Dakar-Echo

La migration Africaine vers l’Europe, un mauvais rêve?

La migration Africaine vers l’Europe, un mauvais rêve?

pirogue_migrantsCes dernières années les mouvements migratoires se sont intensifiés, les candidats au départ se comptent par centaines de milliers. Ils sont prêts à risquer gros pour fuir les violences politiques ou la misère

Au cours de la dernière décennie, plus de 60 000 Sénégalais ont tenté la grande traversée, relève la Süddeutsche Zeitung. Et un sur dix n’est pas arrivé vivant sur les côtes européennes de la Méditerranée. L’éditorialiste évoque le cas d’Ibou, un jeune Sénégalais de Ngor au nord de Dakar qui a vécu en clandestin en Espagne …

Autrefois Ivo rêvait d’avoir sa propre maison et une voiture. Il avait adopté le slogan des émigrants « Barca wala Barsax » (Barcelone ou la mort). Aujourd’hui il a perdu ses illusions : « L‘Europe est morte. » C’est l’un des slogans d’un mouvement contre la migration illégale et qui prend de l’ampleur.

Au Sénégal, des rappeurs, des militants pour les droits civiques et des initiatives de mères et de femmes de migrants disparus en mer sur leurs embarcations de fortune organisent des concerts Hip-hop et des projections de films. Des images et des chants qui impressionnent les gens et font réfléchir.

Des films tels que « La Pirogue » de Moussa Touré ou „Le cri de la mer , un documentaire de la Sénégalaise Aicha Thiam, qui montre le combat d’une mère qui a perdu son fils unique dans une pirogue en partance pour les îles Canaries, ont été diffusés à plusieurs reprises à la télévision sénégalaise . Depuis les blessures qu’inflige la migration à la société sénégalaise font l’objet d’un large débat dans le pays.

La Süddeutsche cite Aicha Thiam: »Les élites corrompues ici sont satisfaites quand les jeunes mécontents partent. Car, celui qui émigre ne se révolte pas !  » Quand en 2012, l’ex-président Wade 2012 s’était porté candidat pour un 3ème mandat, pourtant interdit par la constitution, il y a eu des batailles de rue avec plusieurs morts.

Et soudain des jeunes qui, peu de temps avant ne voyaient pas d’autre issue que de partir en mer vers l’Europe, scandaient « Y’en a marre ! » Le début d’un mouvement de protestation démocratique né dans la rue, et qui même après le départ de Wade , reste présent comme parti d’opposition extra -parlementaire.

La naissance aussi d’un nouveau type de Sénégalais, critique envers la corruption et la mauvaise gouvernance, mais aussi auto -critique, prêt à prendre ses responsabilités et à exiger la tenue de promesses politiques…

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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