Dakar-Echo

Les travailleurs de la SUNEOR décrètent trois jours de grève

suneorEn assemblée générale extraordinaire tenue hier, lundi 23 février, les travailleurs de la Suneor (ex-Sonacos) ont réclamé le départ du directeur général de cette société.

Ainsi, ils observent un arrêt de travail de trois jours pour dire non à la balkanisation du groupe et aux pertes d’emplois.

Les travailleurs de la Suneor s’opposent avec la dernière énergie à la vente des deux usines de Ziguinchor et de Kaolack et réclament le départ de leur directeur général.

En assemblée générale extraordinaire organisée hier, lundi 23 février, ces travailleurs ont exigé un repreneur capable d’acheter tout le groupe arguant que toutes les usines sont dépendantes et cela peut entrainer des pertes d’emplois et même la faillite du groupe.

« Ils cherchent d’autres repreneurs pour les trois autres groupes. Ce que nous trouvons inacceptable. Nous continuons de refuser ce que nous avons refusé en 2004.

Balkaniser la Sunéor, c’est tuer le groupe car toutes les usines sont dépendantes. Nous refusons que cette idée continue à germer dans la tête du repreneur », a martelé Mor Diaw (Bonhof ancien joueur de la SEIB), le chargé des revendications du syndicat.

Pur lui et ses camarades, « tuer le groupe Suneor, c’est tuer la filière arachidière et négliger les paysans ». Aussi, ont-ils demandé aux autorités de prendre leur responsabilité face à cette situation avant qu’il ne soit trop tard.

« Il est grand temps que l’on arrête et que les autorités étatiques prennent leur décision. Elles doivent prendre leur courage en main pour défaire Abass Jaher de cette société parce que le groupe Sunéor va avec la filière arachide. Nous savons ce que représente cette filière au Sénégal par rapport au monde paysans. Tuer la Suneor c’est mettre en frein au au développement de ce pays », a soutenu Mor Diaw.

Et de rappeler que, depuis 2012, la société marche au ralenti et les travailleurs ne sont plus assurés, ni couverts. « Le directeur général doit aux travailleurs un paiement de 5 milliards de francs Cfa. Nos cotisations concernant la retraite et l’Ipres ne sont pas versées depuis plusieurs années », s’est plaint M Diaw. Après les trois jours de grève déclenchées, si rien n’est fait, les syndicalistes ont averti qu’un autre plan d’action est prévu par les agents de la Suneor et cela, jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.

Suneor et Avril créent un nouveau leader de l’huile
Selon les informations de nos confrères de « Jeune Afrique », Advens, actionnaire majoritaire de l’huilier sénégalais Suneor, et le Groupe Avril (ex Sofiproteol) ont signé le 13 février dernier un protocole d’accord en vue de la cession de l’activité trituration de Suneor. Un nouveau leader de l’arachide sénégalais devrait naître sous le nom de Suneol.

L’accord a été signé le 13 février, mais il n’a pas encore été rendu public : le groupe Advens, actionnaire majoritaire de Suneor, et le groupe français Avril (ex Sofiproteol) se sont mis d’accord pour la cession de l’activité trituration de l’huilier sénégalais.

Selon les informations, Copeol (le holding créé par Avril et qui avait déjà repris les actifs les actifs de Novasen, deuxième transformateur d’arachide du pays) va reprendre les sites de Kaolack et Ziguinchor, dont la capacité totale de trituration s’élève à 400 000 tonnes, ainsi que les employés. Les sites de Diourbel, Dakar et Louga ne sont pas concernés par le protocole signé le 13 février.

Suneor recevra un paiement en cash mais aussi environ un tiers du capital du nouvel ensemble créé avec Avril

La finalisation de l’accord reste soumis à plusieurs conditions suspensives, notamment la validation de la cession par l’Etat (actionnaire minoirtaire de Suneor).

Suneor recevra un paiement en cash, ce qui lui permettra de réduire sa dette, mais aussi environ un tiers du capital de Copeol, qui sera rebaptisé selon nos informations Suneol.

Ce dernier sera numéro un de l’arachide au Sénégal, profitant à la fois de l’expérience du Groupe Avril en termes de gestion des filières paysannes (le Groupe Avril est une émanation du monde agricole français) et la connaissance du terrain africain amené par Advens, qui contrôle Geocoton, le numéro un du coton en Afrique francophone. Suneol comptera aussi à son tour de table le groupe Castel, déjà partenaire d’Avril dans Copeol.

Pas de plan social

« Il n’y aura pas de plan social, a expliqué auprès de Jeune Afrique une source proche du dossier. Au contraire, la cession des activités trituration permettra de conserver toutes les activités. » En grande difficulté financière fin 2013, Suneor avait à une époque envisagé de fermer ses activités de raffinage, une proposition rejetée par l’Etat. L’argent dégagé via la cession de l’activité trituration à Avril ainsi que de nouvelles taxes imposées sur l’importation d’huile de palme changent la donne.

Suneor entend d’ailleurs annoncer prochainement l’arrivée d’un autre partenaire stratégique pour la partie raffinage.

De quoi rassurer peut-être les travailleurs de l’usine Suneor de Diourbel, dans le centre du Sénégal, qui se sont mis en grève le 23 février pour protester contre la « balkanisation » de leur entreprise, selon l’Agence de presse sénégalaise.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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