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Les plus grosses acquisitions japonaises à l’étranger

Les plus grosses acquisitions japonaises à l’étranger

En proposant de verser 46 milliards de livres (52 milliards d’euros) pour racheter l’irlandais Shire, le laboratoire pharmaceutique Takeda est en passe de signer la plus grosse acquisition jamais réalisée par une entreprise japonaise.

Voici un florilège des autres opérations les plus notables:

La frénésie de SoftBank Group

Le géant des télécommunications, fondé et dirigé par Masayoshi Son, multiplie les acquisitions dans les nouvelles technologies.

En 2016, il s’est emparé pour 24,3 milliards de dollars du fabricant britannique de puces électroniques ARM Holdings.

Trois ans plus tôt, il déboursait 22 milliards de dollars pour racheter l’opérateur téléphonique américain Sprint, à présent en cours de fusion avec les activités américaines de T-Mobile.

La série avait débuté en 2006 avec l’acquisition de la filiale japonaise de services mobiles du britannique Vodafone, une opération de 13 milliards d’euros à l’époque qui a démultiplié les capacités financières du groupe.

Alcool et cigarettes

Les firmes de boissons japonaises, confrontées au déclin des ventes dans l’archipel, ont mis le cap sur l’étranger.

En 2014, Suntory Holdings avale le fabricant américain de bourbon Beam pour 16 milliards de dollars.

Deux ans plus tard, le brasseur Asahi Group achète les anciennes activités du britannique SABMiller en République Tchèque, Slovaquie, Pologne, Hongrie et Roumanie pour 7,3 milliards de dollars. Peu avant, il avait acquis un précédent lot (l’italien Peroni, le néerlandais Grolsch) pour 2,55 milliards d’euros.

Sur fond de baisse du nombre de fumeurs nippons, le numéro un des cigarettes Japan Tobacco s’empare des activités et des marques commerciales de R.J. Reynolds International, y compris les droits étrangers sur les marques de cigarettes Camel, Winston et Salem.

En 2015, il met la main sur la marque Natural American Spirit (RAI) hors des Etats-Unis, la payant 5 milliards de dollars au cigarettier Reynolds American.

Musique et cinéma

En 1989, profitant de sa notoriété et d’un yen fort, le fleuron de l’électronique Sony s’offre la maison de production américaine Columbia Pictures pour 3,4 milliards de dollars, toujours dans son giron aujourd’hui, même si ses performances pèsent sur les finances du japonais.

De la même façon, un an plus tard, « l’éternel rival » Matsushita Electric (devenu depuis Panasonic) débourse environ 6,6 milliards de dollars pour mettre la main sur le groupe de production audiovisuelle MCA (Music Corporation of America), incluant notamment les studios de cinéma Universal.

En 1995, il en revend 80% au groupe canadien Seagram pour 5,7 milliards de dollars et depuis 2006, il ne détient plus aucune participation dans le groupe.

Takeda déjà

Avant de jeter son dévolu sur l’irlandais Shire, le groupe japonais, qui cherche à devenir un des poids lourds de la pharmacie mondiale, avait payé 9,6 milliards de dollars pour acquérir le laboratoire suisse Nycomed.

Trois ans auparavant, il avait lancé une OPA sur la biotech spécialisée dans le cancer Millenium Parmaceuticals pour 8,8 milliards de dollars. Et l’an dernier, il a mis la main sur le laboratoire américain Ariad, spécialisé dans les thérapies de cancers pour 5,2 milliards de dollars.

Des déconvenues

Certaines transactions ont laissé un goût amer. Lorsque le conglomérat industriel Toshiba achète en 2006 le groupe nucléaire américain Westinghouse Electric Company pour plus de 4 milliards de dollars, il crée le deuxième concepteur mondial de centrales nucléaires. Mais cette opération a failli causer la perte du japonais, du fait d’une gestion défaillante au sein de Westinghouse qui a mésestimé les effets sur le secteur de la catastrophe de Fukushima en 2011.

Tombé en faillite, Westinghouse a été cédé à l’américain Brookfiels Business Partners pour 4,6 milliards de dollars.

Dans la téléphonie mobile, NTT Docomo avait connu plusieurs fiascos au début de la décennie sur des investissements de plus de 1.800 milliards de yens (14 milliards d’euros) dans divers opérateurs aux Etats-Unis (AT&T Wireless Services), en Europe (Hutchison 3G UK) et en Asie.

Fujifilm a quant à lui du mal à faire accepter son projet d’absorption de son partenaire Xerox, en raison de la fronde d’actionnaires du fabricant américain d’imprimantes.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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