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Le détournement du bus scolaire italien par Ousseynou Sy ouvre un débat sur la citoyenneté italienne

Le détournement du bus scolaire italien par Ousseynou Sy ouvre un débat sur la citoyenneté italienne

Le gouvernement populiste italien a appelé aujourd’hui à déchoir de sa nationalité le chauffeur qui a failli provoquer un carnage sur un bus scolaire, tout en se prononçant pour une naturalisation rapide des enfants ayant prévenu les secours.

«Nous ferons notre possible pour que ce type infâme soit déchu de la nationalité italienne», a déclaré Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et patron de l’extrême droite, à propos du chauffeur d’origine sénégalaise, naturalisé en 2004 à la suite de son mariage avec une Italienne.

Pendant une heure hier, il a barricadé et attaché la cinquantaine d’enfants qu’il devait ramener à leur collège, aspergeant d’essence l’intérieur du bus. Il y a ensuite mis le feu juste au moment où les carabiniers parvenaient à faire sortir les enfants. «Je pense que c’est un devoir de retirer immédiatement la citoyenneté à ce criminel», a renchéri Luigi Di Maio, patron du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème).

Le décret-loi voulu par Matteo Salvini et adopté à l’automne autorise la déchéance de nationalité pour toute personne naturalisée condamnée pour terrorisme, une mesure considérée par certains comme anticonstitutionnelle dans la mesure où elle créée une différence entre les Italiens de naissance et ceux naturalisés. Ousseynou Sy est pour l’instant inculpé de «prise d’otages, massacre et incendie», avec la circonstance aggravante de «terrorisme».

Parallèlement, les médias ont relevé que les deux enfants ayant appelé les secours n’étaient pas italiens: Ramy, 14 ans, est Egyptien et Adam, 13 ans, est Marocain. Tous deux sont nés en Italie, où le droit du sol n’existe pas. Ils doivent attendre leur majorité pour faire une demande de naturalisation. A moins de bénéficier d’un décret présidentiel pour «mérites spéciaux», sur proposition du gouvernement.

Luigi Di Maio a promis d’en parler au plus tôt avec le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, tandis que le ministère de l’Intérieur s’est dit prêt à prendre en charge les frais et à accélérer au maximum les démarches. Le droit du sol était une promesse du gouvernement précédent de centre-gauche, mais le projet avait été abandonné face aux réticences de ses alliés centristes à l’approche des élections et à l’opposition de la droite et de l’extrême droite. Aux journalistes qui lui demandaient aujourd’hui s’il se sentait italien, Ramy a répondu: «Si, moitié moitié».

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