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Les maliens du foyer Bara à Montreuil relogés dans les anciens locaux de l’AFPA

Les maliens du foyer Bara à Montreuil relogés dans les anciens locaux de l’AFPA

C’est une institution que ce foyer Bara à Montreuil. En Île-de-France comme au Mali. Né de la reconversion d’une ancienne usine de pianos dans les années 1960, le foyer Bara, résidence sociale qui accueille des travailleurs à « 80 % » maliens, figure parmi les plus anciens foyers de travailleurs migrants de la région.

À la pointe du mouvement de grèves des travailleurs migrants dans les années 1970, il est une destination prisée des élus, ceux de la région, mais aussi du pays d’origine de la majorité de ses occupants.

Ainsi, chefs d’État et/ou candidats à la présidence au Mali s’y sont déjà rendus. Espace au fort parfum et accent d’Afrique, le foyer Bara, membre du comité du quartier, est pleinement intégré à la vie montreuilloise et française. 

Les résidents du foyer Bara, qui avaient dénoncé leurs conditions de vie, ont été déplacés dans les anciens locaux de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes, ce mercredi matin.

Les résidents du foyer de travailleurs migrants Bara à Montreuil sont ce mercredi matin en train de s’installer, dans la même ville, dans les locaux vacants de l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes), propriété de l’État.

Patrice Bessac, le maire PCF de la commune, a réquisitionné ce mercredi matin à 5h45 les 1 500 m2 de ces locaux situés 13 place du Général de Gaulle. Vendredi matin, l’édile avait pris un arrêté « d’extrême urgence pour risque grave de sécurité » rendant le foyer Bara, rue Bara, officiellement inhabitable. Samedi 15 septembre, les résidents avaient organisé une journée portes ouvertes pour dénoncer leurs conditions de vie (fuites d’eau, sanitaires cassés, etc.).

Aucun site défini pour reloger les migrants
En 2013, un protocole signé avec la ministre du Logement de l’époque, Cécile Duflot, prévoyait pourtant la destruction et reconstruction complète du site abritant en 2018 plus de 250 personnes. Cette opération nécessiterait le relogement temporaire des locataires, mais pour l’instant aucun site n’a été défini.

La mairie avait proposé de les reloger dans les locaux de l’Afpa, mais l’État lui avait opposé une fin de non-recevoir. Le site devant notamment accueillir le nouveau tribunal administratif de Montreuil.

Mardi soir, le maire a été reçu par le préfet à ce sujet. « On lui a signifié que la situation ne serait pas réglée avant plusieurs mois, il a donc décidé de réquisitionner les locaux et a prévenu la préfecture dans la foulée », indique l’entourage de l’élu.

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