Dakar-Echo

Loi de finances 2015: ARCELOR Mittal hante l’hémicycle

Mittal_AssembleeL’affaire Arcelor Mittal, soulevée par Abdoulaye Wade, lors du meeting du PDS et de ses alliés, a été le point le plus évoqué lors des débats hier, mercredi 26 novembre, à l’Assemblée nationale.

Si pour l’opposition la question mérite des éclaircissements à cause du flou qui l’entoure, la majorité présidentielle quant à elle a estimé que les nébuleuses financières sont l’apanage de ces derniers. Toutefois, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, a indiqué que l’Etat a saisi l’opportunité proposée par ladite société afin de pouvoir mettre en exploitation, au plus vite, la mine.

Le ballet des récriminations pour des éclaircissements sur l’affaire Arcelor Mittal a été ouvert par Ndéye Awa Mbodj, député de Bess Du Niak, lors du vote de la loi de finances 2015, hier à l’Assemblée. Selon l’élue de Golf Sud (Guédiawaye), la question soulevée par l’ancien Chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, mérite d’être élucidée pour les populations.

S’en suit une pléthore de questions concernant le même sujet. De Mariam Gueye Diop, à Mamadou Diagne Fada (Président du groupe parlementaire libéral), en passant par Hélène Tine et Aïssatou Mbodj (PDS), le principal leitmotiv est la clarté dans l’affaire Mittal.

Pour Mamadou Diagne Fada, il faut que le gouvernement donne des éclaircissements sur la baisse de l’enveloppe financière touchée par l’Etat du Sénégal, à savoir les 75 milliards de Fcfa, en lieu et place des 400 milliards de Fcfa, tel que réclamé devant la justice.

Une baisse drastique, selon lui, qui mérite moult questionnements. Sur ce point précis, Aïssatou Mbodj a indiqué que le point mérite une séance plénière. Cela pour élucider, selon elle, les autres «nébuleuses», à savoir l’affaire du Port et de Nécotrans.

La réplique du camp majoritaire ne s’est pas fait attendre. Dans la foulée, les députés Pape Abdoul Khalil Mbodj (APR), Babacar Diamé (BBY), tout comme Abdou Mbow (APR) ont tiré à boulets rouges sur l’ancien régime.

Selon eux, le régime de Wade est mal placé pour demander des comptes sur l’affaire Mittal, car il est à l’origine de pas mal de nébuleuses. Pour eux, l’Etat du Sénégal a fait une bonne affaire en récupérant les 75 milliards, pour ne pas attendre un procès dont l’aboutissement peu prendre des années et dont l’issue n’est pas maitrisable.

Enfonçant le clou, Abdou Mbow a estimé que le «flou» réside dans le fait que l’affaire, qui date de 2011, ne soit mise au grand jour qu’en 2012. Selon lui, la nébuleuse a commencé dès le retrait de la mine de fer à la Société Coumba Ressource, pour la remettre à Arcelor Mittal, en 2006.

Tout est nickel selon Amadou Bâ
S’inscrivant dans la même dynamique, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, a indiqué que c’est sur proposition dudit groupe que son ministère et celui des mines ont jugé opportun de prendre les 75 milliards de Fcfa, pour ne pas attendre des procès longs.

Mieux, il a informé qu’Arcelor Mittal a mis à la disposition du Sénégal une étude qui permet de démarrer l’exploitation de la mine une fois qu’un acquéreur est trouvé. Sur cette question, il a assuré que tout est transparent, et que la gestion de cet argent se fait sur la base de loi de finances rectificative.

«Flou» dans le budget de l’Assemblée
A noter par ailleurs, que la question de la transparence dans le budget de l’Assemblée nationale a été soulevée par nombres de députés. Pour Me El Hadj Diouf, il y a tout un flou sur ce dit budget et que les commissions finances et contrôle ne se réunissent pas. Des assertions balayées en touche par Zator Ndour, qui estime qu’à l’Assemblée, il n’y a pas de problèmes mais des gens mal intentionnés.

ECHOS ……..ECHOS
Le Fesman, une épine qui poursuit l’Etat
Selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, l’Etat du Sénégal reçoit toujours des récriminations sur des dettes contractées lors du Festival Mondial des Arts Nègres (Fesman). Se prononçant, lors du vote de la loi des finances 2015 à l’Assemblée, il a indiqué que les Etats Unis et la France courent toujours derrière leur du. Une dette qui hante toujours le sommeil des dirigeants, alors qu’elle date de 2010, sous le magistère de Wade.

A qui profite le budget de l’assemblée nationale ?
La question de la transparence dans le budget de l’Assemblée a été évoquée par plus d’un hier. Selon certains députés, il y a un paradoxe que les députés se mettent à voter des budgets alors que le leur baigne dans un flou total. Selon eux, rien n’est clair sur le mode de gestion de leur budget. D’autres sont même allés jusqu’à exigé l’application de l’article 18, pour qu’il y ait discussions sur les dépenses. Toutefois, la majorité présidentielle a réfuté ces accusations, estimant que tout est limpide dans la gestion financière de l’hémicycle.

Où est la transparence ?
Au moment où des voix se lèvent à l’Assemblée pour fustiger le manque de transparence dans la gestion du budget de l’Hémicycle, d’autres élus se sont permis de mettre à nu certaines pratiques qu’on peut considérer comme peu orthodoxes. En effet, des députés ont remercié vertement les questeurs pour des services rendus sous silence, sans que rien ne filtre.

Pis, cette aide a permis de venir en aide à ceux qui leur ont permis d’accéder à l’Hémicycle, a soutenu l’une d’elles. D’ailleurs, certains en ont profité pour réclamer une hausse du budget de l’Assemblée. Ces arrangements sous silence, ne donnent-t-ils pas raison à l’opposition qui crie à la nébuleuse sur la gestion du budget de l’Assemblée ?

Jean Michel DIatta avec SudOnline

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