Dakar-Echo

Le président italien démissionne

napolitanoComme attendu, Giorgio Napolitano a quitté le palais du Quirinal mercredi, après neuf ans à la tête du pays. Son dernier souhait: que « le pays soit uni et serein ».

Il est redevenu un citoyen comme les autres. Mercredi 14 janvier, à 10h35, le président de la République italienne Giorgio Napolitano a signé sa lettre de démission.

Après presque neuf ans à la tête du pays, il a quitté autour de midi le palais présidentiel du Quirinal pour regagner son appartement privé à Rome.

Le départ de Napolitano, âgé de 89 ans, était attendu. Elu une première fois président de la Répulique en 2006, il avait accepté d’être réélu en 2013, faute d’accord entre les partis sur un successeur.

Il avait toutefois dès les débuts manifesté son intention d’abandonner ses fonctions bien avant la fin de son mandat en 2020, pour des raisons d’âge et de santé. Mardi, alors qu’il assistait à une cérémonie publique, à la question d’un enfant qui lui demandait s’il était content de « rentrer chez lui », Giorgio Napolitano avait d’ailleurs sincèrement répondu:

« Bien sûr que je suis content. Ici on est bien, tout est très beau, mais c’est un peu une prison. A la maison je serai bien et je me promenerai ».

Le premier ancien communiste élu au palais du Quirinal
Né à Naples en 1925, titulaire d’une maîtrise en droit, Giorgio Napolitano intègre dès 1942 un groupe de jeunes antifascistes. Il adhère ensuite en 1945 au Parti communiste italien, dont il sera l’un des acteurs de la réfondation dans les années 90.

Il est élu pour la première fois député en 1953 et est membre de 1989 à 1992, puis de 1999 à 2004, du Parlement européen. De 1992 à 1994, il est président de la Chambre des députés, puis, de 1996 à 1998, il est ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Prodi, se distinguant comme le premier titulaire de ce ministère issu des rangs communistes.

En 2006, il devient le premier ancien communiste élu au palais du Quirinal et, en 2013, le seul président de l’histoire de la République italienne à avoir été réélu à la fonction de chef de l’Etat. Il conférera la charge de former un nouveau gouvernement respectivement à Prodi en 2006 et à Berlusconi en 2008, puis à Monti en 2011, Letta en 2013 et Renzi en 2014).

Un voeu d’unité et de sérénité
Après avoir exercé pendant près d’une décennie son rôle présidentiel de garant de la stabilité constitutionnelle, avec un sens de l’équilibre unanimement salué (y compris par le New York Times en 2011), Giorgio Napolitano a tenu sa dernière rencontre avec Matteo Renzi lundi 12 janvier.

Son dernier souhait: que « le pays soit uni et serein ».

Une référence aux évènements tragiques qui ont frappé la semaine dernière Paris et l’Europe toute entière. mais aussi une mise en garde aux forces politiques qui doivent désormais élire son successeur.

La présidente de la Chambre des députés doit en effet convoquer dans les 15 jours l’assemblée des « grands électeurs » (députés, sénateurs et 58 représentants des régions) pour l’élection du nouveau chef de l’Etat, dont l’issue est très incertaine. Dans l’attente, les fonctions de chef de l’Etat seront exercées par le président du sénat, Pietro Grasso.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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