Dakar-Echo

Le Sénégal interdit la diffusion de  »Charlie Hebdo » et de  »Libération » de ce jour

macky_marche_de_parisLe ministre de l’Intérieur annonce l’interdiction au Sénégal de la distribution et de la diffusion ‘’par tout moyen’’ des éditions de mercredi de l’hebdomadaire français ‘’Charlie Hebdo’’ et du quotidien ‘’Libération’’ du même pays, dont les Unes comportent une caricature du prophète Mohammed (PSL).

‘’Il est interdit de distribuer et de diffuser, par tout moyen, les éditions de ce jour de l’hebdomadaire français « Charlie Hebdo » et du quotidien français « Libération », sur toute l’étendue du territoire national’’, indique un communiqué transmis à DakarEcho, précisant que ‘’les contrevenants s’exposent aux lois et règlements en vigueur’’.

Quelque 5 millions d’exemplaires de l’hebdomadaire ‘’Charlie Hebdo’’ ont été distribués mercredi dans plus de 20 pays, pour le premier numéro édité après la mort, le 7 janvier dernier, d’une partie de sa rédaction.

Causé par deux frères, cet événement a suscité de nombreuses condamnations à travers le monde et une marche à laquelle ont pris part, dimanche dernier à Paris, une cinquante de chefs d’Etat, dont le président sénégalais Macky Sall.

Le président sénégalais était de la partie avec les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, le béninois Boni Yayi, le togolais Faure Gnassingbé pour battre le pavé parisien. Il y avait aussi le Nigérien Mahamadou Issoufou, allié majeur de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans la libération d’otages français ces derniers mois.

Le Tchad et l’Algérie, autres partenaires de Paris dans cette guerre contre le jihadisme au Sahel, étaient pour leur part représentés par leur Premier ministre.

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La Une de Charlie Hebdo s’attire la colère du monde musulman

La Une du «Charlie des survivants» avec une caricature du prophète Mahomet provoque la colère dans plusieurs pays musulmans. Attendu dans le monde entier, épuisé dès 10 heures ce mercredi dans tous les points de vente de France, ce numéro est sorti une semaine après l’attentat dont sa rédaction a été victime.

Ce dessin représente un Mahomet la larme à l’oeil tenant une pancarte «Je suis Charlie». En fronton : «Tout est pardonné». «Pas sage», «insultante», «stupide», selon plusieurs autorités musulmanes. En Egypte, l’église copte orthodoxe condamne elle aussi ces dessins.

En France, dès mardi, les responsables de l’islam de France ont appelé au calme une opinion musulmane sous tension depuis les attaques jihadistes qui ont fait 17 morts en trois jours à Paris.

Représenter Mahomet, même s’il s’agit de le glorifier, est interdit en Islam par un «hadith» (paroles du Prophète rapportées par ses compagnons) du IXe siècle, et les moqueries le concernant sont jugées offensantes par la plupart des croyants.

En Turquie, un tribunal a ordonné le blocage des pages des sites Internet qui publient la Une du journal satirique, rapporte l’agence gouvernementale Anatolie. La décision de blocage a été prise par un tribunal de Diyarbakir (sud-est).

«Ceux qui méprisent les valeurs sacrées des musulmans en publiant des dessins représentant soit-disant notre prophète sont clairement coupables de provocation», a par ailleurs réagi sur Twitter l’un des vice-Premiers ministres du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara, Yalcin Akdogan.

Un journal d’opposition turc a bravé l’interdiction. Après un contrôle de police dans la nuit de mardi à mercredi, le quotidien Cumhuriyet (la République), ennemi juré du président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan, a distribué dans son édition du jour un encart de quatre pages en turc.

La direction de Cumhuriyet a longtemps hésité avant de braver ces interdits. Il a repris l’essentiel du nouveau numéro de Charlie Hebdo, sans reproduire, néanmoins, la Une. Mercredi, ses locaux à Istanbul et Ankara étaient sous surveillance policière.

Le mufti de Jérusalem : une «insulte» aux musulmans. Plus haute autorité religieuse dans les Territoires palestiniens, le grand mufti Mohammad Hussein dénonce «cette insulte (qui) a blessé les sentiments de près de deux milliards de musulmans dans le monde. Mais il «condamne les attaques contre les innocents et le terrorisme sous toutes ses formes. L’Islam proscrit l’usage de la violence contre des innocents, qu’ils soient musulmans ou pas».

En Egypte, Al-Azhar, principale autorité de l’islam sunnite, juge que ce nouveau dessin va «attiser la haine». «Il ne sert pas la coexistence pacifique entre les peuples et entrave l’intégration des musulmans dans les sociétés européennes et occidentales», ajoute Al-Azhar dans un communiqué, et appelle les musulmans à «ignorer» ces caricatures. L’instance représentant l’islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, qualifie la caricature de «provocation».

La condamnation du patriarche des Coptes orthodoxes d’Egypte. «L’insulte est refusée à n’importe quel niveau», a réagi de son côté Tawadros II, le patriarche des Coptes orthodoxes d’Egypte, la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient, lors d’une conférence de presse, en réponse à une question au sujet des dessins du journal français. «L’insulte sur le plan personnel entre les hommes est refusée, et quand elle concerne les religions, ce n’est ni humain, ni moral, ni socialement (acceptable) et cela ne contribue absolument pas à la paix mondiale», a-t-il ajouté.

Pour l’Union mondiale des oulémas musulmans, «il n’est ni raisonnable ni logique, ni sage de publier les dessins et les films offensant le prophète ou attaquant l’islam».

Cet organisme est basé au Qatar et présidé par le prédicateur Youssef al-Qaradaoui, considéré comme l’éminence grise des Frères musulmans. «Si on est d’accord que (les auteurs d’attentats) sont une minorité qui ne représente ni l’islam ni les musulmans, alors comment peut-on y répondre par des actes qui ne sont pas dirigés contre eux, mais contre le prophète vénéré par un milliard et demi de musulmans ?», s’interroge cet organisme. Et l’organisation d’estimer que cela «créera de nouveaux problèmes.»

L’Iran, où l’islam chiite est la religion officielle, condamne un «geste insultant». Le dessin «porte atteinte aux sentiments des musulmans» et «il peut relancer un cercle vicieux de terrorisme», a déclaré la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, condamnant par ailleurs «le terrorisme partout dans le monde». La veille, le site d’information iranien Tabnak (conservateur) avait aussi estimé que Charlie Hebdo «insultait de nouveau le prophète».

L’organisation terroriste Etat Islamique (EI) juge «extrêmement stupide» la publication de ces nouvelles caricatures. Amedy Coulibaly – qui a tué une policière et quatre otages dans un supermarché casher – s’est revendiqué de l’EI dans une vidéo posthume.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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