Dakar-Echo

Lamine Cissokho: une palette de couleurs musicales

Kora_Lamine_CissokhoLe joueur de kora sénégalais Lamine Cissokho est le lauréat de l’année 2014 du Prix LKD Musiques pour la promotion de la kora, apprend-on d’un communiqué dont nous avons reçu copie.

L’artiste décroche ainsi la première place, juste devant son compatriote Youssouph Koutoudio. Lui succèdent entre autres le gambien Jalimansa Kuyateh et le sénégalais Mamadou Dramé, qui occupent respectivement les troisième et quatrième place.

Le Prix LKD, toujours selon le communiqué, est une « distinction indépendante et symbolique » qui récompense un joueur de kora de l’espace sénégambien.

Fin 2014, Lamine Cissokho mettait sur le marché un single composé de deux titres : «Sama» et «Retourne-toi», et il a eu raison… Puisque c’est la chanson «Retourne-toi» qui lui a valu cette récompense.

Installé en Suède, l’artiste sénégalais songe à son prochain album qu’il prépare déjà. La sortie de cet opus est prévue pour ce mois de février 2015. Un album plus acoustique, avec la rencontre métissée de la kora avec des instruments comme la contrebasse et la clarinette.

Le Prix LKD porte les initiales d’un des maîtres de la kora, Lalo Kéba Dramé. Originaire de la Gambie, c’est en adaptant la kora au «djembéseng», ces « rythmes mandingues très entraînants que donne le djembé », qu’il devient célèbre. Une originalité qui introduit une certaine révolution dans l’univers de la kora.

Lui qui avait commencé en animant des cérémonies familiales comme les mariages ou les baptêmes, se construit, dès 1967, une notoriété internationale. Mais en 1974, le virtuose disparaissait « tragiquement ».

Lamine Cissokho, le lauréat du Prix LKD Musique pour la promotion de la kora, a de qui tenir. De son grand-oncle Lalo Kéba Dramé, il tient sans doute son goût pour les mélanges. Entre la Casamance et la Suède, la kora et le violon, il joue, tente, associe…Et aucune corde ne lui résiste.

Lamine Cissokho ne se contente pas de taquiner les cordes de sa kora. Il est auteur, compositeur et arrangeur. C’est en 1971 qu’il voit le jour, il y a donc un peu plus d’une quarantaine d’années. Sa naissance en Casamance, au sud du Sénégal, le prédestine à une forme de mixité à la fois culturelle et musicale. Dans la famille Cissokho, on est griots mandingues depuis le 14ème siècle.

Lamine lui, apprend toutes les ficelles du métier auprès de son père Sana Cissokho, qui est lui-même un maître de l’instrument. Sa mère, quant à elle est la chanteuse professionnelle casamançaise Fatoumata Dramé. A la maison, il y a aussi un autre virtuose, le fameux Lalo Kéba Dramé qui est le grand-oncle de Lamine Cissokho. Mais même s’il est aussi bien entouré, le jeune artiste quitte un jour la cour familiale.

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Et le voilà qui s’envole pour la Suède, où son répertoire traditionnel rencontre celui des Spelmän, joueurs de musique folklorique suédoise, qui eux aussi sont porteurs d’un “héritage ancestral”. Entre la kora et le violon, c’est une histoire de cordes…Et l’artiste n’a pas peur des mélanges.

Quatre ans plus tard, en 2005, il n’est déjà plus seul puisqu’il est désormais membre d’un trio qui se fait appeler Namo. Aux côtés de Lamine Cissokho, il y a la violoniste suédoise Maria Jonsson et le guitariste anglais Ian Carr.

Entre-temps, le joueur de kora sénégalais rencontre Ale Möller, chef d’orchestre, soliste et musicien multi-instrumental suédois. Les deux hommes partageront la même scène à Stockholm et se produiront même devant le roi de Suède.

En 2011, Lamine Cissokho se rend en Autriche où il enregistre son premier album. Intitulé “Pakao”. L’opus de 13 titres, comme son som l’indique, est un hommage au village de ses ancêtres, sur des notes entre l’afro jazz, la pop et le jazz. Et l’année d’après, il organisera en Casamance une résidence artistique qui réunit le groupe suédois “World Fusion Collective” ainsi que de jeunes talents sénégalais.

De lui, Toumani Diabaté, musicien malien dont on dit aussi qu’il est l’un des plus grands joueurs de kora, dit qu’il est le “maître suédois de l’instrument”.

Lamine Cissokho, lui, est toujours prêt pour les rencontres et le métissage. Car comme il dit, la musique n’a pas de frontières, et l’artiste qu’il est, aime jouer à saute-mouton entre les styles.

Théodora SY SAMBOU

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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