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La low cost islandaise Wow Air, en faillite, arrête tous ses vols

La low cost islandaise Wow Air, en faillite, arrête tous ses vols

Wow Air était l’un des pionniers européens des vols transatlantiques à prix cassés, avec près de 3 millions de passagers transportés l’an dernier.

Fin de l’histoire pour Wow Air. Après huit ans d’existence, la low cost islandaise a annoncé, ce jeudi matin, la fin de ses activités. Plus tôt dans la journée, elle avait déjà fait savoir qu’elle arrêtait tous ses vols, dans l’attente d’un communiqué. « Les passagers sont avisés d’aller chercher des places disponibles sur d’autres compagnies », indique son site. Aucune compensation ni solution alternative ne sont proposées dans l’immédiat.

2,8 millions de passagers en 2017

Créée de toutes pièces en 2011 par un homme d’affaires islandais issu de la « high tech », Skulli Mogensen, Wow Air s’était fait connaître comme l’une des premières compagnies à offrir des vols bon marché transatlantiques, à moins de 300 euros l’aller-retour, via sa base de Reykjavik, avec des Airbus A320, appareils moyen-courriers mono couloirs.

En quelques années, Wow Air a ainsi ouvert une dizaine de destinations aux Etats-Unis. Une stratégie qui, associée à l’attractivité touristique de l’Islande, lui a permis de transporter 2,8 millions de passagers en 2017 , dont 60 % effectuant des vols transatlantiques et 280.000 au départ ou à destination de la France.

Un modèle fragile

Mais depuis plusieurs mois, les difficultés de Wow Air et ses différentes tentatives pour attirer des investisseurs défrayaient la chronique, laissant augurer d’une issue fatale. La forte augmentation du prix du pétrole, associée à une concurrence grandissante sur les lignes transatlantiques et à des investissements mal maîtrisés, avaient montré les limites du modèle, comme pour plusieurs low cost européennes avant elle . Wow air opère une flotte de 16 Airbus, dont trois A330.

La quête d’un repreneur

Le PDG-fondateur de Wow Air avait alors cherché son salut auprès de son principal concurrent Icelandair. Mais les discussions avaient tourné court. Puis il avait tenté de séduire le fonds d’investissement américain Indigo Partners, déjà présent dans plusieurs compagnies low cost des deux côtés de l’Atlantique (Frontier Airlines aux Etats-Unis, Volaris au Mexique, Jetsmart en Amérique du Sud et Wizz Air en Europe). Là encore, les discussions ont fait long feu. La semaine dernière, Wow Air avait alors effectué une dernière tentative auprès d’Icelandair. Sans plus de succès que la première fois.

Quid de Norwegian ?

Après ce nouveau dépôt de bilan d’une compagnie low cost européenne, tous les regards sont désormais tournés vers Norwegian, la plus emblématique des low cost long-courriers, elle aussi en difficulté. L’intervention de la principale banque publique de Norvège lui a probablement permis d’éviter la panne de trésorerie en ce début d’année. Mais Norwegian doit désormais faire face aux conséquences, difficiles à estimer, de l’interdiction des vols en Boeing 737 Max, dont elle est le premier client en Europe et qui devait lui permettre de réduire ses coûts sur certaines liaisons transatlantiques.

Bruno Trévidic

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