Dakar-Echo

Le sit-in de l’opposition Sénégalaise dispersé par la police à Dakar

Le sit-in de l’opposition Sénégalaise dispersé par la police à Dakar

Le « Rassemblement Pacifique » du Front de Résistance Nationale (FRN), une coalition de l’opposition, devant le ministère de l’Intérieur, a été « interdit » par le préfet, selon l’opposition, qui a dénoncé « un arrêté illégal et anticonstitutionnel ». Un texte de 2011 interdit les manifestations dans ce périmètre à Dakar.

Les accès menant au ministère ont été fermés mardi après-midi par des barrages de la police anti-émeutes avant le début du rassemblement. La police a ensuite lancé des bombes lacrymogènes vers les manifestants, selon des journalistes de l’AFP.

Plusieurs responsables de l’opposition sénégalaise dont les députés Oumar Sarr et Mamadou Diop Decroix, ont été arrêtés par la police, a appris Dakarecho.com auprès de leurs entourages. Ils n’ont finalement été libérés que tôt ce matin du mercredi 5 septembre 2018.  

Le FRN a pris l’initiative de ce rassemblement pour « la confirmation des candidatures » à la présidentielle de 2019 de Karim Wade et de Khalifa Ababacar Sall, deux responsables de l’opposition dont la présentation à ce scrutin est menacée par des décisions de justice.

Karim Wade, ancien ministre et fils de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), a été radié des listes électorales en rapport avec sa condamnation en 2015 à six ans de prison pour enrichissement illicite. Ses recours devant la justice ont été rejetés.

Le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a été révoqué le 31 août par le président Macky Sall, au lendemain de sa condamnation en appel à cinq ans de prison pour escroquerie sur les deniers publics.

Le FRN réclame aussi « la mise en place d’une autorité indépendante pour organiser les élections » en 2019, à la place du ministère de l’Intérieur dont le chef, Ali Ngouye Ndiaye, membre du parti présidentiel, est accusé de partialité.

Il exige aussi « l’accès au fichier électoral pour tous » et le « retrait de la loi sur les parrainages », une nouvelle disposition visant, selon le gouvernement, à limiter le nombre de candidatures à la présidentielle pour une meilleure organisation.

Une centaine de prétendants se sont manifestés pour la présidentielle de 2019, dont le président Sall, élu en 2012 pour sept ans.

Des grenades lacrymogènes lancés aux journalistes

Les journalistes aussi ont eu leur part des grenades lacrymogènes hier lors du rassemblement interdit du Front National de Résistance (FNR).

Dans l’attente d’un leader osant braver l’interdit, les journalistes ont vu leur rassemblement dispersé par une grande lancée sous les instructions du commandant des forces de l’ordre.

Gêné par cet acte, un journaliste est allé se plaindre auprès d’un agent en civil qui a conduit notre confrère auprès du chef qui lui a présenté ses excuses.

Affligeant!
C’est le président Macky Sall qui nous la joue ainsi à ce jeu que l’on croyait banni. Il faut dire que c’est même devenu récurrent de voir des leaders politiques malmenés par des forces dites de l’ordre.

Une façon bête et méchante de les humilier. L’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye a déjà reçu sa raclée. Voir Mamadou Diop Decroix violenté devant son fils nous parait affligeant dans un pays qui a eu deux alternances pacifiques et qui a inscrit le droit à la marche dans sa Constitution.

Et c’est le même homme qui est aujourd’hui au pouvoir qui se désolait du non respect de ce droit qui figure en bonne place dans notre Constitution, hélas si chahutée par lui-même.

Les images qui circulent sur le Net du sit-in réprimé de l’opposition sont indignes de notre démocratie. Voir également certains considérer ce rassemblement comme un test grandeur nature pour l’opposition nous paraît aberrant dès lors que la volonté du pouvoir était de le réprimer plutôt que de l’autoriser comme cela se fait dans les grands pays de démocratie.

Surtout que l’opposition a déjà montré sa maturité au cours de multiples sorties sans casse dont l’avant-dernière avait été le véritable test grandeur nature.

A quelques mois de la présidentielle, tout concourt à présager de lendemains post électoraux incertains par la faute d’un homme qui veut rempiler, quitte à marcher sur des cadavres avec des méthodes dictatoriales plutôt que de favoriser le dialogue.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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