Dakar-Echo

Manifestation anti Charlie au Sénégal

marche_anti_charlie_1La manifestation, au cours de laquelle un drapeau français a été brûlé, avait pour mot d’ordre « Je suis nigérian, je suis africain », afin de dénoncer le silence des dirigeants africains et du monde sur les massacres sur le continent, en opposition à la réaction aux attentats de Paris.

Elle a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, des représentants de la société civile, des députés et autorités coutumières et religieuses et de simples citoyens.

Je ne suis pas Charlie. Je suis musulman », « La liberté d’expression n’est pas la liberté d’insulter », « Touche pas à mon prophète », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les participants.

« L’islam est une religion de paix », a déclaré le grand serigne de Dakar, chef de la communauté leboue, Abdoulaye Mactar Diop, qui a reproché aux autorités françaises d’avoir « favorisé la publication du dernier numéro de Charlie Hebdo pour se moquer de nous ».

Le Sénégal a interdit la diffusion de l’édition de l’hebdomadaire satirique du 14 janvier, le premier depuis la tuerie au siège du journal une semaine auparavant, publiant en Une une caricature présentée comme celle du prophète Mahomet.

« Charlie a répondu par la provocation, nous allons répondre par la paix. Charlie a des complices qu’il faut dénoncer. Il faut que la France arrête », a déclaré pour sa part un des organisateurs de la manifestation, Sambou Biagui, représentant la Plate-forme africaine pour le développement et les droits humains (Pladh).

La veille, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées devant la Grande Mosquée de Dakar après la prière musulmane du vendredi pour dénoncer la caricature du prophète.

Les manifestants ont dénoncé vendredi la présence du président sénégalais Macky Sall à la « marche historique » contre « le terrorisme » organisée à Paris le 12 janvier. « Je ne cautionnerai jamais les pratiques d’un journal qui s’en prend à nos valeurs islamiques et à son plus grand symbole humain, le prophète Mahomet », s’est défendu le président Sall, cité vendredi par des médias d’Etat.

M. Sall, parti vendredi soir pour l’Arabie saoudite afin d’y présenter ses condoléances pour la mort du roi Abdallah, a justifié sa présence à Paris par son « souci de présenter les condoléances suite à l’assassinat d’innocents tout en réaffirmant mon engagement dans la lutte contre toute acte terroriste ».

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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