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Mahamat Idriss Deby, un général trentenaire à la tête du Tchad

Mahamat Idriss Deby, un général trentenaire à la tête du Tchad

– Que sait-on du nouvel homme fort de N’Djamena?

Beret rouge, position droite, salut militaire d’un jeune officier face à un chef d’Etat … cette image datant du 13 mai 2013 lors de la cérémonie de décoration du contingent tchadien déployé au Mali par le président Idriss Deby Itno a fait le tour des médias, après l’annonce de la prise de pouvoir par le « conseil militaire » après la mort du président tchadien.

L’homme qui avait déjà cumulé 30 ans au pouvoir a été tué, mardi, en dirigeant des combats de son armée contre des rebelles.

L’officier décoré en 2013 est Mahamat Idriss Deby. A l’époque, il était le commandant adjoint des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim), dans le nord du Mali, sous les ordres du général Oumar Bikomo, mais beaucoup le donnaient comme chef officieux. 8 ans après , il est le nouvel homme fort du Tchad, président par intérim sur décision des militaires, qui ont mis en place un conseil militaire après l’annonce de la mort de son père.

Moustache fine, teint clair et lunettes fumées … Mahamat était connu dans les sillages de son père par son surnom de « Kaka ». Un nom qui lui a été confié pour avoir été élevé par sa grand-mère. Il n’était en tout cas pas un une personnalité publique de premier plan pendant la présidence de son père.

Le général Mahamat Itno Deby n’a pas encore 40 ans. Il est né en 1983.

Dans la première décennie après les années 2000, il a solidifié son cursus de formation militaire dans des écoles militaires interarmées du Tchad avant de faire un bref passage au lycée militaire d’Aix-en-Provence, en France.

Dans cette ancienne puissance coloniale, l’officier et fils du président tchadien n’a pas traîné devant les instructeurs : il n’est resté que trois mois au lycée militaire.

Son père ne l’a pas non plus laissé dans les académies pendant longtemps.

Lorsque Timan Erdimi son neveu qui voue une haine tenace contre le régime de N’Djamena approche Am Dam dans l’Est du Tchad en 2009, Mahamat n’a que 25 ans, mais se voit lister parmi les officiers missionnés pour repousser les mutins qui nourrissent l’ambition de marcher sur la capitale.

Pour faire de lui son bras droit, le Président Idriss Deby le déverse, dès 2010, dans la redoutable direction générale de service de sécurité des institutions de l’Etat (DGSSIE), l’équivalent de l’agence de sûreté du régime.

Elevé au rang de général de corps d’armée, Il était à la tête de la garde présidentielle durant les derniers instants de vie de son père, très confiant en son fils. Il a été choisi par les militaires pour garantir « l’indépendance nationale, l’intégrité territoriale, l’unité nationale, le respect des traités et accords internationaux », a annoncé l’armée.

Le nouvel homme fort du Tchad pourrait faire face à plusieurs controverses. Bien que fils du défunt, il n’est ni le plus gradé, ni le plus ancien de l’armée. Après la mort de Idriss Deby Itno, une transition de 18 mois a été décrétée , alors que le parlement a été dissous et la constitution suspendue.

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