Dakar-Echo

La communauté internationale se mobilise pour renforcer le contrôle d’internet

internet-control1La cybersécurité est devenue un chantier très urgent depuis les attaques terroristes de la semaine dernière à Paris et en Belgique.

C’est la mobilisation générale. Déjà prioritaires dans plusieurs grandes capitales, à Paris notamment, la cybersécurité et le «contrôle» d’Internet sont devenus des chantiers plus urgents encore depuis les attaques terroristes de la semaine dernière.

Aux États-Unis, le récent piratage de certains sites, comme le compte Twitter du commandement militaire au Moyen-Orient (Centcom) ou celui de grandes enseignes (Sony, Home Depot…), ont amplifié l’alarme.

Ces agressions, commises par des «sympathisants des djihadistes», démontrent la nécessité de «renforcer» la cybersécurité aux États-Unis, a déclaré cette semaine Barack Obama, en mentionnant à la fois les secteurs privé et public.

La Maison-Blanche a ainsi dévoilé mardi une nouvelle proposition visant notamment à augmenter la remontée d’informations sur les incidents et menaces informatiques du secteur privé vers les autorités américaines.

À Paris, le ministère français de la Défense a annoncé jeudi avoir renforcé ses systèmes de protection contre le piratage informatique. Une cellule de crise a été mise en place mardi. Le voyant rouge a été allumé par les attentats djihadistes de la semaine dernière, mais aussi par une dizaine d’attaques dont les sites Internet de la Défense ont récemment été la cible.

Deux de ces attaques «concernaient deux régiments de l’armée de terre, dont une école», a déclaré à la presse le vice-amiral Arnaud Coustillière, responsable du pôle cyberdéfense à l’état-major des Armées.

Le ton a été donné mardi par Manuel Valls. Parmi les mesures qu’il a annoncées dans son discours devant l’Assemblée nationale, le premier ministre a chargé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, de faire des propositions «dans les huit jours» concernant le contrôle d’Internet, mais aussi «les réseaux sociaux, plus que jamais utilisés pour l’embrigadement, la mise en contact et l’acquisition de techniques permettant de passer à l’acte».

Le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’il se rendra «prochainement» aux États-Unis, notamment pour «sensibiliser les grands opérateurs d’Internet» – Twitter, Google, Facebook… – à la surveillance antiterroriste.

Pour les experts, il ne fait aucun doute que les sites Internet extrémistes constituent, avec les prisons, des lieux propices à la radicalisation islamiste.

Déjà très fournie sur le sujet, la législation française s’est encore renforcée avec l’adoption en novembre dernier d’une nouvelle loi de lutte antiterroriste, prévoyant notamment le blocage administratif de sites faisant «l’apologie du terrorisme».

Un dispositif que certains acteurs politiques souhaitent renforcer, tel Nicolas Sarkozy, qui juge «insuffisantes» les propositions de M. Valls. Valérie Pécresse insiste, pour sa part, sur la vigilance a priori, en invoquant l’exemple du Patriot Act américain, voté après le 11 septembre 2001, qui permet au FBI et à la CIA de collecter des métadonnées (informations bancaires, mails, historique de navigation des internautes…).

Mais en France, cet exemple inquiète, notamment les acteurs du Web, qui invoquent l’importance de «respecter l’ensemble des libertés».

Le SYNTEC numérique s’oppose de toutes ses forces à un Patriot Act à la française
A l’occasion de ses vœux 2015, le principal syndicat professionnel du numérique a exprimé son opposition catégorique à tout dispositif juridique d’exception comparable au Patriot Act, aux Etats-Unis. Pour son président Guy Manou-Mani, l’arsenal législatif existant est largement suffisant pour lutter contre le terrorisme.

Après les attentats qui ont ensanglanté la France entre le 7 et le 9 janvier, une question est au cœur du débat autour de la sécurité : faut-il mettre en place un dispositif juridique d’exception à l’instar du Patriot Act, instauré aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 mais jamais démantelé ?

Le Syntec Numérique se montre catégoriquement opposé à cette idée. « Nous vivons une période cruciale pour la sécurité et la liberté, affirme son président Guy Manou-Mani, lors de ses vœux, ce 13 janvier 2015. Nous comprenons le souci d’améliorer la sécurité et nous allons faire des propositions aux politiques dans ce sens. Mais nous refusons toute idée de Patriot Act qui viendrait brider nos libertés. »

« Appliquons déjà ce qui existe »
Pour le patron du principal syndicat professionnel du Numérique, la France dispose déjà d’un arsenal juridique suffisant pour lutter contre le terrorisme. L’article 13 controversé de la loi de programmation militaire, qui instaure une surveillance électronique systématique du Net, a été définitivement adopté en décembre 2014. « Raison de plus de ne pas en rajouter, estime Guy Mamou-Mani. Que l’on applique déjà ce qui existe. »

Le Syntec Numérique avait déjà exprimé son opposition à ce dispositif de la loi de programmation militaire. « Nous avons clairement dit que nous étions contre car cela reviendrait à mettre en place une sorte de Prism à la française », justifie Guy Mamou-Mani, en référence au programme de cyberespionnage à grande échelle menée par la NSA, l’agence nationale américaine de sécurité, et révélé au grand jour par Edward Snowden.

Avec Usine Digitale

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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