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Le Congrès américain adopte le plan Biden de 1200 milliards de dollars sur les infrastructures

Le Congrès américain adopte le plan Biden de 1200 milliards de dollars sur les infrastructures

L’adoption de ce plan de 1.200 milliards de dollars est un demi-succès pour le président américain qui n’est pas parvenu à obtenir un vote vendredi sur le volet social et écologique.

Le Congrès américain a définitivement adopté vendredi soir le vaste plan d’investissements dans les infrastructures voulu par Joe Biden, une victoire obtenue dans la douleur par le président démocrate qui n’a pu convaincre les parlementaires de voter aussi le volet social et écologique de ses ambitieux projets de réformes.

Il fallait 218 voix aux démocrates pour faire adopter ce plan de 1.200 milliards de dollars destiné à moderniser les routes, les ponts, l’internet à haut débit et considéré comme l’un des plus ambitieux de l’histoire moderne américaine. Ils en ont obtenu 228 contre 206, grâce à l’apport de quelques voix républicaines, et l’approbation de la loi a été saluée par une salve d’applaudissements. Le président n’aura plus qu’à la signer pour qu’elle entre en vigueur.

La Chambre américaine des représentants s’était réunie dans la matinée avec un objectif clair: valider enfin les deux plans de Joe Biden, 3000 milliards de dépenses grâce auxquelles il promet de transformer l’Amérique. Dont un très volumineux volet social, prévoyant notamment l’école maternelle pour tous, une profonde amélioration de la couverture maladie et des investissements significatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre – une profonde redéfinition de l’État providence aux États-Unis.

Mais ce projet fait l’objet de tractations très difficiles au sein du parti démocrate, notamment entre l’aile gauche et le camp modéré, et son coût total a déjà été divisé par deux, raboté à 1750 milliards de dollars. Toute la journée, la présidente démocrate de la Chambre des représentants a tenté de mettre ses troupes en ordre de marche, et de susciter de l’enthousiasme pour les projets du président.

«Le programme que nous mettons en avant est novateur, historique, et c’est ce qui en fait un défi», avait-elle déclaré dans une lettre aux démocrates, comme pour expliquer ces querelles intestines entre élus du parti. Mais des négociations de dernière minute – des élus modérés exigeant des précisions de chiffrage sur ces dépenses coûteuses – ont fini par paralyser le processus et contraint les chefs au Congrès à repousser, une fois encore, la tenue d’un vote. Il est désormais attendu «avant la fête de Thanksgiving» selon Nancy Pelosi, soit avant le 25 novembre.

Manchin et son quasi droit de véto
En adoptant vendredi soir le seul programme d’infrastructures, les démocrates sauvent les meubles en dépit des profondes divisions qui traversent leur parti. Le président, confronté à une cote de popularité qui dégringole et affaibli par une défaite retentissante à une élection locale en Virginie cette semaine, avait grandement besoin de ce demi-succès.

Mais l’aile progressiste du parti démocrate avait prévenu à maintes reprises qu’elle ne soutiendrait pas ce texte sans une garantie du passage du volet social et climatique de Joe Biden. Quelques élus démocrates se sont ainsi joints aux républicains pour voter «non» à l’adoption du plan.

Déplacements de Biden au Capitole, petits-déjeuners avec des élus… La Maison Blanche s’évertue par tous les moyens à grappiller des soutiens. Car l’exécutif américain le répète à l’envi: les programmes de dépenses du président sont très populaires auprès des Américains, selon les sondages. Or les démocrates remettront en jeu dans un an leur étroite majorité au Congrès lors d’élections parlementaires de mi-mandat, toujours périlleuses pour les présidents en place.

Mais Joe Biden, qui a vanté durant la campagne présidentielle ses talents de négociateur du fait de sa longue carrière de sénateur, bute sur ces querelles intestines. Et le président n’est pas au bout de ses peines. Après avoir enfin obtenu le feu vert des élus à la Chambre, son grand volet social devra encore être approuvé au Sénat, où il risque d’être significativement retouché.

Son sort est plus particulièrement entre les mains d’un élu de Virginie-Occidentale, le sénateur Joe Manchin, qui dit craindre que le plan ne creuse davantage la dette publique et n’alimente l’inflation. Au vu de la très fine majorité démocrate au Sénat, il possède virtuellement un droit de veto sur le projet.

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