré le mutisme de l’Etat et de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui selon lui, ont une grande part de responsabilité sur cette situation que vivent les usagers des banques.

Longue file d’attente ! Service qui laisse à désirer ! Manque de respect et de considérations. Des gaps qui fonctionnent à l’humeur !

Des usagers de banques n’en peuvent plus et fustigent le fait que le contrat découlant de l’ouverture du compte est tellement volumineux qu’on ne peut tout lire et ne peut tout comprendre alors que les banques auraient pu faire preuve d’une grande simplicité pour ne mentionner que l’essentiel des clauses du contrat surtout pour ce qui est de leurs obligations mais aussi de leurs droits vis à vis de la banque affiliée.

Aussi les clients ne sont pas éclairés sur les autres taxes en dehors ce ceux dues pour les frais d’entretien de compte. Alain Mendy, un usager d’une banque de la place décrie le manque de traçabilité et de visibilité sur les impositions des taxes. « Nous n’avons aucune visibilité ni traçabilité sur les impositions des taxes. Autres que les frais susmentionnés sur le contrat, aucune banque, je le précise, ne peut t’apporter des éclaircissements sur la manière dont nos fonds sont manipulés. Même s’ils nous ont promis plus de transparence avec les banques en ligne, c’est toujours la même situation qui prévaut».

Il soutient que les clients n’ont aucun moyen de contrôle sur les banques car, c’est l’Etat qui incite les populations à la bancarisation. «A ce manque de considération vis-à-vis des clients j’ajoute le non-respect des mesures de gratuité édictées par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) au sein des établissements de crédit de l’UEMOA. Et plusieurs de ses mesures ne sont pas respectées par les banques sénégalaises qui continuent d’imposer aux clients leurs lois sous le mutisme complice de l’Etat», se désole-t-il.

En dehors des difficultés d’ordre pécuniaire, beaucoup de lenteurs administratives sont à déplorer dans le fonctionnement des banques. En effet des lenteurs sont notées dans les octrois de prêt avec une désinformation autour des taux d’intérêts et certaines opérations par chèques de guichet qui nécessitent l’approbation du gestionnaire de compte. Comme nous l’a fait comprendre ce jeune commerçant trouvé dans une banque de la place qui ne se plaint guère des impositions sur ses taxes à payer mais se soucie quand même des lenteurs notées au sein de sa banque.

«Je fréquente cette banque depuis près d’un an, mais le seul problème que je rencontre ici est qu’il mette toujours du temps à me remettre de l’argent, j’effectue des retraits par chèques et cela nécessite l’aval de mon gestionnaire de compte et ça ralentit beaucoup mes activités commerciales», déplore-t-il. Avant de plaider pour une multiplication des agences.

Selon lui, des zones de grandes affluences comme les marchés HLM devraient être dotées de plusieurs agences financières. «Je viens comme ça du marché des HLM jusqu’ici pour pouvoir faire tranquillement mes transactions bancaires», soutient-il. Ces propos sont aussi réconfortés du fait qu’en sortant de Rufisque jusqu’à Diamniadio, on ne trouve pas de banques alors que les institutions financières devraient davantage miser sur la proximité avec leurs clients afin de leur alléger certaines taches.

Par conséquent, les clients sont toujours les grands perdants en temps et en argent car l’on est parfois obligé de se déplacer pour effectuer un certain nombre de transactions comme le retrait d’argent surtout quand les agences sont fermées ou si on ne trouve pas de guichets automatiques affiliés à sa banque et dans ce cas de figure le retrait se fera à tes frais.

Marième CAMARA

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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