Dakar-Echo

La CENA sonne l’alerte

La CENA sonne l’alerte

La Cena de Doudou Ndir est formel : le processus de dépôt des listes de candidatures aux élections législatives de juillet n’a pas été conforme au consensus noté de prime abord entre acteurs politiques.

En attestent le non-respect de la date-limite de dépôt par aucun des mandataires de partis ou coalitions de partis, tout comme la polémique « insidieuse » née de la publication de listes dans les réseaux sociaux.

Raison suffisante pour appeler les acteurs politiques au sens des responsabilités pour un scrutin calme et apaisé.

Le processus de dépôt des listes de candidatures aux élections législatives du 31 juillet prochain n’a pas encore fini de cristalliser les préoccupations des divers acteurs en lice ou impliqués dans la préparation du scrutin en question.

Alors que certains partis ou coalitions de partis (Gueum sa Bopp de Bougane Guèye Dany et autre) s’évertuaient vertement à contester le rejet de leurs listes par la Commission de contrôle des parrainages logée à la Direction générale des élections (Dge), d’autres continuaient pour leur part leur opposition frontale, par l’entremise de ce même processus de dépôt et de validation des listes de candidature.

C’est ainsi que les coalitions Benno Bokk Yakaar (majorité présidentielle) et Yewwi Askan Wi (opposition), dont la liste départementale à Dakar est au centre des cristallisations, se sont lancées dans une sorte de campagne électorale anticipée pour les Législatives sans retenir leurs coups.

Moins de vingt-heures après les informations concordantes confirmant qu’une huitaine seulement de listes a été validée pour le moment sur la quinzaine déposée au niveau de la Direction générale des élections, c’est la Commission électorale nationale autonome (Cena) qui sort du bois. L’institution dirigée par le magistrat à la retraite Doudou Ndir a, dans un communiqué en date d’hier, mardi 13 mai, posé un regard critique sur le déroulé actuel du processus de dépôt des listes.

Aussi note-t-elle que « Depuis le 6 mai 2022, le dépôt des listes de candidatures des partis, coalitions de partis et entités regroupant des personnes indépendantes se déroule devant la commission de réception des candidatures sise à la Direction générale des élections (DGE) ». Tout en relevant qu’elle contrôle et supervise ces opérations, comme l’indique la loi, la Cena n’en affirme pas moins que « Celles-ci se poursuivent dans d’excellentes conditions».

Dans la foulée, elle fait savoir qu’elle a eu « à proposer un tirage au sort pour le dépôt des dossiers et a vu le ministère en charge des élections adhérer à cette formule ». Et l’organe de supervision et de contrôle des élections de noter dans la foule que « Le procédé a été soumis aux mandataires qui ont aussi, sans exception, accepté que le tirage au sort détermine l’ordre de passage devant la commission pour la vérification des parrainages, le dépôt du complément des dossiers de candidatures et, enfin, l’ordre de présentation des bulletins dans le bureau de vote ».

L’institution dirigée par Doudou Ndir qui s’est félicité de ce consensus, a tenu à relever cependant que « Malgré cette belle unanimité, la date limite de dépôt n’a été formellement respectée par aucun des mandataires». Et de poursuivre dans son texte : « En effet, beaucoup de listes de parrainages et de dossiers de candidatures n’ont été soumis à la commission de réception que bien après les dates et heures fixées ».

La Cena a dit regretter « ce comportement des partis qui fausse, de manière délibérée, la bonne organisation de la réception par la commission des dossiers de candidatures que l’on espérait beaucoup plus sereine cette année ». Qui plus est, la Cena dit avoir constaté, pour le déplorer « la polémique née de la publication de listes dans les réseaux sociaux ». Ce qui a entraîné, selon elle, « quelques déclarations et violences inacceptables qu’elle condamne fermement ». Pour y remédier, la Cena en appelle à la sérénité et au sens des responsabilités des acteurs politiques sur leur obligation « à entretenir, dans les joutes politiques, un climat de paix sans lequel la vie démocratique ne saurait se dérouler dans une saine ambiance ».

Autant d’éléments concourant à montrer, comme l’a souligné le Pr Ngouda Mboup, constitutionnaliste, que le Sénégal va certainement vivre l’une des élections législatives « les plus discutées, les plus complexes ». Contexte socio-politique et reconfiguration du champ politique à moins de deux années de la fin du président Macky Sall obligeant.

Moctar DIENG

Articles similaires

Laisser un commentaire