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L’assassinat de l’Etudiant, l’expression d’une liberté menottée de l’université – Par Djiby Ndiaye UGB St Louis

L’assassinat de l’Etudiant, l’expression d’une liberté menottée de l’université – Par Djiby Ndiaye UGB St Louis

L’assassinat de l’Etudiant, l’expression d’une liberté menottée de l’université De toutes les époques, l’intelligentsia s’est résignée à dénoncer le contrôle direct des lieux de production du savoir et utiliser divers créneaux pour rendre audible le message.

La culture d’hostilité à l’égard des étudiants et des universitaires s’est construite depuis les années 1960 avec un refoulement de la situation des premiers – désespérée ou précaire – soumis à la pression sociale et l’inhibition de la créativité des enseignants ainsi qu’à la stérilisation de leurs performances par le gouvernement.

Malgré la démonstration du rôle de l’université dans la définition de l’intérêt social, la malédiction de l’oppression de la connaissance par certaines élites n’est pas exorcisée. Et maintenant, si le régime tue des étudiants pour des broutilles de bourses, la liberté à l’université est vraiment menottée au Sénégal.

La cause de cette situation réside dans la décadence morale des gouvernants actuels dont la principale activité consiste à piller nos trésors au moment où les universitaires, établis au Sénégal, endurent l’animosité, l’isolement et le ridicule. Plutôt que de s’insurger et de rompre avec de telles pratiques, le Président de la République semble faire l’apologie de ses attitudes qui dissuadent fortement les étudiants de croire à la possibilité du changement à opérer dans la conscience et de tracer les voies d’un avenir meilleur pour tous.

Le critère politique essentiel, pour ce régime, est la reproduction des schémas d’ignorance institutionnalisée par la négation des franchises universitaires indispensables à la démystification et la dénonciation des justifications égoïstes des choix politiques de l’Etat.

Le refus de responsabilité – qui est en même temps un refus d’aveu d’échec du recteur de l’UGB, des directeurs du CROUS de Saint Louis, des bourses, des ministres de l’enseignement supérieur et des finances dans la réponse à la demande d’une communauté estudiantine croissante et désespérée- se donne à voir lorsqu’il s’agit de justifier la cause des retards récurrents du paiement des bourses. Malheureusement, le danger de l’option répressive des ministres de l’intérieur et des forces armées n’est plus qu’évident.

Qu’est-ce qu’ils attendent pour rendre leurs démissions ? La question se pose sérieusement quand on sait que leur démission serait vue d’un bon œil. Les autorités associées à cette situation devraient, pour une fois dans leur vie, être conscientes de leur responsabilité historique. Certes, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre le niveau standard de la culture de la démission dans notre pays mais ceci ne saurait soustraire l’évidence susceptible de prouver les torts des autorités de ne pas partir.

Il ne saurait y avoir de changement là où des ministres transposent leur guerre de positionnement pour une future promotion sur l’avenir des étudiants. La liberté à l’université sert à préserver un havre idéal pour perpétuer les valeurs capables de transformer le Sénégal et profite ainsi à la société.

Il est alors urgent de reconnaitre que sa conception et son partage ne sauraient être menés à bien si des détachements de Police et de Gendarmerie sont installés devant chaque université.

Les activités de recherche, de découverte, d’invention des universitaires se heurtent à une restriction des capacités individuelles à penser, à s’exprimer, à élargir ses vues, à rechercher des preuves et à ses idées ou pensées. Cette atmosphère de l’université est non seulement étrangère mais clairement antinationale.

Nul doute que des recteurs deviennent des politiciens ou acceptent de perdre leurs statuts d’universitaires, temporairement et en attendant leurs limogeages pensent-ils, mais d’autres ont survécu à la tentation du décret. Lorsque les positions de pouvoir sont subtilement utilisées pour museler des chercheurs, la liberté à l’université se trouve compromise.

Le Président de la République doit soutenir et faire observer les valeurs que ses ministres tendent à négliger notamment le sens de la responsabilité et l’humanité.

C’est surtout en veillant sur ces valeurs comme points de référence qu’il arrivera à recouvrer le soutien et la confiance de l’université afin de relever les défis sous-jacents à la recherche de solution aux problèmes du Sénégal au cas où il s’y intéresse encore. Au cas contraire, la riposte coordonnée des étudiants et universitaires vis-à-vis de la situation ne sera pas une épée de Damoclès qui glane sur sa gouvernance entachée par des centaines de revers mais une grenade dégoupillée sur la stabilité politique du Sénégal.

Nous manifestons notre consternation totale devant cette situation et présentons nos condoléances les plus émues à l’ensemble de la communauté universitaire ainsi qu’à la famille éplorée. Espérant que l’autorité prendra les dispositions nécessaires pour restaurer la liberté à l’université afin qu’il n’y ait plus de mort d’étudiant pour des questions de bourses.

Djiby NDIAYE Doctorant à l’UGB/Saint Louis

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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