Dakar-Echo

Investiture du président de la république le 2 avril prochain, Macky Sall, à l’épreuve d’Idy et cie !

Investiture du président de la république le 2 avril prochain, Macky Sall, à l’épreuve d’Idy et cie !

16 chefs d’Etat et de gouvernement annoncés, des invitations solennelles pour ses deux anciens prédécesseurs à la tête de l’Etat, en l’occurrence Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, l’emblématique Centre des expositions de Diamniadio comme théâtre des opérations : apparemment, le président nouvellement élu Macky Sall semble voir les choses en grand pour sa seconde investiture à la tête de l’Etat sénégalais.

Seul bémol, cette investiture sous label Conseil constitutionnel risque d’être entachée par…l’absence et/ou le boycott de certains des derniers Premiers ministres du Sénégal, en l’occurrence Abdoul Mbaye, Hadjibou Soumaré et Idrissa Seck.

Des chefs de gouvernement que la tradition républicaine «invite» à la prestation de serment du 02 avril prochain, mais qui sont membres de coalitions n’ayant pas reconnu la victoire de Macky Sall, au 1er tour de la présidentielle de février.

Après la confirmation de sa réélection à la tête de la magistrature suprême, par le Conseil constitutionnel le 05 mars dernier, avec 58,26 % des suffrages valablement exprimés, le président Macky Sall va prêter serment le 02 avril prochain, au Centre des expositions de Diamniadio.

Une cérémonie qui devrait voir la participation de plus de 16 chefs d’Etat et de gouvernement qui feront le déplacement sur Dakar, des deux derniers prédécesseurs de Macky Sall, en l’occurrence Abdou Diouf et Abdoulaye Wade si celui-ci ne boycotte pas l’évènement, et des anciens chefs de gouvernement du Sénégal.

La tradition républicaine et diplomatique exige en effet que les anciens Premiers ministres participent à la cérémonie d’investiture du président de la République nouvellement élu. C’est en ce sens que « des cartons d’invitation ont été d’ailleurs envoyés aux anciens Premiers ministres Idrissa Seck, Abdoul Mbaye et Hadjibou Soumaré, pour honorer de leur présence la cérémonie d’investiture du président Macky Sall le 02 avril prochain », nous apprend un des proches collaborateurs du chef de l’Etat.

Reste maintenant à savoir si ces anciens chefs de gouvernement seront bien présents à la prestation de serment de Macky Sall. Il convient en effet de rappeler que ces Premiers ministres précités étaient tous membres de la coalition «Idy 2019», sortie deuxième avec 20,50% des voix, à la présidentielle, après le président Macky Sall qui a obtenu 58,27% des suffrages. Une victoire qui, avant même d’être prononcée par la Commission nationale de recensement des votes, voire confirmée par le Conseil constitutionnel, a fait l’objet de polémique et de rejet de la part de l’opposition.

En effet, tous les candidats battus au suffrage du 24 février 2019, en premier lieu Idrissa Seck de la coalition «Idy 2019», Ousmane Sonko de la coalition «Sonko président» arrivé troisième dans la course avec 17,67% des voix, Issa Sall du Parti de l’unité et du rassemblement(Pur) avec 4,07% et enfin Madické Niang de «Madické 2019» qui ferme la marche avec 1,48% des voix, ont contesté en bloc les résultats et ont déclaré « ne pas reconnaitre Macky Sall comme président de la République» pour avoir, selon leurs dires, «confisqué la volonté du peuple Sénégalais».

En assistant à cette cérémonie d’investiture de Macky Sall, ces anciens Premiers ministres, membres de l’opposition, risquent de se contredire et, finalement, de reconnaitre de facto la victoire du président Macky Sall. D’autre part, la présence à la cérémonie d’investiture pourrait être aussi être vue comme une réponse à la main tendue du président de la République qui, le 05 mars dernier, jour de la proclamation définitive des résultats par le Conseil constitutionnel, avait invité l’opposition au dialogue.

Une chose à laquelle ses anciens chefs de gouvernement n’ont pas donné suite. A l’instar d’Idrissa Seck, le leader de la coalition «Idy 2019». Ne tournerait-il pas le dos, en assistant à l’investiture, à ses camarades de l’opposition qui ne reconnaissent toujours pas la victoire de Macky Sall ? C’est dire que, quoiqu’ils aient été conviés à la cérémonie d’investiture, les anciens Pm de l’opposition risquent fort de manquer à la prestation de serment, eu égard à leur logique politique.

16 CHEFS D’ETAT ET CIE SUR LE FIL, DIOUF OK, WADE EN STAND-BY

Nonobstant les ex-Premiers ministres Idrissa Seck, Abdoul Mbaye, Hadjibou Soumaré, Aminata Touré, Mamadou Lamine Loum et Cie, «plus de 16 chefs d’Etat et de gouvernement », prendront part à la cérémonie d’investiture, nous confie ce proche du gouvernement qui s’est confié à Sud Quotidien. Une source qui, pour des raisons «diplomatiques, préfère taire les noms des grands dirigeants qui vont assister à la cérémonie d’investiture.

Non pas seulement, pour des raisons de sécurité mais aussi, en raison des interprétations qui peuvent découler d’une absence de dernière minute d’une personnalité annoncée et qui renoncerait à effectuer le déplacement». Dans la foulée, notre source nous apprendra que les anciens chefs d’Etat Abdou Diouf et Abdoulaye Wade «ont tous reçu leur carton d’invitation». Il ajoutera que le premier a confirmé sa présence à la cérémonie d’investiture du 02 avril prochain.

Quid du Pape du Sopi ? Notre source d’affirmer « qu’il na pas encore répondu à l’invitation». Cependant, il convient de souligner qu’en prenant part à cette cérémonie, Abdoulaye Wade répondrait au dialogue initié par Macky Sall et où Abdou Diouf et lui sont invités en tant que facilitateur. Cela permettrait aussi, faut-il le noter, de décrisper le climat tendu qui prévaut dans le landerneau politique depuis les arrestations de Karim Wade et de Khalifa Sall et ouvrirait de nouvelles perspectives pour ces derniers avec cette proposition de grâce présidentielle qui flotte en l’air.

PRESTATION DE SERMENT DE MACKY SALL, LE 02 AVRIL : Dessous juridiques et protocolaires d’une investiture

Le président de la République, Macky Sall, nouvellement réélu à l’issue de l’élection présidentielle du 24 février, a amorcé le dernier virage vers la cérémonie de sa prestation de serment pour un second et dernier mandat de cinq ans à la tête du pouvoir exécutif sénégalais. Pour en savoir plus sur ce qui va se passer, lors de cette journée du 2 avril prochain, au Centre des Expositions de Diamniadio, Sud quotidien a interpellé hier, vendredi 29 mars un ancien ministre d’Etat. Sous le couvert de l’anonymat, ce dernier est revenu sur quelques aspects qui donnent à cette cérémonie son sens solennel.

Citant ainsi, en premier, le lieu choisi pour abriter la cérémonie, il déclarera : «si c’est au stade, ça prend des allures de fête, et si c’est dans un autre endroit beaucoup plus serein, cela renvoie à plus de solennité». Poursuivant son propos, notre interlocuteur insistera cependant sur la relation de soumission du pouvoir exécutif au pouvoir judiciaire, lors de cette cérémonie de prestation de serment. «L’aspect le plus particulier, c’est la présence de deux pouvoirs : le judiciaire représenté par le Conseil constitutionnel incarne ici le rôle de maitre de la cérémonie, parce que le président nouvellement réélu et qui représente l’exécutif n’a pas encore prêté serment.

Cela reflète l’Etat de droit parce que le président nouvellement réélu va se soumettre à une exigence constitutionnelle, consistant à une prestation de serment pour pouvoir officiellement entrer dans ses fonctions de chef de l’exécutif. Donc, c’est une soumission au droit et, c’est le président du Conseil constitutionnel qui est ici le maitre de la cérémonie et le président nouvellement élu se présente devant lui, et il le déclare élu et l’installe dans ses fonctions de chef de l’Etat». Outre ces aspects cités, notre interlocuteur, toujours concernant cette cérémonie de prestation de serment du chef de l’Etat nouvellement réélu, a indiqué qu’elle marque également un «moment d’introspection des magistrats et de tout l’organe judiciaire pour marquer leur indépendance tant décrié»

Aissatou DIOP (STAGIAIRE) & N C G

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