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Les Grecs disent «non» à l’austérité en plébiscitant Syriza

Alexis TsiprasLes Grecs ont délivré un message sans appel à l’UE en donnant une très large victoire à Syriza, le parti de la gauche radicale. Alexis Tsipras devrait devenir le premier dirigeant à rejeter la cure d’austérité depuis la crise.

«Le peuple grec a écrit l’Histoire» et «laisse l’austérité derrière lui», a déclaré ce dimanche 25 janvier M. Tsipras devant des milliers de personnes rassemblées sur l’esplanade de l’Université d’Athènes.

«Le verdict du peuple grec signifie la fin de la troïka», cette structure de supervision de l’économie grecque conduite par l’UE, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) et qui s’est engagée depuis 2010 à lui prêter quelque 240 milliards d’euros en échange d’une austérité drastique.

Il a indiqué qu’il négociera avec ses créanciers une «nouvelle solution viable» pour la Grèce et l’Europe. Il souhaite éviter la confrontation avec les partenaires de la Grèce.

Appel par le Premier ministre sortant

Le Premier ministre sortant Antonis Samaras a déjà reconnu sa défaite auprès de M. Tsipras. Les Grecs «ont parlé» et «nous respectons» leur décision, a-t-il ensuite indiqué.

«Je rends un pays, qui est en train de sortir de la crise, qui est membre de l’Union européenne et de la zone euro et j’espère que le prochain gouvernement va maintenir ces acquis», a-t-il souligné.

Selon des projections officielles, l’avance sur le parti Nouvelle Démocratie (ND) du Premier ministre Antonis Samaras, devrait s’établir à près de 9 points, au-delà des estimations des derniers jours. Avec de 149 à 151 sièges sur 300, Syriza pourrait même décrocher la majorité absolue au Parlement.

Et selon les premiers résultats partiels officiels, après dépouillement de près de 40 % des bulletins de vote, Syriza affiche une avance de plus de 7 points sur la ND. Le parti obtient 35,73 % des voix contre 28,48 % à la Nouvelle Démocratie. Les néonazis d’Aube dorée décrochent à ce stade la troisième place avec 6,39 % des suffrages. Les chiffres définitifs ne devaient pas être connus avant lundi matin.

Centaines d’Européens présents sur place

La victoire a été saluée par une explosion de joie au QG de campagne de Syriza, une tente dressée dans le centre-ville d’Athènes. Des centaines de personnes, venues de toute l’Europe, ont agité des drapeaux. Certaines pleuraient.

Le scrutin était attendu anxieusement par les partenaires européens d’Athènes. Ils sont inquiets de la volonté de Syriza de «fermement» renégocier l’énorme dette grecque et défier de manière inédite les programmes d’austérité imposée par l’Union européenne.

Salué par Iglesias ou Mélenchon

En Italie, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Sandro Gozi, a pris acte de la victoire de Syriza. «Nous pensons qu’après ce vote nous aurons de nouvelles opportunités pour poursuivre le changement en Europe en faveur de la croissance, des investissements et de la lutte contre le chômage».

Le succès de Syriza va donner en revanche un grand espoir aux autres formations de gauche radicale en Europe.

Avant la clôture du scrutin en Grèce, le dirigeant de Podemos en Espagne, Pablo Iglesias, avait lancé: «l’espoir arrive, la peur s’en va. Syriza, Podemos: nous vaincrons».

En France, le leader du parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a évoqué «une lame de fond», «une page nouvelle pour l’Europe». En Suisse, dans une lettre ouverte, La Gauche a félicité Syriza pour son succès.

Réunion de l’UE attendue

Le gouvernement de M. Samaras a été sanctionné pour avoir essayé de satisfaire au maximum les exigences de réformes de la troïka. La facture est lourde pour la population victime d’un taux de chômage à 25 % ou de réductions de salaires drastiques.

Alexis Tsipras veut notamment relever le salaire minimum. Il a lui déjà prévenu qu’il ne se contenterait pas d’un simple aménagement de la dette (175 % du PIB, plus de 300 milliards d’euros).

La président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, a exhorté Syriza à «ne pas faire de promesses illusoires» à ses concitoyens. Même si personne, pas même M. Tsipras, ne souhaite voir revenir le spectre du «Grexit», une sortie de la Grèce de la zone euro.

Lundi, une réunion des ministres des Finances de la zone euro est prévue à Bruxelles sur l’avenir du programme d’aide financière dont bénéficie Athènes.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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