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La Banque Mondiale débloque 53 milliards d’euros pour l’Afrique sub-saharienne via des dons et crédits à taux zéro

La Banque Mondiale débloque 53 milliards d’euros pour l’Afrique sub-saharienne via des dons et crédits à taux zéro

Les ministres des plus grandes économies du monde ont annoncé des plans sur trois ans pour stimuler le développement en Afrique samedi, lors d’un autre rassemblement du G20 en Allemagne, principalement via des dons et des crédits à taux zéro.

La Banque mondiale a annoncé dimanche que 57 milliards de dollars (53 milliards d’euros) d’investissements sur les trois prochaines années allaient être mobilisés pour l’Afrique sub-saharienne.  La Banque Mondiale souhaite encourager l’investissement privé y compris dans les infrastructures », visant à « une croissance durable et inclusive » pour le continent.

L’essentiel de ce financement (45 milliards de dollars) va provenir de l’Association Internationale de Développement (AID), l’agence de la Banque mondiale qui accorde des dons et des crédits à taux zéro aux pays les plus pauvres.

Berlin, qui tient la présidence du puissant club des nations cette année, a fait du «Compact avec l’Afrique» une priorité absolue pour 2017.  

Quelque 8 milliards proviendront de financements privés par le biais de la Société financière internationale (IFC), une autre antenne de la Banque mondiale, et 4 milliards de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), la filiale de la Banque dédiée aux pays à revenu intermédiaire, a précisé le président de la BM Jim Yong Kim, cité dans un communiqué.

Révolutionnaire pour Amadou Bâ
Il était «révolutionnaire» de voir l’Afrique au premier rang des priorités du G20 pour la première fois, a déclaré le ministre des Finances du Sénégal, Amadou Ba, en marge de la conférence. 

Avec ses homologues de la Côte d’Ivoire, du Maroc, du Rwanda et de la Tunisie, Ba a été invité à se joindre aux plus grandes puissances financières du monde à la table de Baden Baden. 

« Cette initiative du G20 est bien synchronisée avec sa philosophie de suggérer plutôt que d’imposer, ainsi que l’idée de travailler ensemble », a déclaré le ministre des Finances marocain Mohamed Boussaid, soulignant qu’il ne s’agissait pas d’un « programme d’aide ».

L’Allemagne, qui a accueilli vendredi et samedi une réunion des ministres des Finances du G20 à Baden-Baden, a fait du partenariat avec l’Afrique (appelé « Compact with Africa ») une priorité de sa présidence en 2017. De tous les pays africains, seule l’Afrique du sud fait partie de ce cénacle international (G20)

Berlin, qui tient la présidence du puissant club des nations cette année, a fait du «Compact avec l’Afrique» une priorité absolue pour 2017.

L’avenir de l’Afrique représente « un risque géopolitique majeur », mais aussi une « chance », a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaeuble, lors de la réunion qui s’est tenue dans la ville thermale occidentale de Baden Baden.

«Partenariat gagnant-gagnant» et pas d’engagement financier propre 
Alors que la conférence a connu des querelles amères sur les engagements commerciaux et climatiques, un consensus a été plus facile à réaliser sur le plan Afrique.

Le G20 espère encourager l’investissement privé à créer des emplois et des infrastructures dans les pays partenaires africains en offrant un soutien politique. Les membres ne proposent cependant aucun engagement financier propre.

«L’Afrique a besoin d’infrastructures, certains efforts sont déjà en cours et devraient être accélérés. Nous devrons agir sur l’accélérateur et enfin permettre à nos pays de participer de manière significative au libre-échange mondial», a déclaré M. Aamdou Bâ. Les pays européens pourraient trouver moins de migrants et de réfugiés africains sur leurs rives si les populations pouvaient s’épanouir à la maison grâce à l’amélioration des infrastructures, des soins de santé et de l’éducation. »

Mais les nations africaines n’étaient pas «là pour prêter main forte» aux politiciens européens face à l’inquiétude populaire croissante sur la question de l’immigration a dit Mr Amadou Bâ. Au lieu de cela, ils espèrent « un partenariat gagnant-gagnant » avec les pays riches.

Pour offrir au continent un «avenir prometteur et florissant, l’Afrique a besoin du reste du monde à ses côtés», a déclaré à l’AFP le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici.

Insuffisant
Avant que le plan allemand ne puisse être déclaré un succès, les pays du G20 devront eux-mêmes prendre des engagements financiers, a déclaré Friederike Roeder de l’ONG One – faute de quoi les plans annoncés samedi resteraient «insuffisants, à courte vue et unidimensionnels».

Les représentants du G20 sont appelés à étoffer les plans africains lors d’une conférence à Berlin les 12 et 13 juin, devant un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Hambourg en juillet.

L’Argentine, qui prendra la tête de la présidence allemande en 2018, envisage de maintenir le régime de l’Afrique sous sa gérance ce qui en soi est un signe encourageant, a déclaré Amadou Bâ le ministre sénégalais des finances.

448 projets déjà en cours dont ceux au Sénégal

«Cela représente une occasion unique de modifier la trajectoire du développement en Afrique sub-saharienne. Avec ces engagements, nous allons pouvoir travailler avec nos clients pour significativement développer les programmes en faveur de l’éducation, des services de santé de base, de la propreté de l’eau et de son traitement, de l’agriculture, du climat des affaires, des infrastructures et des réformes institutionnelles», a-t-il ajouté.

Le Sénégal, le Maroc, le Rwanda, la Tunisie font parties des principaux pays bénéficiaires

Le président de la Banque Mondiale doit se rendre dès dimanche en Rwanda et en Tanzanie pour mettre en exergue le soutien de son institution à la région.

L’augmentation des financements de l’AID va notamment profiter à quelques 448 projets déjà en cours en Afrique sub-saharienne, région qui représente à elle seule plus de la moitié des pays éligibles aux financements de cette institution, souligne le communiqué.

dakarecho@gmail.com'
Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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