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La Sénégalaise Fabienne Kabou qui avait abandonné sa fille sur la plage de Berck parle d’offrande à Mami Wata

La Sénégalaise Fabienne Kabou qui avait abandonné sa fille sur la plage de Berck parle d’offrande à Mami Wata

fabienne_kabouFabienne Kabou, qui a abandonné sa fille de 15 mois sur la plage de Berck (Pas-de-Calais) en novembre 2013, souffre d’une pathologie psychiatrique. Elle risque la perpétuité.

Les experts estiment que Fabienne Kabou, la mère infanticide qui a abandonné sa fillette sur la plage de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) en novembre 2013, souffrirait d’une pathologie psychiatrique, selon une information du Parisien.

Dans un rapport qui a enrichi le dossier d’instruction, les médecins concluent qu’elle souffre d’un délire paranoïaque mais qu’elle est néanmoins en mesure d’être jugée pour l’assassinat de sa fille.

Une première expertise psychiatrique avait déjà conclu l’an dernier qu’une altération du discernement de la maman de 37 ans, d’origine sénégalaise, était à l’origine de son acte.

Considérant qu’elle ne souffrait toutefois d’aucune pathologie mentale et psychique, les médecins avaient déduit qu’elle était en fait sous «influence culturelle». Le père du bébé, Michel, qui s’est porté partie civile dans cette affaire, avait lui-même adhéré à cette thèse, évoquant la légende du royaume de «Mami Wata».

Fabienne Kabou aurait laissé sa fillette se faire emporter par la marée en guise d’offrande à Mami Wata, une divinité aquatique dans certaines régions d’Afrique.

Responsabilité pénale de la mère engagée

Dans le dernier rapport, les psychiatres évoquent un «délire en secteur». Selon eux, un seul segment du psychisme de Fabienne Kabou pourrait être atteint alors que tout le reste fonctionnerait normalement.

Dotée d’une personnalité extrêmement complexe, d’un quotient intellectuel élevé et d’une solide culture générale (elle travaillait sur une thèse en philosophie), elle souffrirait bien d’une pathologie psychiatrique, s’apparentant à un délire paranoïaque.

«Elle ne cesse de chercher des réponses à son acte»
Ces troubles ne sont toutefois pas suffisants, au regard des médecins, pour remettre en cause la responsabilité pénale de la mère. Ainsi, elle encourt la perpétuité et devrait comparaître devant une cour d’assises, sans doute au début de l’année prochaine.

Pour son avocate, Maître Roy-Nanson, Fabienne Kabou souhaite d’ailleurs être jugée pour ce qu’elle a fait. «La mère d’Adélaïde ne se cherche pas d’excuses, elle ne se défile pas, elle conçoit l’atrocité de son geste», avait-elle déclaré en décembre dernier, précisant qu’«elle [Fabienne Kabou] est dans une logique qui nous échappe, parallèle à la nôtre. C’est un personnage très particulier», avait-elle insisté.

Actuellement emprisonnée à la maison d’arrêt de Sequedin (Nord), Fabienne Kabou est décrite par son avocate comme une détenue modèle qui passe beaucoup de temps à s’interroger sur elle-même. «Elle ne cesse de chercher des réponses à son acte», souligne-t-elle.

Une vie quasi clandestine

Née à Saint-Mandé (Val-de-Marne) le 9 août 2012, Adélaïde n’avait jamais été inscrite à l’état civil. À l’époque, Fabienne partageait sa vie avec Michel, un homme de 27 ans son aîné, et n’avait pas révélé l’existence de son enfant à sa mère.

De son côté, Michel n’avait rien dit non plus à son ancienne épouse et à sa première fille. En l’absence de tout document légal, il avait fallu des tests ADN pour établir avec certitude qu’il était bien le père de l’enfant.

Adélaïde a été retrouvée noyée par des pêcheurs de crevettes sur la plage de Berck le 20 novembre 2013. Pour «expliquer» son geste, Fabienne Kabou avait mis en avant des «difficultés dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple».

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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