Dakar-Echo

Macky Sall à la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux: La confiance en la justice est un élément essentiel dans une démocratie…

Macky Sall à la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux: La confiance en la justice est un élément essentiel dans une démocratie…

Le président de la République a présidé hier, comme chaque année, la rentrée solennelle des cours et tribunaux. Macky Sall qui a certes abordé le thème de la « protection des données personnelles au Sénégal », s’est permis de faire une glissade pour lancer des cailloux dans le jardin de l’opposition qui critique les magistrats.

Il les a avertis que la confiance en la justice est un élément essentiel dans une démocratie. « Remettre en cause cette confiance, c’est mettre en doute les fondements de la République » a-t-il martelé. Quant au premier président de la Cour Suprême, Mamadou Badio Camara, il a dit que les magistrats vont résister à toute pression et intimidation.

Au moment où le pays a besoin que la classe politique calme le jeu, à moins de deux mois de l’élection présidentielle, le président Macky Sall fait dans les menaces. Pis, hier devant les magistrats, il s’est couvert d’un manteau de protecteur de l’institution judiciaires pour lancer des pierres en direction de l’opposition.

En particulier ceux de ses membres recalés de l’élection présidentielle dans le cadre du parrainage et qui continuent de ruer dans les brancards. Macky Sall a dit hier qu’il n’acceptera plus que l’on jette l’opprobre à cette auguste institution qu’est la justice.

« La justice doit garder sa légendaire sérénité, une certaine distance voire une distance certaine qui seule confère à ses décisions l’autorité nécessaire. Je vous réitère mon engagement à garantir l’Etat de droit à travers la mise en place d’un système juridique et judiciaire moderne et efficace qui offre à chaque citoyen l’exercice effectif de ses droits. L’œuvre de justice est une tâche délicate mais fondamentale de l’Etat (…) Vous y consacrez toute votre énergie pour donner en dépit des accusations fallacieuses perpétuelles et des menaces quasi quotidiennes. Je voudrais dire solennellement que l’Etat prendra toutes les mesures qu’impose la situation pour la défense des magistrats de tous les ordres car hélas notre pays a connu des épisodes douloureux.

L’Etat n’attendra pas que de telles situations se passent à nouveau pour réagir. Force restera à la loi » a-t-il martelé. Pour- suivant, le président de la République de préciser à l’endroit de ceux qu’il a qualifiés de détracteurs de la Justice que « la confiance en la justice est un élément essentiel dans une démocratie.

Remettre en cause cette confiance, c’est mettre en doute les fondements de la République. Personne ne doit trouver intérêt à affaiblir la justice, ce dernier rempart de notre système républicain, pivot majeur de la démocratie et du développement économique de notre pays » a-t-il réitéré.

Mamadou Badio Camara : «Les magistrats sauront résister contre toute intimidation et pression
« Sur cette question, évoquant l’act
ualité brûlante de la pré-campagne électorale, le premier président de la Cour suprême s’est élevé contre les attaques subies par les magistrats. D’après Mamadou Badio Camara, «nous sommes conscients des menaces et invectives visant l’institution judiciaire… Les magistrats sauront résister contre toute pression et intimidation d’où qu’elles viennent» en allusion aux enjeux de la présidentielle sénégalaise du 24 février prochain.

Le premier président de la Cour Suprême d’ajouter que «même si nous ne sommes pas impliqués dans l’organisation des élections, nous soutenons nos collègues qui interviennent dans l’organisation jusqu’à la proclamation des résultats».

Et de s’écrier que «nul n’a le monopole du patriotisme», et les juges sont «avant tous des citoyens». Il a par ailleurs formulé des vœux pour «la paix des cœurs et des esprits», en perspective de cette échéance électorale. Le thème de la rentrée des cours et tribunaux de l’édition 2019 portait sur «les données à caractère personnel».

Modernisation du système judiciaire pour rendre le pays plus attractif
Auparavant, Macky Sall avait indiqué que la modernisation de la justice est au coeur de l’axe trois du Plan Sénégal Emergent. « Dans la continuité de notre histoire politique et institutionnelle, j’ai l’ambition d’œuvrer à la modernisation de notre système judiciaire afin de le rendre plus accessible, plus fiable et plus apte à garantir l’égalité de tous devant la loi. C’est pourquoi j’ai inscrit la justice au cœur de l’axe trois du PSE intitulé gouvernance, institutions et sécurité en vue d’engager les grandes réformes pouvant permettre à l’institution de jouer son rôle dans la quête d’émergence. Le renouveau du système judiciaire, axe prioritaire du PSE, constitue ainsi un palier important dans l’amélioration de l’environnement des affaires et la stabilité sociale, facteur indispensable à l’investissement productif et à la croissance inclusive.

C’est le sens des réformes structurantes initiées dans le secteur pour lever les contraintes qui pèsent sur le climat des affaires. L’Institution du tribunal de commerce de Dakar, installé en 2018, répond à cet objectif et permettra d’accroitre sensiblement l’efficacité dans les règlements du contentieux économique et financier » a expliqué le chef de l’Etat. Selon Macky Sall, une telle réforme concrétise sa vision, sa volonté de renforcer la productivité de la justice et la gouvernance économique, gage de compétitivité.

Le Sénégal va se doter d’un super calculateur le 25 janvier prochain
Se disant convaincu que les nouv
elles technologies de l’information et de la communication ont apporté à la fois confort et bouleversement importants dans la société, le président de la République a expliqué que « c’est tout le sens du thème de cette année qui porte sur la protection des données personnelles.

Le Sénégal s’est doté depuis dix ans de la loi 2008-12 qui définit les données à caractère personnel comme toute information relative à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, culturel, social ou économique.

Le traitement de ces données enregistrées dans les plate- formes numériques dont le nombre augmente de façon exponentielle pose la nécessite de veiller au respect des droits, des libertés fondamentales et de la dignité des personnes concernées. Dès lors, la législation sur les données à caractère personnel est devenue un outil pertinent de protection des droits de la personne notamment son droit à la vie publique » a- t-il indiqué.

Toutefois pour Macky Sall, l’exploitation des données à caractère personnel présente un intérêt économique majeur pour les entreprises car elles offrent en même temps des opportunités économiques, sources de progrès, de retombées, d’emplois et de création de richesses. « Ces opportunités justifient ma décision de doter notre pays d’un super calculateur le plus puissant en Afrique à ce jour d’une capacité d’un pétaflop, 10 puissance 15 soit un million de milliards d’opérations par seconde.

Ce puissant ordinateur conçu pour atteindre de hautes performances dans la vitesse de calcul avec ses composantes électroniques ultra rapides sera installé le 25 janvier prochain au centre national de calcul scientifique de Diamniadio. Cette infrastructure permet de réaliser des prévisions météorologiques, étudier le climat (…)» s’est-il réjoui.

Sénégal doit envisager de revoir sa législation sur les données personnelles
Abordant la question des données personnelles, Macky Sall croit qu’elle doit être abordée sous l’angle de la protection de libertés individuelles dont l’Etat est le garant. « C’est le rôle confié à la commission des données personnelles créée par la loi de 2008. Ce dispositif est complété par la loi sur la cybercriminalité qui prévoit des sanctions liées au traitement de données personnelles en violation de la loi.

Le Sénégal, signataire depuis août 2016 la convention du conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel, devrait envisager de revoir sa législation pour la rendre davantage plus adaptée. Le traitement des données est aussi un enjeu économique important pour les entreprises et de plus en plus un enjeu sécuritaire pour les Etats » a encore précisé le chef de l’Etat qui a déclaré ouverte l’année judiciaire 2019.

Thierno Assane BA

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