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La Fashion week de New York démarre, encore touchée par le Covid

La Fashion week de New York démarre, encore touchée par le Covid

Des formes vivantes chez Proenza Schouler et un défilé de Christian Cowan au sommet du World Trade Center ont lancé vendredi la Fashion week de New York automne-hiver 2022, au calendrier encore bousculé par les absents et le Covid.

La marque Proenza Schouler, devenue au bout de quelques années un classique new-yorkais, a donné le coup d’envoi dans une galerie d’art de l’East Village de Manhattan, The Brant Foundation.

A l’image de l’espace choisi pour le défilé, intime mais sous une immense hauteur de plafond, les créateurs Jack McCollough et Lazaro Hernandez ont avant tout joué sur les formes, pendant que les lieux s’emplissaient d’une musique un peu inquiétante jouée par un quintette de violons.

Tailles cintrées, voire compressées, sur des jupes amples ou aux effets légèrement bombés, les formes étaient contrastées, parfois exagérées, une tentative de réponse « à cette obsession du corps de nos jours.

Avec les réseaux sociaux tout le monde veut montrer son corps », dit Lazaro Hernandez. Manches à boutons, épaules dessinées, haut en velours noir à capuche donnant à la célèbre mannequin Bella Hadid un petit air de « Catwoman », « le jeu et l’expérimentation sont des clés, peut-être aujourd’hui plus que jamais », revendique Proenza.

En hauteur
Dans la foulée, Christian Cowan, qui a déjà habillé Lady Gaga, Cardi B ou Lil Nas X, a pris de la hauteur, en présentant sa collection sur l’observatoire du One World Trade Center.

Depuis le 102e étage du gratte-ciel, repeint en rose sur les comptes des réseaux sociaux de la marque, le show dans une ambiance de discothèque a confirmé le goût du créateur britannique pour le glamour et les paillettes.

Malgré les restrictions dues à la pandémie et un variant Omicron qui a bouleversé la préparation de l’événement, plusieurs marques et leurs créateurs ou créatrices ont décidé de maintenir un défilé physique, comme Michael Kors, Altuzarra, Tory Burch, Brandon Maxwell ou Telfar, d’après le calendrier officiel.

Mais Tom Ford, qui préside lui-même le syndicat américain de la mode (CFDA) et devait conclure l’édition mercredi prochain, a été contraint de renoncer fin janvier, à cause d’une multiplication de cas de Covid dans ses équipes.

« Nous avons fait tout notre possible pour éviter d’annuler notre défilé à New York, mais nous sommes malheureusement confrontés au fait que nous n’aurons tout simplement pas de collection complète à temps », avait-il déclaré.

Absents
De son côté, Thom Browne figure bien au calendrier, mais le 29 avril. Il a expliqué vouloir se rapprocher de l’ouverture du second acte de la grande rétrospective sur la mode américaine à l’Institut du costume du Metropolitan Museum of Art (Met). Une institution dont le conservateur, Andrew Bolton, est son compagnon.

Depuis plusieurs années, New York doit aussi faire avec les absents, qui choisissent de défiler ailleurs ou de se détourner du calendrier classique et des critiques sur le rythme effréné de la mode. Pour cette édition encore, pas de Christopher John Rogers, élu créateur « femmes » de l’année 2021 par le CFDA, ni de Pyer Moss, la marque fondée par Kerby Jean-Raymond.

Une nouvelle fois, l’occasion est donc donnée à des marques émergentes ou à peine naissantes de faire leurs débuts, le plus souvent pour des présentations et non des défilés trop coûteux. Ce sera le cas par exemple de Melke ou de Dauphinette, qui mettent en avant une mode durable et éthique.

Emma Gage, 26 ans, qui a fondé Melke pendant la pandémie, ne fait pas la fine bouche. Pour elle, figurer au calendrier de la Fashion week, « cela vous conforte vraiment comme quelqu’un qui va être là pour longtemps ».

« C’est très gratifiant de réaliser que les gens vont voir mon travail et penser qu’il mérite d’être aux côtés de marques qui ont eu beaucoup de succès », a-t-elle expliqué à l’AFP, dans son petit studio de Bushwick, un quartier de Brooklyn.

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