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Malgré les crises, Facebook bat des records de bénéfices

Malgré les crises, Facebook bat des records de bénéfices

2018 a eu beau être une année cauchemardesque en termes d’image pour Facebook, cela n’a pas empêché le premier réseau social du monde d’engranger des bénéfices records et d’attirer de nouveaux utilisateurs. Une résistance qui a enchanté les investisseurs : vers 23h15 GMT, l’action bondissait de près de 12 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de Wall Street.

Pari gagné semble-t-il pour Facebook, qui devait à tout prix redonner confiance après une année marquée par les crises à répétition, en particulier autour des données personnelles. Touché par une crise de croissance anticipée par le groupe avant même ces polémiques, Facebook avait connu des ratés courant 2018, l’ampleur du ralentissement surprenant les investisseurs. Mais le dernier trimestre, aidé par une très bonne saison de fêtes de fin d’année en termes de recettes publicitaires, a permis au groupe de faire finalement mieux que prévu.

2,32 milliards d’utilisateurs
Le PDG Mark Zuckerberg, lui-même violemment mis en cause dans les différentes polémiques de 2018, a reconnu que l’année avait été « difficile », tout en assurant, selon une rhétorique devenue habituelle, que le groupe avait « fait d’importants progrès » pour mieux protéger les données personnelles et assainir la plateforme. « Nous avons fondamentalement changé la façon dont nous gérons l’entreprise » pour « nous concentrer sur des questions sociétales très importantes », a-t-il ajouté pendant une conférence téléphonique avec des analystes.

Il a aussi pris soin une nouvelle fois d’élargir le sujet à tout le secteur. « En ce moment, il y a beaucoup de (choses) négatives sur l’impact de la technologie : certaines sont justifiées, d’autres non. Et le secteur technologique dans son entier doit être surveillé de près car nous jouons un rôle dans la vie de beaucoup de gens », a-t-il dit, alors qu’élus et régulateurs du monde entier veulent demander des comptes au secteur.

Ce contexte n’a en tout cas éloigné ni annonceurs publicitaires -qui font la quasi-totalité des revenus du groupe- ni usagers. A 2,32 milliards, le nombre d’utilisateurs mensuels actifs est d’ailleurs légèrement supérieur aux prévisions. Le bénéfice net a explosé de 61 % au dernier trimestre (6,9 milliards) et de 39 % sur l’année (22,1 milliards), renouant avec des taux de croissance très soutenus. Sur le trimestre, le chiffre d’affaires a encore cru de 30 % à 16,9 milliards de dollars et de 37 % (à 55,8 milliards) sur l’année, des chiffres meilleurs que prévu par les marchés.

L’une des plus grosses plateformes de publicité numérique au monde
Facebook « a clairement montré que les problèmes de 2018 n’ont pas eu d’impact durable sur sa capacité à faire croître à la fois ses revenus et ses usagers. Les annonceurs sont toujours clairement très dépendants de Facebook, et le fait que le nombre d’utilisateurs aux Etats-Unis/Canada et en Europe aient augmenté est une surprise, après la stagnation dans les deux premiers et une baisse en Europe » observées lors de précédents trimestres, a relevé Debra Aho Williamson, analyste chez eMarketer.

Facebook demeure l’une des plus grosses plateformes de publicité numérique au monde et peut, qui plus est, compter sur le succès croissant de sa filiale Instagram​, qui dépasse le milliard d’utilisateurs et offre – comme sa messagerie Messenger – de nouveaux débouchés publicitaires. Côté stratégie, le groupe a confirmé son virage vers les modes de communication plus intimes que le traditionnel « Fil d’Actualités » et qui sont devenus très en vogue, comme les « Stories », ces petits montages d’images et de texte qui disparaissent au bout d’une journée.

Mark Zuckerberg a aussi évoqué le rôle devenu « central » des messageries, qui va s’accentuer en 2019. En tout, Facebook revendique 2,7 milliards d’usagers mensuels à travers toutes ses plateformes, c’est-à-dire avec Instagram, WhatsApp et Messenger.

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