Dakar-Echo

Le front universitaire en surchauffe pour 72 heures

edu_ucad_ag_2L’espace universitaire est-il en passe de renouer avec ses récurrents mouvements d’humeur, grèves et débrayages qui font son quotidien depuis belle lurette ?

Tout porte à le croire, avec le débrayage de soixante-douze heures que les enseignants du supérieur entendent exécuter à partir de ce jour, lundi 12 janvier. Suffisant pour qu’on se demande si la pacification de l’espace universitaire pour l’année en cours, proclamée à cor et à cri par les pouvoirs publics, n’est tout simplement pas un vœu pieux !

C’est reparti pour les bisbilles dans l’enseignement supérieur mais cette fois, ce ne sont pas les étudiants qui sont les principaux acteurs du mouvement d’humeur qui va perturber les enseignements sur trois jours. Mais plutôt les enseignants qui ont décidé de paralyser les cours de lundi à mercredi.

À la suite de son Conseil syndical national tenu le samedi 10 janvier 2015 à Dakar, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a appelé en effet ses militants à observer un débrayage à partir de ce jour, lundi 12, et les deux jours suivants (mardi 13 et mercredi 14 janvier 2015) à partir de 9 heures.

Par ces actions, les enseignants du supérieur entendent, d’une part, informer l’opinion publique et, en particulier, les parents d’élèves et d’étudiants, sur les raisons profondes de la crise à l’Université et, d’autre part, défendre son autonomie sérieusement mise en mal par la loi N°18/2014 votée, le vendredi 26 décembre 2014.

Pour mener par ailleurs cette croisade contre la «violation de l’autonomie des universités », Seydi Ababacar Ndiaye, secrétaire général du Saes, et cie prévoient également l’organisation d’une conférence de presse, ce lundi, et une «marche pacifique » mercredi, à partir de 9 h.

La marche partira du siège du Saes, sis au Camp Jérémy (face à la porte centrale du Coud) pour arriver devant le Rectorat de l’UCAD.

De là à se demander si la volonté de pacification de l’espace universitaire, proclamée urbi et orbi, par les pouvoirs publics pour garantir l’année universitaire 2014-2015 de grandes perturbations, n’est pas un vœu pieux, il n(y a qu’un pas que certains analystes franchissent aisément.

Apparemment, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur ne s’est en rien engagé dans un quelconque « bail » ou autre compromis avec l’Etat pour préserver l’année académique de toute source de conflit. Une chose qu’avaient failli croire les parents gorgorlu d’étudiants, après la sortie du ministre de l’Economie Amadou Bâ, à l’occasion du vote de la seconde Lfr 2014, à l’Assemblée nationale.

L’argentier de l’Etat avait révélé en effet qu’en ayant procédé à la sécurisation des salaires des enseignants pour les douze mois à venir et à la mobilisation de 50 milliards pour le paiement des bourses, les pouvoirs publics avaient obtenu du SAES qu’il s’engage à leurs côtés pour pacifier l’espace universitaire sur l’année académique. Apparemment, les enseignants du supérieur ne l’entendaient pas de la même oreille.

Moctar DIENG

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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