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L’Asean note des menaces jihadistes « très réelles » en Asie du Sud Est

L’Asean note des menaces jihadistes « très réelles » en Asie du Sud Est

Singapour – L’Asie du sud-est est confrontée à des menaces « très réelles » du groupe jihadiste Etat islamique (EI) malgré sa défaite au Moyen Orient, ainsi que de cyberattaques, a averti samedi le Premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong lors d’un sommet de l’Asean.

M. Lee a également mis en garde contre le protectionnisme économique et jugé « préoccupantes » les tensions commerciales entre Etats-Unis et Chine. Dans leur communiqué final, les dirigeants de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est se sont engagés à intensifier les efforts pour finaliser les pourparlers en vue d’un Partenariat économique intégral régional (RCEP) et à combattre « une marée montante de protectionnisme ».

Soutenu par Pékin, ce partenariat est censé regrouper les dix pays de l’Asean et leurs partenaires régionaux (Chine, Japon, Australie, Inde, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande).

Pour montrer leur détermination à combattre le terrorisme, les dirigeants de l’Asean ont également convenu de lancer des négociations sur un traité d’extradition entre leurs pays –Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam– pour lequel un projet a déjà été établi.

Certains pays de l’Asean, qui regroupe au total quelque 650 millions d’habitants, sont confrontés de longue date avec l’islamisme et des groupes extrémistes qui ont été revigorés par l’émergence de l’EI.

« L’Asie du sud-est est en paix, mais ces menaces sont très réelles », a déclaré M. Lee à l’ouverture du 32e sommet de l’Asean. « Nous devons résister tant aux menaces classiques qu’aux menaces non-conventionnelles comme le terrorisme ou les cyberattaques ».

A l’issue du sommet, M. Lee a expliqué devant la presse que « nous devons maintenant simplement formaliser (le projet) et commencer à négocier un véritable traité d’extradition de l’Asean ».

Selon lui, « cela ne devrait pas prendre très longtemps ».

Cybersécurité

L’EI a revendiqué ses premières attaques en Asie du sud-est en 2016 avec des attentats à Jakarta (4 morts). En 2017 aux Philippines, des militants ayant fait allégeance au groupe jihadiste s’étaient emparés de la ville de Marawi, reprise par les autorités après des mois de combats meurtriers.

Parallèlement, les craintes de cyberattaques s’accroissent dans cette région à l’économie florissante où les technologies numériques ont une emprise croissante sur la vie quotidienne.

Vendredi soir, lors d’un dîner de travail avant l’ouverture formelle du sommet, les dirigeants de l’Asean ont décidé d’intensifier leur coordination en matière de cybersécurité.

Les menaces protectionnistes ont poussé M. Lee à plaider pour un renforcement de l’intégration des économies et de la coopération au sein de l’Asean, fondée en 1967.

« Individuellement, les pays membres de l’Asean auront du mal à avoir beaucoup d’influence », a-t-il observé samedi à l’ouverture du sommet. « Mais lorsque nous parlons d’une seule voix pour l’Asean, nous pouvons être efficaces ».

« L’humeur politique dans de nombreux pays a évolué pour s’opposer au libre échange, a-t-il encore noté. « En particulier, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont préoccupantes ».

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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