Dakar-Echo

Justice populaire à Keur Massar, La foule veut enterrer vivant le présumé escroc

enterreDes habitants de Darou Missette ont voulu se faire justice, avant-hier, contre un présumé escroc doublé de charlatan du nom de M. Cissé.

Mais, il y a eu plus de peur que de mal. Même si le supposé envoûteur-capteur de fonds s’est retrouvé avec de graves blessures et autres courbatures sur le corps.

Effroyable tentative de vengeance contre un charlatan escroc dans la banlieue de Dakar. Une immense foule de lyncheurs a en effet entraîné de force dimanche dernier un jeune garçon nommé M. Cissé dans la forêt classée de la commune de Keur Massar pour lui remonter les bretelles.

La première option retenue par les voisins de quartier de la victime, était de livrer à la vindicte populaire le mis en cause, ceci en ligotant solidement le présumé escroc et de le brûler vif. Mais, à défaut du liquide inflammable, la population a voulu enterrer vivant le malfrat.

Celui-ci – qui est un habitant de Ndiamacouta – a été cependant extirpé de justesse de la furie meurtrière de la foule, et conduit illico presto par un militaire à la brigade de gendarmerie de la localité où il est présentement en garde à vue dans la chambre de sûreté.

Tout est parti de la rencontre entre D. Diaw, étudiant en 1ère année à la faculté des lettres de l’Ucad, et le nommé M. Cissé. Celui-ci a interpellé le jeune garçon au portail du campus social et a demandé de lui offrir 400 francs pour payer le billet de transport.

Diaw sort une pièce de 500 francs et la remet à Cissé. Celui-ci magnifie longuement l’attitude de son bienfaiteur et lui promet des prières pour un avenir radieux dans les études à l’université, en guise de récompense du geste de générosité de l’étudiant. Mais, il lui demande auparavant de réciter la sourate «Ya sin», histoire de lui faire une démonstration de ses pouvoirs mystiques.

Quelques jours plus tard, Cissé fait venir l’étudiant à la cité Mame Dior de Keur Massar et lui donne une bouteille d’eau «bénite». Le jeune garçon – ne se doutant de rien – s’enduit le corps avec la potion magique et prend congé de «l’homme-miracle».

Il devient cependant inconscient et se plie aux quatre volontés du charlatan. Lequel – sachant que son plan a fait mouche – commence à soutier de l’argent à l’étudiant, jusqu’à hauteur de 125 mille francs. Il lui recommande parfois des offrandes et demande de lui amener la somme de 350 mille francs en échange d’un sac rempli de billets de banque flambant neufs.

Ne disposant pas du fric par-devers lui, Diaw retourne chez lui et sollicite les membres de sa famille. Mais, ces derniers flairent un coup de charlatan-escroc, piègent le gus et l’appréhendent, avant-hier, au croisement de Cambérène.

Ils le ramènent dans leur quartier (Darou Missette) et le soumettent à un interrogatoire. Mais, les voisins sortent en masse et crient au lynchage. Ils conduisent le présumé escroc à la forêt classée, creusent un trou et menacent de l’enterrer vivant.

Tandis que d’autres proposent de brûler vif le garçon pour lui faire payer son forfait. Un militaire – habitant la zone – intervient, passe les menottes au supposé envoûteur. Il se retire avec lui dans un coin et commence à le bastonner.

Après lui avoir occasionné des blessures, notamment, à l’arcade sourcilière, il décide de le conduire à la brigade de gendarmerie. A l’annonce de l’arrestation du mis en cause, nous informe- t-on, ses parents ont commencé à défiler à la gendarmerie pour tenter de tirer d’affaire leur fils et surtout rembourser, par la même occasion, une partie ou l’intégralité de l’argent dû.

Cependant, par-delà le caractère délictuel du geste de M. Cissé, le militaire-sauveur-lyncheur, nous dit-on, risque gros et pourrait être poursuivi pour séquestration et sévices corporels contre le présumé escroc.

Tandis que l’étudiant plumé pourrait répondre du délit de complicité de coups et blessures volontaires. D’autant que, nous renseigne toujours nos sources, c’est la victime – aidée en cela par ses amis et frères – qui a conduit le charlatan dans le quartier et non à la brigade.

Toutefois, l’étudiant – que nous avons pu accrocher hier – a battu en brèche les charges de complicité de coups et blessures volontaires et clame haut et fort son innocence dans cette affaire de justice populaire.

Sous réverses d’une demande de prolongation de la garde à vue pour les besoins de l’enquête préliminaire de la gendarmerie, M. Cissé devrait être déféré au parquet ce mardi pour escroquerie

Vieux Père NDIAYE  avec WalfGrand Place

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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