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Le SAES indigné par l’Honoris Causa décerné à Valérie Pécresse

Le SAES indigné par l’Honoris Causa décerné à Valérie Pécresse

valerie_pecresseLe Syndicat autonome de l’enseignement du supérieur (SAES) rouge de colère à la suite de la décision de l’UCAD de faire de Valérie Pécresse, docteur Honoris Causa.

«Alors que les vilénies déblatérées par un certain Nicolas Sarkozy à l’UCAD II, en juillet 2007, n’ont pas fini de hanter nos mémoires meurtries tant elles ont été mensongères, abjectes et insultantes pour l’Afrique et les Africains, voilà que les étudiants et les enseignants de l’UCAD sont conviés à une cérémonie, prévue le 06 mars 2015, qui compte consacrer Madame Valérie Pécresse, Docteur Honoris Causa de l’UCAD». Pour honorer Pécresse dont la leçon va porter sur : «L’Université, facteur de croissance et de développement», le SAES dit que «le Rectorat de l’UCAD a mis les petits plats dans les grands».

Seulement, s’interroge le SAES : «Qui est Valérie Pécresse ?» Au-delà d’être «Député des Yvelines et ancien Ministre des universités et de la recherche de France», le syndicat souligne que «Pécresse c’est l’ex-Ministre des universités et de la recherche de France qui a mené une réforme extrêmement controversée qui a plongé les universités françaises dans une ébullition jamais atteinte ; ébullition qui visait à terme l’évaporation de l’autonomie des enseignants et des chercheurs».

Seydi Ababacar Ndiaye et ses collègues enseignants, soulignent que «c’est sous le joug d’un certain nombre d’impératifs économiques que sa réforme dite Loi relative aux Libertés et responsabilités des universités (LRU) a consacré la précarisation de l’enseignement et de la recherche avec la multiplication exponentielle des précaires (Ater et post-docs) au détriment de vrais postes de titulaires».

Alors, ils disent ne pas comprendre pourquoi «piqué par on ne sait quelle mouche, l’UCAD a décidé d’honorer Mme Pécresse qui symbolise, plus que toute autre personne, la précarisation, la marchandisation et la privatisation des universités ainsi que la dégradation volontaire de l’autonomie des universitaires».

Le SAES s’interroge si le Rectorat «mesure le poids de ses responsabilités» et parle de «casus belli» aux gros risques «dans un contexte on ne peut plus délétère».

Les enseignants du supérieur ne manquent pas de dire leurs vérités à Pécresse estimant que «l’UCAD ne saurait être un laboratoire d’expérimentation de ses idées et que les universitaires sénégalais n’ont que faire de sa leçon : ‘L’Université, facteur de croissance et de développement’» !

Menaces
Ils renseignent que «les universitaires Sénégalais qui se rendent régulièrement en France, dans le cadre de voyages d’étude ou de colloques, constatent la clochardisation avancée des universités françaises, ce par la magie (maléfique) de ses idées lumineuses, promue par la LRU».

Le Saes interpelle aussi le ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, sur le fait que «le destin qui unit sa Loi cadre à la LRU de Pécresse est du même rapport que le destin qui unit un mauvais produit à sa contrefaçon : tôt ou tard tous deux se retrouveront à la poubelle !» Et pour finir, le SAES prévient le Rectorat qu’«il ne cédera pas à cette provocation inutile, puérile et ridicule».

Délocalisation
Restons avec le SAES pour dire que ses responsables vont tenir une conférence de presse, ce matin, à l’UCAD II où devait se tenir la cérémonie de remise du Honoris causa à Valérie Pécresse.

On conjugue au passé parce que la cérémonie n’y aura finalement pas lieu. Elle a été délocalisée à l’hôtel Terrou-bi. Et pour le Saes, c’est sa mobilisation qui a poussé le Rectorat à faire tenir la cérémonie hors de l’université

 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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