Dakar-Echo

Kaïs Saïed, le président tunisien, appelle à la restitution des fonds spoliés aux pays africains

Kaïs Saïed, le président tunisien, appelle à la restitution des fonds spoliés aux pays africains

– Pour traiter les causes à l’origine de la détérioration de la situation en Afrique, selon un extrait vidéo diffusé par la Présidence tunisienne sur sa page Facebook

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a appelé, jeudi, au traitement des causes de la détérioration des conditions en Afrique et à rendre les richesses et les fonds spoliés des pays du continent.

Saïed faisait des déclarations aux journalistes, en marge du Sommet Europe-Afrique dans la capitale belge, Bruxelles, selon un extrait vidéo diffusé sur la page Facebook de la Présidence tunisienne.

Le président tunisien a souligné que « le remboursement des richesses et des fonds spoliés aux peuples africains est une nécessité au moment où ces peuples subissent des conditions détériorées à tous les plans ».

« Notre approche sera celle de fonder de nouvelles relations entre les pays des deux Unions, européenne et africaine, basées sur la franchise et sur un pied d’égalité (…) Il n’est pas logique que les pays africains continuent à être traités de cette façon », a-t-il ajouté.

Saïed a mis en cause « l’ingérence de certains pays (allusion faite aux pays européens) dans les affaires d’autres (pays africains) », lançant à ce propos : « Ils parlent de l’indépendance de la justice alors qu’ils couvrent les crimes et passent sous silence le pillage des richesses des peuples ».

Le chef d’État tunisien a réclamé « le traitement des véritables causes de la situation détériorée qui prévaut dans le continent africain, aux plans social, économique et politique ».

Saïed fait face à une salve de critiques sur fond de son ingérence dans les affaires de la justice de son pays. La Présidence tunisienne avait annoncé, la semaine passée, la promulgation d’un décret-loi portant création d’un Conseil supérieur provisoire de la magistrature, ce qui a soulevé les protestations et le rejet d’instances judiciaires et de forces politiques dans le pays, considérant cette mesure comme étant une « déviation constitutionnelle ».

Les anciennes puissances coloniales, en particulier la France et le Royaume-Uni, disposaient d’innombrables ressources de valeur dans le continent africain. Il s’agit de compagnies opérant dans les secteurs des télécommunications, des chemins de fer, de la gestion des installations portuaires, des infrastructures et du commerce.

Saïed a souligné, ultérieurement, au cours d’une allocution prononcée, en marge du Somment, « l’impératif d’adopter une nouvelle approche dans le domaine de la propriété intellectuelle, notamment s’il s’agit de vaccins et de médicaments pour lutter contre des pandémies sanitaires mondiales, telle que la Covid-19 ».

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a choisi, vendredi, six pays africains, dont la Tunisie, pour fabriquer ses propres vaccins avec la technologie de l’ARN messager, afin de permettre au continent africain, – qui reçoit les vaccins selon des contingents très limités -, de produire ses propres vaccins et de faire face à la pandémie de la Covid-19 et à d’autres maladies.

Le président tunisien a critiqué les « disparités entre les pays d’Europe et d’Afrique en matière de recherche scientifique, et en particulier au niveau de la santé, en dépit de la contribution de nombreux pays africains à appuyer l’Europe par des compétences scientifiques et médicales ».

« Bien que 60 ans se soient écoulées depuis leurs indépendances, ces pays (africains) vivent des conditions détériorées et catastrophiques, en particulier, dans le domaine de la santé, en raison des disparités en matière de recherche scientifique, en comparaison des pays du Nord (européens) », a-t-il ajouté.

Et Saïed de conclure : « se focaliser sur les chiffres de décès liés à la Covid-19 cache d’autres chiffres plus importants de morts causées par les conditions de santé détériorées dans nombre de pays africains ».

Le Somment Europe-Afrique, dont les travaux avaient démarré jeudi, a pris fin, vendredi, avec la participation de chefs d’Etat et de gouvernement et de hauts responsables de plus de 50 pays, avec pour but d’approfondir le partenariat entre les Unions européenne et africaine, et de lancer une série d’investissements africains et européens.

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