Dakar-Echo

Le Sénégal entre surendettement et déficit budgétaire

Le Sénégal entre surendettement et déficit budgétaire

La revue annuelle conjointe 2018 du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan a été validé hier vendredi 13 avril par les services dudit département.

A cet effet, des recommandations ont été formulées au nombre desquelles l’adoption des textes relatifs à la transposition des directives du cadre harmonisé des finances publiques; l’adoption des cinq projets de décret en vue de parachever la réforme de la Cour des comptes; le renforcement des capacités managériales axées sur les résultats et de conduite du changement; la promotion du suivi et de l’évaluation des activités au sein du ministère.

Les finances du Sénégal sont-elles bien tenues ou pas ? En tout état de cause, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En effet, le rapport de la revue annuelle sectorielle 2018 du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan (Mefp) a été validé hier vendredi 13 avril, à Dakar par les acteurs des services concernés.

LA DETTE GRIMPE DE 10%
Ainsi ledit rapport au compte de la dette publique à la date du 31 décembre 2017, l’encours de la dette publique est estimée à 5848,5 milliards F CFA (61, 24% du Pib) contre 5312,1 milliards (61,01% du Pib) en 2016, soit une hausse de 10%.
Cet endettement est composé 78% de dette extérieure et de 22% de dette intérieure.

DEFICIT BUDGETAIRE
Le déficit budgétaire, dons compris, est ressorti à 2,9% du Pib en 2017, contre 3,2% du Pib en 2016, soit une amélioration de 0,3% Pib base 2014, donnant des recettes totales de 2376,6 FCFA milliards contre des dépenses budgétaires de 2738,8 milliards, soit un déficit budgétaire de 362,2 milliards.

LE SURENDETTEMENT DU SENEGAL EST FAIBLE
Pourtant à la lecture de ces chiffres, le Comité national de la dette publique (Cndp) et le Fonds monétaire international (Fmi) ont soutenu que «le Sénégal présente un risque de surendettement faible». C’est la précision faite par Malick Cissé, planificateur et chef du bureau coordination et supervision de la Cellule de l’évaluation et de la performance au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.

GESTION DE LA MASSE SALARIALE
S’agissant des dépenses de personnel, au compte de l’année 2017, elles sont chiffrées 599,8 milliards de FCFA contre 563,62 milliards en 2016, soit 6,3%. A ce titre, la revue mentionne que les mesures, prévues depuis 2012, maintenues en 2017 ont données des satisfactions en terme de plafonnement des rappels, d’application des dispositions légales et règlementaires pour l’attribution des indemnités horaires pour travaux supplémentairesmaîtrise de l’intégration des corps émergents dans la fonction publique.

GESTION DES MARCHES PUBLICS
Selon M. Cissé, qui a commenté le document visionné sur une borne PowerPoint dira qu’«au terme de la gestion 2017, 4212 marchés ont été immatriculés pour un montant global de 1893 milliards de FCFA, contre 2326,6 milliards, une année auparavant. Soit une diminution de 433,6 milliards, en valeur absolue et -18,6% en valeur relative».

MISE EN ŒUVRE DES ODD
En 2017, «près de 77% des cibles Objectifs de développement durable (Odd) sont pris en compte dans la mise en œuvre du Pse, 61,5 % des indicateurs Odd sont pour le moment adéquats avec le système national de suivi des politiques publiques. Les indicateurs sociaux et économiques, sont les mieux renseignés avec respectivement des taux de 78,5% et 74,5%», indique le rapport.

PRODUCTION STATISTIQUES
Sur ce chapitre, d’importants efforts ont été consentis en 2017 donnant entre autres résultats: la publication des comptes nationaux trimestriels;le partage des résultats du projet de Rénovation des Comptes nationaux (Prcn) composé du Recensement général des Entreprises (Rge) et du Changement d’Année de Base des comptes nationaux, souligne la revue.

L’INFLATION PROJETEE A 2,2% EN 2018
S’agissant de la viabilité du cadre macroéconomique, le taux de croissance du Produit intérieur brute (Pib) réel est projeté à 7,0% contre 7,2% en 2017. Et pour ce qui est l’inflation mesurée par le déflateur du Pib, elle est projetée à 2,2% en 2018 contre 1,7% en 2017. De même pour ce qui est du déficit budgétaire qui devrait se situer à 3,5% contre une estimation de 2,9% du PIB en 2017.Une hausse du niveau général des prix (mesuré par l’Ihpc) de 1,3% en 2017 contre 0,8% en 2016.

PRESSION FISCALE
Le taux de pression fiscale est passé de 14,8% en 2017 contre 15,7% en 2016 soit une baisse de 0,9 %. Ceci a entrainé une progression de 3,0 % sur la mobilisation des recettes fiscales générant quelques 1844,9 milliards de FCFA en 2017, Contre1791,2 milliards en 2016.

Jean Pierre MALOU

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

Articles similaires

Laisser un commentaire