Dakar-Echo

La grande distribution au Sénégal: pari presque gagné par Auchan, Carrefour….

La grande distribution au Sénégal: pari presque gagné par Auchan, Carrefour….

Après avoir perdu des parts de marché en Europe en circuit grande distribution (Gms) au profit du Drive et des plateformes e-marché Auchan, et Carrefour, des multinationales françaises, respectivement 13ème et 6ème distributeurs alimentaires mondiaux, se ruent au Sénégal et semblent trouver acquéreurs auprès des consommateurs. Et ce, pour plusieurs raisons liées au prix, à la qualité de service, à la qualité des produits ainsi que leur disponibilité entre autres avantages évoquées dans ce dossier.

La grande distribution française semble marquer des points sur le marché Sénégalais. Un tour effectué dans ces grandes et moyennes surfaces que sont : Casino, Auchan, Utile, Carrefour…laissent entrevoir ce qui ressemble à une grande fréquentation des consommateurs.

Mr Thiam, rencontré à Utile Castor déclare : « Je viens ici cherche des produits bio qui sont de très bonne qualité mais pas forcément chers. Ils ont la réputation d’être plus chers mais en réalité ce n’est pas forcément le cas ». Il poursuit : « Aujourd’hui, on trouve de plus en plus de grandes surfaces de distribution à Dakar. Ce qui n’est mal. Mais ma préférence c’est de voir les Sénégalais dans ce secteur porteur de croissance. Ils sont nombreux à investir dans l’immobilier, mais ce secteur ne crée pas de l’emploi. Et donc, pas de richesse comme celui de la distribution».

Christelle Havin, française trouvée à Auchan Castor apprécie le changement en ces termes : « J’étais là, il y a 15 ans mais j‘avoue qu’il n’ y avait comme grandes surfaces de distribution que Casino, Supermarché. Aujourd’hui, la donne a changé. Il y a Auchan, Utile, Carrefour à côté de Casino, Supermarché, Atac, …Je trouve que c’est bien. D’abord, vous trouvez tout ce dont vous avez besoin sur place. Les prix bien étiquetés sur les produits. Le cadre attrayant, la qualité de service satisfaisante, donc, moi ça me ramène à Paris». Mieux ajoute-t-elle : «Aujourd’hui, les gens n’ont pas assez de temps. Donc, il est préférable d’aller dans ces grandes surfaces de distribution faire des achats pour toute la semaine, voire plus…».

Elle poursuit : «J’entends certains dire que les étrangers nous envahissent. Mais non! Moi, je suis française et j’achète des produits Sénégalais comme le riz de la vallée que j’aime beaucoup, de l’Oseille de Guinée communément appelé Bissap et autres produits naturels. Seulement avec ces grandes surfaces de distribution, les produits sont bien emballés, étiquetés et conservés…».

Ibrahima Fall, habitant de Point E, la trentaine révolue, habillé décontracté, et jadis client à Auchan, aujourd’hui acheteur à Carrefour dit ceci: «J’ai toujours fais mes achats à Auchan, parce que la qualité des produits, de prix et le cadre est compétitif et attrayant. Aujourd’hui Carrefour est à quelques longueurs de mètres de chez moi et propose la même offre, voire meilleure pour le moment. Donc, je m’y rends tous les deux jours, voire moins selon les circonstances pour faire des achats». A Casino Sicap Liberté, madame Diop, accompagnée de son mari et enfants déclare: «J’aime faire le shoping avec ma famille. Et ici, c’est vraiment l’endroit idéal pour faire des achats, en compagnie de mon mari et enfants. C’est vraiment propre, l’agencement des rayons est correct. Il n’y pas de bousculade, on paie par carte bancaire ou en monnaie…».

Bacary Fabouré, jeune marié, commerçant de profession, apprécie positivement la présence de ces grandes surfaces de distribution. «Chaque fin du mois, j’y vais pour me ravitailler et régulièrement les week-ends au besoin. En tant du secteur, j’apprécie positivement aussi bien les produits, les prix et la qualité de service. Mieux encore, puisque je travaille tous les jours, je n’ai que les dimanches pour me reposer. Et j’en profite pour faire des achats à Auchan non loin de chez moi, à Grand Yoff»

PAPA SAMBA DIOUF, CHARGE DE COMMUNICATION EXTERNE AUCHAN SENEGAL : «En impôts, nous avons versé à l’Etat 5,7 milliards FCFA en 2018»

Implanté au Sénégal en 2014, Auchan compte aujourd’hui «28 magasins de proximité et participe grandement au développement d’un commerce moderne et pas cher », informe Papa Samba Diouf, chargé de communication externe à Auchan Sénégal. «Nous aurons investi plus de 65 milliards de FCFA en 5 ans au Sénégal », a-t-il précisé d’emblée. En termes de contribution à l’économie nationale, il dira: « En 2018, nous nous sommes acquittés de plus de 5.7 milliards de FCFA au titre des impôts, droits et taxes exigibles…». Pour ce qui est de l’emploi, il fait savoir ceci: « Nous collaborons actuellement avec plus de 335 fournisseurs sénégalais. A titre d’exemples, 100% de la viande, du poulet et du poisson, 90 % des légumes vendus dans nos magasins sont achetés à des exploitants sénégalais ». Toutefois, tient-il à préciser: « Certaines catégories de produits ne sont pas encore fabriquées au Sénégal et notre objectif est d’atteindre ⅔ de nos gammes issues de la production locale. Nous sommes en bonne voie, en partenariat avec nos fournisseurs et les institutionnels. Ce qui permet l’émergence de nouveaux acteurs sur ces catégories ».

Plus de 1 500 emplois stables à ce jour

Au sujet de la promotion de l’emploi, il avance : «Nous avons créé plus de 1 500 emplois stables aujourd’hui occupés par des Sénégalais, soit 99% de l’effectif». Se projetant dans l’avenir, déclare: «Notre objectif est de créer 5 000 emplois dans le pays dans les années à venir». S’y ajoute poursuit-il: «Des emplois induits en développant avec nos partenaires des relations durables qui leur permettent de développer leurs activités et de créer des emplois. Nous avons aussi créé, avec SupDeco Dakar, la première formation en alternance du pays avec prise en charge des études à 100%. Cette démarche donne un accès à la formation à tous les Sénégalais et permet à nos collaborateurs en interne de pouvoir évoluer ».

Au sujet des prix jugés ‘’abordables’’, il renseigne: «Il s’agit d’un apprentissage aux métiers du commerce et de la distribution. Nous pratiquons des prix accessibles à tous les Sénégalais. Notre capacité d’achat et la diminution des intermédiaires qui rapprochent le producteur et le consommateur nous permettent de pratiquer des prix accessibles à tous. Nos prix sont stables et ne fluctuent pas en fonction des pics de consommation. Aucune spéculation à l’approche des périodes de fêtes grâce à notre approche de partenariat avec des producteurs qui ne modifient pas leurs prix lors de ces périodes de forte consommation. Dans le respect de la loi sénégalaise, et pour accompagner la pérennité économique de nos fournisseurs, nous ne vendons aucun produit en dessous de son coût d’achat ».

Abordant la question de l’extension de son réseau, il affirme : «Nous comptons poursuivre notre politique d’investissement et d’expansion en allant dans d’autres régions du Sénégal. Tout dans le but de répondre aux attentes croissantes des consommateurs où qu’ils soient ». Nous sommes en bonne voie, en partenariat avec nos fournisseurs et les institutionnels; ce qui permet l’émergence de nouveaux acteurs sur ces catégories. Il y a plus d’une centaine de produits locaux dans nos rayons. Et cela est vérifiable dans nos magasins ».

JEAN-CHRISTOPHE BRINDEAU, DIRECTEUR GENERAL DE CFAO RETAIL : «Nous n’avons pas la prétention d’aller lutter contre l’informel…»

Après plusieurs rendez-vous manqués avec le Directeur général Carrefour Sénégal M. Jean Marie Boixel nous avons jugé nécessaire de reprendre les propos de son supérieur hiérarchique Jean-Christophe Brindeau, directeur général de CFAO Retail, publiés dans le magazine Jeune Afrique, à l’occasion d’une conférence de presse tenue, le 22 janvier dernier à Paris.

A cette circonstance, il précisait en ces mots: «Nous n’avons pas la prétention d’aller lutter contre l’informel, mais nous allons essayer de nous en approcher».

Jean-Christophe Brindeau se dit conscient d’un risque de «scénario à la Auchan», en misant sur les volumes et en cassant les prix, le groupe français s’est heurté au Sénégal à une brusque réaction des petits commerçants, qui manifestent régulièrement à l’appel du collectif «Auchan dégage». Cela ne l’inquiète pourtant pas outre mesure. « Cette réaction peut arriver, mais elle ne reflète qu’une petite partie de l’iceberg. La plus grande partie des consommateurs sont favorables à la grande distribution », avait-t-il dit.

Virginie Patry, directrice commerciale de CFAO Retail d’expliquer ceci: «Avec 48 employés sur place, CFAO se fixe notamment pour objectif de nouer des contacts avec des fournisseurs locaux, à même de lui fournir une partie de ses produits, notamment alimentaires. Nous adapterons nos références au fur et à mesure, en fonction de nos fournisseurs et de la demande», tout en mettant en avant une volonté de s’ancrer dans le paysage local sur du long terme par une chaîne low-cost pour aller vers la consommation de masse.

OUSMANE SY NDIAYE, DIRECTEUR EXECUTIF UNACOIS : «Commerce traditionnel, boutiques de quartier, multinationales, grandes surfaces ne peuvent pas cohabiter sur un même segment du marché»

Dans ce pays, tout semble désorganisé, peut-on sous-entendre dans les propos d’Ousmane Sy Ndiaye directeur exécutif de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois-Jappo), se prononçant sur la présence envahissante des multinationales de la grande distribution dans le marché sénégalais. «Nous estimons que la cohabitation avec ces multinationales est source de problème… Et donc, multinationales, grandes surfaces, commerce traditionnel, boutiques de détail de quartier ne peuvent travailler sur un même segment de marché. Cela n’existe nulle part dans le monde», s’est ainsi démarqué de l’orientation des décideurs politiques.

«Partout où la grande distribution a prospéré, il a été question d’une organisation qui établit des lignes de démarcation entre la grande distribution et la micro distribution Et ceci est fondamental, en ce sens que les capitaux ne sont pas les mêmes. Parce que le capital international est de loin plus structuré et plus fort que le capital domestique. Et de ce point de vue, ces entreprises n’étant pas de la même taille, même vocation ne peuvent pas compétire dans les mêmes segments de marché».

M. Ndiaye de s’en désoler: «Nous avons la stupéfaction de voir en plus de Auchan d’autres enseignes internationaux s’installer après la publication du décret présidentiel instaurant l’autorisation préalable. De notre connaissance et à ce jour aucune réunion ni comité national… encore moins départemental n’a été tenu».

A le suivre, il y a urgence à faire en sorte que l’Etat retrouve son autorité et sa capacité à réguler le secteur. Et cela nous paraît fondamental. D’où, oriente-t-il: «Si le Sénégal s’inscrit dans la dynamique d’asseoir les conditions d’une économie autonome dont la plus grande partie est maîtrisée par ses propres enfants, il faut naturellement qu’il en donne les moyens à son secteur privé. Parce la grande distribution ne débarque pas comme ça, sans avoir en amont préparé les projets, ayant au préalable le soutien de leur Etat et des capitaux de leurs banques. Ce qui est loin de nos opérateurs économiques dépouillés de tous les soutiens (protection, financements)».

BASSIROU BA, DU ‘’COLLECTIF AUCHAN RESTE’’ : «L’implantation d’Auchan est d’utilité publique»

Selon le chef du collectif Auchan reste , Bassirou Ba: «Depuis qu’Auchan a commencé à s’implanter au Sénégal, nos compatriotes ont trouvé chez eux une bonne qualité de service, des mesures d’hygiène meilleurs et aux normes, avec des prix à portée de toutes les bourses pour les consommateurs et surtout des emplois à n’en plus finir que ce soit direct plus de 1 500 (employés stable dans les supermarchés) ou indirect (335 fournisseurs), plus de 90% du personnel est Sénégalais». Ceci lui fera dire: «En effet, nous avons bien mesuré et apprécié à sa juste valeur que l’implantation d’Auchan chez nous est véritablement d’utilité publique».

Au registre de la préservation des intérêts de nos petits commerçants, il dira: «Nous pensons aux petits commerçants mais aujourd’hui est ce qu’ils ont perdu les clients du quartier qui achètent en petite quantité ou qui font du crédit jusqu’à la fin du mois? Je ne pense pas, en plus certaines dépenses ne valent la peine d’aller jusqu’au grande surface. Par ailleurs une chose est sure ils ne seront plus utilisés par les grands commerçants qui leur vendaient leurs marchandises à n’importe quel prix. Il y a même des petits commerçants quand ça les arrange ils vont acheter à Auchan pour revendre».

Il poursuit: «Carrefour est là, l’essentiel est qu’il respecte la loi instaurée par le gouvernement et que les sénégalais trouvent leurs intérêts en termes de prix abordables et de création d’emplois crédibles».

Toutefois, il précise: «Le Sénégal ne compte pas sur les multinationales pour se développer par ce qu’il y a pas mal d’entreprise sénégalaise qui contribunt au développement de notre pays. Il se trouve que l’état d’une part doit motiver les entrepreneurs et que ces entrepreneurs aussi soient à la hauteur de la demande.il faut de la rigueur, une bonne organisation et que nos entrepreneurs soient créatifs au lieu d’attendre que les autres le fassent pour après crier sur tous les toits».

GUI MARIUS SAGNA DU ‘’COLLECTIF AUCHAN DEGAGE’’ : «Pour le Frapp, Doomi Réew moy Tabax Réew»

De prime abord, le leader du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine/ France dégage (Frapp), Guy Marius Sagna, précise: «Nous ne sommes pas contre Auchan, le Frapp France Dégage est pour la protection des commerçantes et commerçants Sénégalais. Ce sont leurs emplois qui sont menacés. La pauvreté et la dépendance qui vont augmenter». Et sous ce regard, «il n’est responsable de laisser l’impérialisme contrôler le secteur de la distribution…».

Nous exigeons la réalisation des études d’impact de l’implantation des grandes surfaces au Sénégal pour voir quelles sont les conséquences négatives comme positives. Par ricochet, «nous nous battons aussi pour l’organisation des Etats généraux ou Assises nationales de la distribution locale afin de voir les problèmes, de situer les responsabilités et d’en sortir avec un plan pour une distribution nationale forte et souveraine».

Pour lui: «Ce qui est valable pour Auchan, l’est aussi pour Carrefour, et le sera pour, Walmart, Lidl, Leclerc… C’est une question de principe». Il soutient son action par l’impérieuse nécessité de protéger nos commerçants : «Il nous faut mettre de l’avant nos nationaux en les incitant à se faire afin de satisfaire pleinement les citoyens consommateurs et non assassiner à petit feu les activités de nos commerçants».

Evoquant le cas Carrefour, il dit ceci: «Pour Carrefour, c’est encore plus grave. Carrefour va détruire des emplois de Sénégalais car nous sommes persuadés que le nombre d’emplois qui seront perdus est plus important que le nombre d’emplois créés. Mais en plus, le premier magasin Carrefour au point E a été ouverte de manière illégale car n’ayant pas d’autorisation. Cela révèle le degré de soumission du ministre du commerce à l’impérialisme en général, particulièrement l’impérialisme français».

MOMAR NDAO, PRESIDENT DE L’ASSOCIATION DES CONSOMMATEURS DU SENEGAL(ASCOSEN) : «Nous sommes favorables à l’amélioration de la grande distribution…»

Le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) dit être heureux de voir «les géants de la grande distribution arriver au Sénégal parce que ça va moderniser la grande distribution. Mieux encore, cela va améliorer la qualité de service, les prix proposés, la relation clientèle…Donc, nous sommes favorables à la modernisation de la grande distribution». «Aujourd’hui, il est inacceptable qu’on continue d’acheter comme 50 ans en arrière. Les réalités d’aujourd’hui s’imposent à tous. Ce qui est intéressant dans la grande distribution, ce sont nos produits locaux et cela participe à la promotion desdits produits»

Pour ce qui du petit commerce, le président Ndao dit: «Nous pensons que le risque est minime en ce sens que la distance maximale que la ménagère est prête à faire pour de petits achats est respectée. Rien qu’à Dakar, il y a plus de 22 mille boutiques. Et le nombre d’éléments de grande distribution est inférieur à 50».

Aux éventuels risques liés au petit commerce, il dit ceci: «Nous estimons qu’il n’y pas de menace dans le petit commerce d’autant plus que les conditions actuelles du petit commerce sont en défaveur des consommateurs puisque la salubrité n’est pas assurée, les conditions d’exposition, de conservation de produits sont exécrables pour économiser de l’électricité, aucun respect de prescription en matière de prix donné par le gouvernement».

Pour ce qui est de l’urbanisme commercial, M. Ndao rappelle pour approuver la position affichée par le gouvernement sur cette question. «Ce que nous préconisons, c’est ce que l’Etat est en train de faire, en indiquant comment les gens vont s’installer, en surveillant les pratiques commerciales… Malheureusement, le projet initié et adopté de concert avec tous les acteurs a été dévoyé et dépouillé de toutes les clauses qui devaient permettre de mieux gérer la grande distribution dans le respect de la concurrence. Dès lors que nous nous sommes rendu compte que le texte validé par le chef de l’Etat est différent de celui que nous avions préparé. D’où, tout l’intérêt de revoir le texte».

DECRET ET ARRETE SUR LA GRANDE DISTRIBUTION : Ce que dit la loi

Le commerce traditionnel fortement ancré dans le paysage économique est aujourd’hui très affecté par le développement croissant des commerces de grande distribution. Ce qui constitue une forte préoccupation de l’Etat du Sénégal. Ainsi donc, du fait de la libéralisation, l’exercice des activités économiques ne nécessite que des formalités d’ordre fiscal et d’inscription au Registre du Commerce et du Crédit mobilier (Rccm). Dès lors, la distribution est aujourd’hui un secteur fortement déréglementé. Il en résulte une coexistence de systèmes de distribution disposant d’organisations et de moyens disproportionnés avec des conséquences sur l’équilibre et la loyauté de la concurrence.

La loi n°94-69 du 22 août 1994 fixant le régime d’exercice des activités économiques, tout en posant le principe d’un régime général de liberté d’exercice des activités économiques, a prévu en son article 2, une autorisation de la puissance publique pour l’exercice de certaines activités économiques, pour des raisons de sauvegarde de l’intérêt général.

Ainsi le présent projet de décret fixe les conditions de cette autorisation prévue ainsi que les règles qui agissent l’activité des commerces de grande distribution en application des dispositions de la loi n°94-63 du 22août 1994 sur les prix, la concurrence et le contentieux économique, articulé autour de 6 chapitres. Le premier article présente l’objet, les définitions et le champ d’application; le second traite des dispositions générales; le troisième définit les conditions d’ouverture des commerces de grande distribution, le quatrième organise les règles régissant les commerces de grande distribution; le cinquième énonce les conditions de recherches, de constatation et de sanction et enfin le sixième énumère les dispositions transitoires et finales.

Arrêté

Selon l’arrêté du ministre du Commerce, de la consommation, du secteur informel et des pme, fixant les conditions, les modalités de délivrance et de retrait de l’autorisation préalable d’ouverture des commerces de grande distribution en application des dispositions de l’article 8 du décret n°1888 du 03 octobre 2018 réglementant les commerces de grande distribution au Sénégal, l’implantation des commerces de grandes distribution doit tenir compte des distances réglementaires fixées ainsi qu’il suit: entre commerces de grande distribution de la même enseigne ou non: distance minimale à vol d’oiseau de 800 m; entre commerces de grande distribution et sites des marchés traditionnels: distance minimale à vol d’oiseau de 1 000 m.

Toutefois pour des raisons d’équilibre de la concurrence ou de sauvegarde des intérêts de consommateurs, une dérogation peut être accordée, par rapport aux distances prévues ci-dessus, par arrêté du Ministre chargé du Commerce sur demande motivée du comité régional d’aménagement et de gestion de l’urbanisme commercial.

Dans l’article 2 de l’arrêté l’implantation des commerces de grande distribution en zone d’aménagement urbain doit être conforme aux règles de construction, d’aménagement et d’urbanisation des villes, établies par la délégation en vigueur.

Jean Pierre Malou

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