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Le bilan du naufrage du ferry en Tanzanie passe à 207 morts

Le bilan du naufrage du ferry en Tanzanie passe à 207 morts

Le bilan ne cesse de s’alourdir en Tanzanie. Au troisième jour de recherches sur le lac Victoria, ce sont désormais 207 vies perdues dans le naufrage du ferry MV Nyerere jeudi après-midi.

« Jusqu’à présent, le nombre de personnes qui ont perdu la vie est de 207 », a indiqué la radio, citant le ministre qui coordonne les opérations de recherches depuis vendredi. Le précédent bilan, communiqué à la mi-journée par un député local, faisait état de 170 morts et 41 survivants.

Après s’être interrompues pendant la nuit, les opérations avaient repris tôt ce matin autour de la coque qui affleurait encore à quelques dizaines de mètres au large de l’île d’Ukara, la destination finale du ferry, a annoncé ce samedi la télévision publique TBC One.

Surchargé de passagers et de marchandises, le MV Nyerere a chaviré jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres à peine de l’île d’Ukara. A l’approche du ponton, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire pour se préparer à débarquer. Ce mouvement semble avoir déséquilibré le bateau, qui s’est alors retourné.

Alors que la capacité du navire est de quelque 100 passagers, des témoins ont rapporté à la télévision publique qu’environ le double d’entre eux se trouvaient à bord du ferry, mais les autorités n’ont pas confirmé ce nombre. Les registres des passagers sont le plus souvent lacunaires sur les navires sillonnant le plus grand lac d’Afrique.

Tristesse et colère
Évoquant une « négligence », le président tanzanien John Magufuli a ordonné vendredi soir que « toutes les personnes impliquées dans la gestion du ferry » soient arrêtées. « Les responsables seront absolument punis », a-t-il promis.

Mais ses propos ne suffisent pas à calmer la tristesse et la colère. Car si la navigation peut être difficile sur le plus grand lac d’Afrique, où elle se fait souvent sur des navires vétustes, les autorités sont souvent peu regardantes sur la sécurité.

« Au premier jour, alors qu’il y avait encore l’espoir de retrouver des survivants, les opérations de sauvetage ont été suspendues pendant la soirée, à cause de l’obscurité (car) nos secours maritimes ne sont pas équipés pour travailler de nuit », s’est par exemple indigné Felician Tarimo, jeune étudiant de Moshi (nord). Et d’ironiser : « Comme si nos gouvernants s’attendaient à ce que les accidents aient lieu seulement le jour… »

Le président John Magufuli a décrété vendredi un deuil national de quatre jours.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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