Dakar-Echo

Le SAES exige le retrait de la loi liberticide relatif aux universités publiques

saes_seydi_ababacar_ndiayeLe Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) exige le retrait de la loi n°18/2014 portant sur les universités publiques du Sénégal, notamment sur le statut, les missions et les principes d’organisation.

Face à la presse hier, lundi 12 janvier, les camarades de Seydi Ababacar Ndiaye, secrétaire général du Saes, qualifient de cette loi de liberticide tout en réaffirmant leur volonté de poursuivre le plan d’action déjà entamé avec un débrayage de soixante-douze heures et une marche pacifique demain mercredi.

«Le projet (de loi) n°18/2014 a été falsifié. Tous les textes régissant cette loi ne sont guère conformes à nos propositions. La composition des différentes instances de l’université foule au pied certains principes régis par les libertés académiques».

Tels sont les propos du secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), tenus hier, lundi 12 janvier. Face à la presse, les enseignants n’ont pas manqué d’afficher leur totale désapprobation de l’adoption de la loi n°18/2014 relative aux universités publiques.

Seydi Ababacar Ndiaye et ses camarades ne cautionnent guère cette loi déjà adoptée par l’Assemblée nationale. Ils trouvent inacceptable que «des gens issus du milieu socio-professionnelle soient nommés pour décider sur des questions pédagogiques.

Ce n’est pas cohérent. C’est une approche désaxée de l’université publique», a précisé M. Ndiaye. Avant de poursuivre: «il veut que les Recteurs soient assujettis au ministre. Il les manipule comme il veut. Aucune assemblée n’a donné le quitus à la loi».

Le chargé des revendications du bureau national de Saes va plus loin en soulignant que «le ministère de la Fonction publique ne doit en aucun cas s’immiscer dans les questions pédagogiques. Ce n’est pas cohérent que le recrutement du personnel enseignant se fasse par le Conseil d’administration», déplore-t-il.

Revenant sur le communiqué rendu public par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche évoquant la passivité des responsables du syndicat au sujet de la lettre qui leur a été adressé le 12 décembre 2014 relative à la reprise des négociations, le Saes parle de mensonge ministériel.

Yancouba Seydi est monté au créneau pour dire que «le communiqué est truffé de mensonges. La loi cadre proposée est loin des principes de l’autonomie. Toutes les assemblées de facultés ont rejeté cette loi. Le Sudes/Es est sorti pour dénoncer cette forfaiture».

Cette radicalisation du mouvement syndical face à la loi donne raison à un certain nombre d’acteurs universitaires qui avaient contesté en rédigeant une lettre ouverte au président de la République, Macky Sall.

Ainsi, l’agitation scolaire et universitaire relevée ces derniers temps avec le dépôt du préavis de grèves et la mise en application du plan d’actions du Saes risque de créer une vive tension qui est palpable depuis l’adoption du décret n°2013-1295 du 23 septembre 2013 et les arrêtés relatif à l’orientation et à l’inscription des bacheliers dans les universités et établissements publics d’enseignement supérieur.

Le ministre estime que le projet permettra d’harmoniser l’organisation et le fonctionnement des universités et de promouvoir un partenariat entre l’université et l’entreprise. En d’autres termes, il permettra de combler l’absence d’un cadre législatif et réglementaire unifié ayant entraîné des disparités et des incohérences dans la gouvernance institutionnelle et académique du système universitaire.

La loi stipule que l’administration de l’université comprend trois organes, notamment un Conseil d’administration choisis par le ministre, un Conseil académique et le recteur qui devient un organe.

Ce dernier, de nationalité sénégalaise, n’est plus élu, mais choisi par le ministre pour un mandat de 4 ans, renouvelable 1 fois.

Pour dire que l’avis des instances délibérantes de l’université ne compte plus. Des dispositions que le Saes réfutent pour, disent-ils, défendre l’autonomie des «universités mise à mal par la loi scélérate n°18/2014 votée le vendredi 26 décembre 2014».

Le Conseil syndical national, rappelons-le, a appelé ses militants à observer un débrayage les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 janvier 2015 à partir de 9 heures.

Le Saes invite également les militants et les amis de l’école publique sénégalaise à participer à la marche pacifique qu’il organise le mercredi 14 janvier 2015.

Le cortège partira, à 9 heures, du siège du Saes, sis au Camp Jérémy (face à la porte centrale du Coud) pour prendre fin devant le Rectorat de l’UCAD.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

Articles similaires

Laisser un commentaire